Maine Coon, : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

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Sommaire7 sections
  1. 01Le grand format a un prix biologique
  2. 02La cardiomyopathie hypertrophique, le vrai sujet
  3. 03Les autres lignes du bilan génétique
  4. 04Un chat bavard, collant, et pas farouche devant l'eau
  5. 05Origines : un chat de ferme devenu chat de salon
  6. 06Nourrir et entretenir un chat de 8 kilos
  7. 07Où ne pas acheter

Un chaton Maine Coon coûte rarement moins de 1 000 euros, et ce prix ne dit rien de sa santé future : ce qui compte, ce sont les tests génétiques de ses parents, en particulier celui de la cardiomyopathie hypertrophique, la maladie qui touche cette race plus que les autres.

Le grand format a un prix biologique

Maine Coon au pelage mi-long assis, queue touffue et oreilles garnies de plumets

Le Maine Coon est le plus grand des chats domestiques de format courant. Un mâle adulte pèse le plus souvent entre 6 et 9 kilos, une femelle entre 4 et 6, et la croissance ne s'achève pas avant trois à quatre ans, parfois cinq. Cette lenteur explique beaucoup de choses : un Maine Coon d'un an est un adolescent, pas un adulte, et son squelette continue de se construire pendant que son propriétaire le croit déjà terminé.

Le reste de l'allure suit le format. Corps long et musclé, pattes fortes, queue touffue aussi longue que le tronc, pelage mi-long imperméable doublé d'un sous-poil dense, oreilles hautes garnies de plumets, grands yeux ovales. Le tout vient du nord-est des États-Unis, où ces chats de ferme devaient traverser des hivers rudes sans rentrer au chaud.

La cardiomyopathie hypertrophique, le vrai sujet

La cardiomyopathie hypertrophique est un épaississement du muscle cardiaque qui gêne le remplissage du ventricule. Elle est la première maladie cardiaque du chat en général, et le Maine Coon y est prédisposé par une mutation identifiée du gène MYBPC3. Un test ADN existe, il se fait par écouvillon buccal et coûte quelques dizaines d'euros.

Ce test ne suffit pas à lui seul : des Maine Coons négatifs développent quand même une CMH, ce qui veut dire que d'autres facteurs entrent en jeu. Les éleveurs sérieux ajoutent donc une échocardiographie annuelle des reproducteurs, réalisée par un vétérinaire cardiologue. Quand vous demandez à voir ces documents et qu'on vous répond que les parents "vont très bien", passez votre chemin.

Les autres lignes du bilan génétique

L'amyotrophie spinale, ou SMA, détruit les motoneurones de la moelle épinière. Le chaton atteint titube de l'arrière-train vers trois ou quatre mois, sans douleur ni atteinte mentale. La maladie se transmet sur un mode récessif et se dépiste par test ADN, ce qui la rend parfaitement évitable dans un élevage qui teste ses reproducteurs.

La dysplasie de la hanche, plus connue chez le chien, existe réellement dans cette race à cause du gabarit. Elle se recherche par radiographie. La luxation de la rotule et la polykystose rénale sont parfois citées : la PKD concerne surtout les lignées de type persan et reste rare chez le Maine Coon bien suivi, il ne faut donc pas en faire l'argument principal.

Un chat bavard, collant, et pas farouche devant l'eau

Le Maine Coon parle. Il ne miaule pas comme un siamois, il produit des trilles et des roucoulements aigus qui contrastent avec sa carrure. Il suit ses humains de pièce en pièce, supporte bien les enfants et la présence d'autres animaux, et vit mal l'isolement prolongé. Un Maine Coon seul dix heures par jour dans un studio n'est pas à sa place.

Sa réputation de chat qui aime l'eau tient debout : beaucoup jouent dans leur gamelle, s'installent dans une baignoire vide ou suivent le robinet du regard. Le Bengal et le Turc de Van partagent ce trait. Cela ne dispense évidemment pas de sécuriser les points d'eau profonds.

Origines : un chat de ferme devenu chat de salon

La race vient de Nouvelle-Angleterre et doit son nom à l'État du Maine et au mot anglais racoon, le raton laveur, à cause de la queue. Elle appartient au groupe des chats des forêts, avec le Norvégien et le Sibérien. Au milieu du 19e siècle, ces "Maine Cats" figuraient déjà dans les premières expositions félines américaines, avant de disparaître presque complètement au profit des races à poil long importées.

Le sauvetage date des années 1950 et 1960, mené par une poignée d'éleveurs qui ont reconstitué le cheptel à partir de sujets de ferme. La reconnaissance officielle par les grandes fédérations a suivi dans les années 1970. Ce goulot d'étranglement génétique explique en partie la fréquence des maladies héréditaires dans la race.

Nourrir et entretenir un chat de 8 kilos

Un Maine Coon adulte consomme davantage qu'un chat européen, simplement parce qu'il est plus gros, mais la ration se calcule sur le poids réel et l'activité, pas sur la race. Une alimentation riche en protéines animales et pauvre en glucides convient, avec de l'humide pour l'apport en eau. La croissance longue justifie un aliment junior maintenu plus longtemps que chez un chat de format standard : votre vétérinaire fixe la durée et les quantités.

Côté pelage, un brossage deux à trois fois par semaine suffit hors période de mue, tous les jours pendant. Les zones à surveiller sont l'arrière des cuisses, les aisselles et la collerette, où les nœuds se forment en premier. Un nœud installé ne se démêle pas, il se coupe, et un chat qu'on brosse depuis chaton acceptera l'exercice toute sa vie.

Où ne pas acheter

Les annonces en ligne à 400 euros, sans pedigree, avec un chaton disponible "tout de suite" à 8 semaines, désignent au mieux un particulier négligent, au pire une filière d'importation. Un chaton séparé trop tôt de sa mère cumule les troubles digestifs et les problèmes de comportement, et aucun test génétique ne garantit derrière lui. Sur ce point, le calcul ne tient pas : l'économie faite à l'achat se paie en consultations.

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