Prendre soin des sabots des chevaux : conseils pour l'entretien

Choisir les bonnes graisses pour entretenir la santé des sabots des chevaux
Sommaire5 sections
  1. 01Le geste quotidien : deux minutes, dans l'ordre
  2. 02L'examen hebdomadaire : ce qu'on regarde vraiment
  3. 03Le maréchal ferrant : régler le rythme, pas subir
  4. 04Le sol et la ration, les deux leviers de fond
  5. 05Cas particuliers à surveiller de près

L'entretien des sabots tient dans un agenda, pas dans une armoire à produits. Trois rendez vous suffisent : le cure pied tous les jours, un examen complet une fois par semaine, le maréchal ferrant toutes les 5 à 7 semaines. Un propriétaire qui tient ces trois échéances évite l'écrasante majorité des ennuis de pied, et celui qui en saute une le paiera en boiterie tôt ou tard.

Le geste quotidien : deux minutes, dans l'ordre

Mains curant le sabot d'un cheval avec un cure pied

Curez du talon vers la pince, jamais l'inverse : en poussant vers les talons on enfonce les débris dans les lacunes et on risque de piquer les tissus sensibles. Dégagez d'abord les deux sillons latéraux, puis le sillon central, puis passez la brosse sur la sole pour voir la corne à nu. C'est en voyant qu'on repère un caillou logé contre la fourchette, un clou de ferrure qui remonte, un début de bleime.

Le moment compte autant que le geste. Au retour du travail ou du paddock, la terre est encore molle et part toute seule ; le lendemain matin elle a durci. Et un cheval qui donne ses pieds calmement chaque jour reste un cheval que le maréchal pourra travailler sans bagarre, ce qui n'est pas un détail quand il faut ferrer quatre pieds en une heure.

L'examen hebdomadaire : ce qu'on regarde vraiment

Une fois par semaine, prenez le temps de passer les quatre pieds en revue au calme, dehors si possible, la lumière artificielle d'une écurie cache les nuances de couleur.

Sur la paroi, cherchez les cernes horizontales, les éclats en bas, les fissures verticales. Une seime qui part du bas et remonte sur moins d'un tiers de la hauteur se surveille ; une seime qui descend de la couronne signale un problème au bourrelet et demande un avis. Sur la sole, la couleur doit être homogène ; une tache rougeâtre ou violacée est une bleime, c'est à dire une contusion, et elle fait souvent suite à un sol caillouteux ou à une ferrure qui appuie.

Sur la fourchette, l'odeur est le meilleur indicateur : une odeur putride avec une matière noire dans le sillon central annonce une pourriture qui commence. Vérifiez enfin la température des quatre pieds avec le dos de la main, et le pouls digité au niveau du boulet. Un pied nettement plus chaud que les trois autres, avec un pouls qui bat fort, est un signal à prendre au sérieux le jour même.

Le maréchal ferrant : régler le rythme, pas subir

La corne descend d'environ 6 à 10 mm par mois. Passé six semaines, la pince s'allonge, l'angle du pied se ferme, et les tendons fléchisseurs travaillent dans une position qu'ils n'ont pas choisie. C'est ce mécanisme lent qui explique la plupart des boiteries dites sans cause : le pied a dérivé.

Pieds nus ou ferrés, le rythme reste comparable. Le cheval pieds nus tolère parfois un intervalle un peu plus long s'il marche beaucoup sur sol abrasif, mais il l'entretient alors lui même par l'usure. Le cheval ferré, lui, n'use rien : au delà de huit semaines le fer se retrouve trop en arrière, les talons se resserrent et les clous fatiguent la paroi. Notez la date de chaque passage sur votre téléphone et prenez le rendez vous suivant en partant, c'est la seule méthode qui tienne dans la durée.

Le sol et la ration, les deux leviers de fond

Un pied vit ce que le sol lui fait subir. L'alternance brutale entre un box détrempé la nuit et une carrière sèche le jour fait travailler la corne comme un carton qu'on mouille et qu'on sèche : elle finit par se déliter. Curer le box chaque jour, empierrer les zones de passage autour de l'abreuvoir et du râtelier, déplacer le point de distribution du foin, cela change davantage l'état des sabots qu'un pot d'onguent.

Côté ration, le foin de qualité et l'eau propre en libre accès viennent en premier. Le zinc, le cuivre, le soufre organique et la biotine interviennent dans la fabrication de la kératine, et un déficit se lit dans le pied avec plusieurs mois de retard. Les compléments existent, ils demandent trois à six mois avant tout effet visible, et ils ne servent à rien si la ration est déjà équilibrée. Faites le point avec votre vétérinaire plutôt que d'empiler les seaux.

Un dernier point qu'on oublie : le mouvement. Le pied se vascularise à chaque appui, la fourchette joue le rôle de pompe. Un cheval qui reste douze heures immobile dans un box a des pieds moins irrigués qu'un cheval au pré, à ration égale. Quelques heures de sortie quotidienne font partie de l'entretien au même titre que le cure pied.

Cas particuliers à surveiller de près

Le poney et le cheval en surpoids, avec un encolure épaisse et des dépôts de graisse à la base de la queue, appartiennent au profil à risque de fourbure ; toute modification de l'allure chez eux, surtout au printemps sur une herbe jeune, mérite un appel. Le cheval âgé voit sa corne pousser plus lentement et ses aplombs se modifier, ce qui justifie de ne pas relâcher le rythme de parage même s'il ne travaille plus. Le cheval qui vit sur une litière profonde jamais décaissée cumule chaleur, humidité et ammoniac : c'est le contexte le plus favorable aux infections du pied, quelle que soit la qualité des soins par ailleurs.

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