24 septembre , pourquoi est une date importante pour les gorilles ?
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Le 24 septembre n'a pas été choisi au hasard : c'est le jour où Dian Fossey a installé son campement de Karisoke, entre deux volcans du Rwanda, en 1967. Cinquante ans plus tard, la journée mondiale du gorille est née de ce point de départ précis.
Beaucoup d'articles écrivent « Diane » Fossey. Son prénom s'écrit Dian, sans e. C'est un détail, mais il en dit long sur la façon dont ces journées sont recopiées d'un site à l'autre sans que personne remonte à la source.
Pourquoi le 24 septembre, et pas une autre date
Le 24 septembre 1967, la primatologue américaine plante deux tentes à 3 000 mètres d'altitude, entre le mont Karisimbi et le mont Bisoke, dans ce qui est aujourd'hui le parc national des Volcans. Elle assemble les deux noms pour baptiser le lieu : Karisoke. Elle y passera dix-huit ans, jusqu'à son assassinat en décembre 1985, et y démontrera deux choses que personne ne croyait alors : qu'un gorille de montagne accepte la présence humaine à quelques mètres, et que le braconnage, pas la forêt, décide de la survie de l'espèce.
La journée mondiale du gorille a été instituée en 2017 par le Dian Fossey Gorilla Fund, pour le cinquantenaire du centre. Le choix de la date rend hommage à ce campement, pas à une convention internationale. Le principe est le même que pour les autres journées animalières de l'année, comme la journée mondiale du lion ou celle du lézard : une date, une association, un anniversaire.

Gorille de l'Est : peu nombreux, et pourtant le seul grand singe qui remonte
Le gorille de l'Est (Gorilla beringei) se divise en deux sous-espèces : le gorille de montagne et le gorille de Grauer, ce dernier ayant perdu près de 80 % de ses effectifs en vingt ans dans l'est de la République démocratique du Congo, à cause des conflits armés et de l'exploitation minière artisanale.
- Poids : jusqu'à 210 kg pour un mâle dos argenté, environ 100 kg pour une femelle.
- Taille : jusqu'à 1,70 m debout, envergure des bras proche de 2,20 m.
- Longévité : 35 à 40 ans dans la nature.
- Habitat : forêts de montagne et bambouseraies, jusqu'à 4 000 mètres d'altitude sur les pentes des volcans Virunga.
- Pays : Rwanda, Ouganda et République démocratique du Congo.
Son pelage est plus long et plus dense que celui de son cousin de l'Ouest, adaptation directe aux nuits froides d'altitude, où la température descend sous 5 degrés. Le gorille de montagne est aussi le seul grand singe dont la population augmente : de 620 individus recensés en 1989 à 1 063 lors du dernier comptage exhaustif, en 2018. Il a d'ailleurs été reclassé d'« en danger critique » à « en danger » cette année-là. Le tourisme de vision, très encadré et très cher, finance directement les patrouilles anti-braconnage.
Gorille de l'Ouest : plus nombreux, plus exposé
Le gorille de l'Ouest (Gorilla gorilla) vit dans les forêts humides de plaine, les marécages et les forêts secondaires. Contrairement à ce qu'on lit souvent, son aire n'est pas l'Afrique de l'Ouest mais principalement l'Afrique centrale : Cameroun, Gabon, Congo, République centrafricaine et Guinée équatoriale. Seule la petite population de gorilles de Cross River, 250 à 300 individus à la frontière du Nigeria et du Cameroun, se situe à la limite ouest.
- Poids : 140 à 160 kg pour les mâles, 60 à 80 kg pour les femelles.
- Taille : 1,50 à 1,60 m debout.
- Longévité : 35 à 40 ans dans la nature.
Deux menaces dominent ici. La chasse pour la viande de brousse, d'abord, facilitée par les pistes forestières d'exploitation. Ebola ensuite : les épidémies des années 1990 et 2000 ont tué environ un tiers des gorilles sauvages selon les estimations du WWF, avec des foyers du Gabon et du Congo où plus de 90 % des groupes suivis ont disparu en quelques mois. Les deux espèces ne se croisent jamais : plusieurs centaines de kilomètres de savane et de bassin fluvial les séparent depuis des centaines de milliers d'années, ce qui explique leur divergence.
Ce que le 24 septembre peut réellement changer
Une journée mondiale ne sauve personne toute seule. Ce qui pèse, dans le cas des gorilles de montagne, se compte en salaires de rangers, en kilomètres de patrouilles et en cliniques vétérinaires de terrain. Le Gorilla Doctors, par exemple, intervient sur les animaux blessés par des collets, opération par opération, et ces interventions expliquent une part mesurable de la remontée démographique.
À l'échelle individuelle, les leviers sont limités mais réels : rapporter ses vieux téléphones portables en filière de recyclage, parce que le coltan extrait dans l'est du Congo se prélève au coeur de l'habitat du gorille de Grauer ; vérifier l'origine du bois tropical acheté ; soutenir directement une structure de terrain plutôt qu'une campagne de communication. Les espèces adaptées aux milieux extrêmes du pôle Nord subissent d'ailleurs les mêmes logiques d'exploitation, à l'autre bout de la planète.
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