Ragdoll : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

découvrez l'apparence, le caractère, l'histoire, la santé et l'alimentation du ragdoll, une race de chat à la personnalité douce et à la beauté unique.
Sommaire6 sections
  1. 01Un grand chat qui met quatre ans à finir sa croissance
  2. 02Pourquoi les chatons naissent blancs
  3. 03Le caractère, et son revers
  4. 04Ann Baker, Josephine et un brevet qui a fait du bruit
  5. 05Santé : la question cardiaque se pose avant l'adoption
  6. 06Nourrir un chat de neuf kilos sans l'engraisser

Le Ragdoll se laisse porter sans se débattre, et c'est exactement ce qui le rend fragile : un chat de 7 à 9 kg qui ne fuit pas, ne griffe pas et suit les inconnus n'a aucune chance dehors. Adopter cette race revient à s'engager sur un chat d'intérieur, un dépistage cardiaque et un brossage qui ne se néglige pas.

Un grand chat qui met quatre ans à finir sa croissance

Chat Ragdoll aux yeux bleus et au pelage mi-long crème et brun, allongé

C'est l'une des races de chats domestiques les plus lourdes. Une femelle adulte pèse couramment 4,5 à 6,5 kg, un mâle 6,5 à 9 kg, parfois davantage. Le corps est long, le poitrail large, l'ossature épaisse. Les postérieurs légèrement plus hauts donnent cette ligne de dos un peu inclinée qui se remarque quand le chat marche.

La croissance s'étale sur trois à quatre ans, ce qui a deux conséquences pratiques. Un Ragdoll de 18 mois n'est pas fini, et le juger trop maigre à cet âge conduit souvent à le suralimenter. Et son alimentation reste celle d'un chat en croissance plus longtemps que chez une race de format moyen, un point à caler avec le vétérinaire plutôt qu'à l'estime.

Le pelage est mi long, soyeux, avec un sous poil réduit. La collerette autour du cou et la culotte sur les cuisses se développent vers deux ans. Les yeux sont grands, bleus, toujours bleus : c'est une caractéristique liée au gène colourpoint, pas un critère esthétique qu'un élevage pourrait faire varier.

Pourquoi les chatons naissent blancs

Le Ragdoll porte le gène colourpoint, le même que le Siamois. L'enzyme qui fabrique le pigment y est sensible à la température : elle ne fonctionne bien que sur les zones les plus froides du corps, à savoir le masque, les oreilles, les pattes et la queue. Dans l'utérus, tout est à la même température, donc les chatons naissent entièrement blancs. Les points apparaissent dans les premiers jours à premières semaines, puis s'assombrissent progressivement pendant deux à trois ans. Un Ragdoll qui vit dans un logement frais aura des points plus foncés qu'un chat de la même portée élevé au chaud.

Trois patrons sont reconnus, déclinés en plusieurs couleurs de points, du seal au bleu, chocolat, lilas, red ou crème :

  • Colourpoint : masque, oreilles, pattes et queue colorés, aucun blanc.
  • Mitted : menton blanc, gants blancs aux antérieurs, bottes montantes aux postérieurs, souvent une bande blanche sous le ventre.
  • Bicolor : un V blanc inversé sur le masque, ventre et pattes blancs.

Le caractère, et son revers

La réputation est méritée : le Ragdoll est sociable, bavard sans excès, demandeur de contact, et beaucoup d'individus se relâchent complètement quand on les prend dans les bras, ce qui a donné son nom à la race. Il suit son humain de pièce en pièce, accueille les visiteurs et supporte souvent mieux que la moyenne les manipulations, le transport et les enfants.

Ce tempérament a un coût. Un chat qui ne fuit pas et ne se défend pas se fait voler, écraser ou mordre par un chien. Les éleveurs sérieux imposent d'ailleurs un contrat d'adoption en intérieur, éventuellement avec accès à un balcon sécurisé ou à un enclos extérieur. Ce n'est pas une précaution excessive, c'est la condition de survie de ce chat là.

Un Ragdoll seul toute la journée s'ennuie et le montre : miaulements, réveils nocturnes, toilettage excessif. Un deuxième chat, présenté progressivement, règle le problème dans beaucoup de foyers. Des arbres à chat solides, capables de porter 9 kg, et des séances de jeu quotidiennes font le reste.

Ann Baker, Josephine et un brevet qui a fait du bruit

La race naît en Californie dans les années 1960. Une éleveuse, Ann Baker, part d'une chatte blanche à poil mi long nommée Josephine et de plusieurs mâles de type birman ou sacré de Birmanie, et sélectionne sur la taille, la douceur et les yeux bleus. Elle dépose ensuite le nom Ragdoll et crée sa propre structure d'enregistrement, avec des droits perçus sur chaque chat issu de sa lignée. Le procédé provoque une rupture : des éleveurs quittent son organisation dans les années 1970 pour faire reconnaître la race auprès des fédérations classiques, ce qui a donné la lignée dont descendent la plupart des Ragdolls actuels. Les récits d'Ann Baker sur l'origine de Josephine, qui évoquaient une intervention de laboratoire, n'ont jamais reposé sur rien.

Santé : la question cardiaque se pose avant l'adoption

La race est globalement solide, mais elle est prédisposée à la cardiomyopathie hypertrophique, un épaississement du muscle cardiaque qui peut rester silencieux longtemps puis se manifester par un essoufflement, une baisse de forme ou une paralysie brutale d'un train postérieur. Une mutation du gène MYBPC3 a été identifiée chez le Ragdoll et fait l'objet d'un test génétique, mais un chat indemne pour cette mutation peut tout de même développer la maladie : seule l'échocardiographie réalisée par un vétérinaire permet de faire le point, et elle se répète au fil des années.

Concrètement, avant d'acheter, demandez à l'éleveur les résultats du test génétique des parents et la date de leur dernière échocardiographie. Un élevage qui ne dépiste pas ou qui esquive la question est un signal suffisant pour aller voir ailleurs. La polykystose rénale et les calculs urinaires font également partie des points à surveiller chez cette race.

Nourrir un chat de neuf kilos sans l'engraisser

Le format de la race rend le surpoids facile à installer et difficile à repérer sous le poil. Un chat d'intérieur, stérilisé, dépense peu : la ration se pèse plutôt qu'elle ne se remplit à l'oeil, et le repère utile reste la côte, qui doit se sentir sous les doigts sans appuyer. Les gammes formulées pour la race existent et n'ont rien d'obligatoire ; un aliment de qualité pour chat adulte d'intérieur, riche en protéines animales, fait le même travail.

L'humide compte au moins autant que la marque. Un chat boit peu spontanément, et une part de pâtée ou de sachets dans la ration quotidienne augmente nettement les apports en eau, ce qui n'est pas neutre chez une race exposée aux troubles urinaires. Fontaine à eau, gamelles multiples éloignées de la litière : les vieilles recettes marchent.

Côté pelage, l'absence de sous poil épais limite les noeuds sans les supprimer. Un brossage hebdomadaire suffit la plupart de l'année, quotidien pendant les mues de printemps et d'automne, en insistant sous le ventre, aux aisselles et à la culotte où les noeuds se forment en premier. Un Ragdoll habitué au peigne dès chaton se laisse faire toute sa vie ; un chat qu'on commence à démêler à trois ans, beaucoup moins.

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