Turc de Van : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
Sommaire5 sections
Le Turc de Van est le seul chat pour lequel on conseille sérieusement de verrouiller la lunette des toilettes et de couvrir l'aquarium. Ce goût de l'eau n'est pas une anecdote de fiche de race : c'est le paramètre qui décide si vous cohabiterez bien avec lui.
Cette race turque a beau être rare, elle traîne une réputation qui lui colle à la fourrure : le chat nageur. Derrière l'image, il y a un animal costaud, bavard, actif jusqu'à un âge avancé, et qui s'ennuie vite dans un logement trop calme. Voici ce que cela change au quotidien, pièce par pièce.
Un pelage qui repousse l'eau, et un chat qui en profite
Le poil du Turc de Van n'a quasiment pas de sous-poil laineux. Il sèche vite et retient peu l'eau, ce qui explique qu'un individu puisse patauger sans finir trempé jusqu'à la peau. Tous ne nagent pas, contrairement à la légende. Beaucoup se contentent de tremper une patte dans la gamelle, de faire couler le robinet, de s'asseoir au bord de la baignoire pendant votre douche.
Ce comportement a des conséquences très concrètes. Une machine à laver ouverte, un seau de produit ménager, une bassine de trempage, la cuvette des WC laissée ouverte : ce sont des points d'eau à ses yeux. Un chaton qui tombe dans un seau profond ne remonte pas seul. Les propriétaires expérimentés prennent vite le réflexe de fermer, couvrir, vider.
Caractère : un chat qui parle et qui demande du travail
Le Turc de Van apprend vite. Il ouvre les portes coulissantes, retient l'emplacement d'un jouet caché, revient au rappel chez certains propriétaires. Il reste joueur bien après l'âge où d'autres races se posent, et c'est justement pour cela qu'il faut lui donner de quoi s'occuper.
Chasseur né, il a besoin de courir, de grimper en hauteur et d'attraper. Deux séances quotidiennes de dix à quinze minutes avec une canne à plumes changent radicalement le comportement d'un Turc de Van qui tourne en rond. Un arbre à chat haut, des étagères accessibles, une fontaine à eau qui coule, des distributeurs qui l'obligent à réfléchir pour manger : ce n'est pas du luxe pour cette race.
Il est très attaché à sa famille, s'installe à côté de vous plutôt que sur vous chez beaucoup d'individus, et commente la journée. Les longues absences répétées lui pèsent. Ce n'est pas un chat à laisser seul dix heures par jour dans un studio sans rien à faire.
Une histoire qui passe par la Grande-Bretagne
La région du lac de Van, dans l'est de la Turquie, a donné son nom à la race. Son histoire moderne, elle, commence en 1955, quand deux Britanniques, Laura Lushington et Sonia Halliday, ramènent en Angleterre des chats portant ce motif particulier. L'élevage structuré démarre là. On les appelait alors chats turcs, avant de préciser le nom pour éviter la confusion avec l'Angora turc, qui est une autre race.
En Turquie, le Turc de Van est devenu rare et fait l'objet de programmes de préservation, avec un encadrement strict des exportations. En France, les portées se comptent chaque année en très petit nombre : trouver un chaton demande souvent de patienter et de se déplacer.
Santé : deux points à connaître avant d'acheter
La race est réputée solide, mais son patrimoine génétique reste étroit, ce qui justifie de s'adresser à un élevage sérieux et de poser des questions sur les lignées. Deux sujets reviennent.
Le premier concerne l'audition. Chez les chats à robe blanche porteurs du gène W, la surdité congénitale est plus fréquente, en particulier chez les sujets aux yeux bleus, et parfois d'une seule oreille. Un test auditif, le PEA, permet de savoir où l'on en est. Un chat sourd vit très bien, à condition de rester à l'intérieur ou en espace clos, parce qu'il n'entendra ni la voiture ni le chien.
Le second est l'ataxie, un trouble de la coordination signalé chez de jeunes chats de type turc. Une démarche titubante, des mouvements mal ajustés ou des tremblements chez un chaton ne s'observent pas en attendant : c'est une consultation vétérinaire, sans délai.
Pour le reste, la routine est classique : vaccination et vermifugation selon le calendrier fixé par votre vétérinaire, contrôle des oreilles et des dents, surveillance du poids. Un Turc de Van blanc qui sort au soleil a la peau des oreilles et de la truffe exposée, comme tous les chats clairs, et mérite qu'on y prête attention.
Alimentation : du carnivore, et une surveillance du poids
Le Turc de Van mange comme un chat, c'est-à-dire en carnivore strict. Sur l'étiquette, regardez d'abord la liste des ingrédients : une source animale nommée en tête, plutôt qu'une mention vague. Les ordres de grandeur souvent cités pour un chat adulte, rapportés à la matière sèche, tournent autour de la moitié de protéines, un cinquième à un tiers de matières grasses et une part réduite de glucides.
Sec ou humide, les deux fonctionnent. L'humide a l'avantage d'augmenter l'apport en eau, ce qui n'est jamais superflu chez le chat. Et chez cette race qui aime l'eau courante, une fontaine augmente souvent nettement la quantité bue.
Deux moments demandent un ajustement des quantités : après la stérilisation, où les besoins énergétiques chutent alors que l'appétit augmente, et à partir de sept ou huit ans. Pesez votre chat tous les deux mois sur un pèse-personne, en vous pesant avec lui puis sans lui. Une prise de 300 grammes chez un chat de 4,5 kg, c'est déjà plus de 6 % de son poids. Le plan alimentaire qui convient à votre animal se règle avec votre vétérinaire, pas au jugé.
Résumer cet article avec :
Partager :
