Les 4 animaux les plus rigolos : Quand la nature nous surprend et nous fait sourire

4 animaux rigolos : Quand la nature nous surprend et nous fait sourire
Sommaire5 sections
  1. 01Le moucherolle royal, l'oiseau qui déplie un éventail sur la tête
  2. 02L'écaille martre, un papillon de nuit habillé comme un vitrail
  3. 03La membracide à boule, l'insecte coiffé d'un mobile
  4. 04Le poisson-goutte, victime d'une seule photo
  5. 05Pourquoi ces formes existent

Une couronne de plumes qui se déplie en éventail, des boules montées sur tiges, un visage de vieux monsieur boudeur : ces quatre animaux font sourire, et chacune de leurs bizarreries a une fonction précise, souvent moins drôle qu'elle en a l'air.

Le moucherolle royal, l'oiseau qui déplie un éventail sur la tête

Onychorhynchus coronatus vit dans le sous-bois des forêts humides d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Vu de profil, posé sur une branche, c'est un petit passereau brun de 15 à 16 centimètres, sans rien de remarquable. Puis il ouvre sa huppe, et une couronne rouge orangé bordée de bleu noir se déploie en éventail au-dessus de son crâne, plus large que sa tête.

  • Taille : 15 à 16 cm
  • Poids : environ 20 grammes
  • Incubation : une quinzaine de jours
  • Milieu : sous-bois forestier, souvent près de l'eau

Le mot « royal » vient de cette couronne, pas de son régime alimentaire. Le reste du nom, « moucherolle », dit ce qu'il mange : des insectes attrapés au vol, en sortie brève depuis un perchoir bas. Sa huppe reste repliée presque tout le temps. On la voit à la parade, dans les conflits de territoire et quand l'oiseau est manipulé, ce qui explique que la plupart des photos spectaculaires proviennent de séances de baguage. Dans la forêt, vous entendrez son cri sifflé bien avant de l'apercevoir.

L'écaille martre, un papillon de nuit habillé comme un vitrail

Arctia caja porte des ailes antérieures marbrées de brun et de crème, dont le motif rappelle vaguement le pelage d'une martre, et des ailes postérieures orange vif ponctuées de taches bleu noir. Ce contraste n'est pas décoratif. Au repos, l'insecte est invisible sur une écorce ; dérangé, il écarte brutalement les ailes et le rouge apparaît. Le signal veut dire : je suis toxique, laisse-moi.

  • Envergure : 45 à 65 mm
  • Vol : de juin à août, la nuit
  • Chenille : très velue, surnommée « ours poilu »
  • Adulte : quelques semaines seulement, il ne se nourrit presque pas

Le message n'est pas du bluff. La chenille accumule des composés toxiques dans les plantes dont elle se nourrit, orties, plantains, framboisiers, et l'adulte les conserve. L'espèce est présente dans toute la France, mais elle a nettement reculé en cinquante ans avec la disparition des friches et des lisières non fauchées. Un jardin où l'on laisse un coin d'orties tranquille est un jardin où elle peut revenir.

La membracide à boule, l'insecte coiffé d'un mobile

Bocydium globulare mesure environ 5 millimètres et porte sur le thorax une structure improbable : quatre à cinq sphères creuses montées sur de fines tiges, arrangées comme un jouet de bureau. C'est une extension du pronotum, la plaque dorsale du premier segment thoracique, poussée par l'évolution jusqu'à l'absurde. On la trouve en Amérique du Sud, notamment au Brésil.

À quoi ça sert ? La question n'est toujours pas tranchée. Les hypothèses tiennent en trois pistes : brouiller la silhouette de l'insecte aux yeux d'un prédateur, imiter un corps étranger ou un champignon parasite, ou porter des soies sensorielles. Aucune n'est démontrée. Les membracides sont des suceurs de sève, cousins des cigales, et ils se comptent par milliers d'espèces avec des casques tous plus étranges les uns que les autres : épines, crochets, faux abdomens de fourmi.

Le poisson-goutte, victime d'une seule photo

Psychrolutes marcidus vit entre 600 et 1 200 mètres de profondeur au large de l'Australie et de la Tasmanie. En 2013, un vote de l'Ugly Animal Preservation Society l'a élu animal le plus laid du monde, sur la foi d'un cliché devenu célèbre : une masse rosâtre affaissée, nez tombant, bouche boudeuse. Ce visage n'existe pas dans la nature.

Dans son milieu, sous une pression de plusieurs dizaines d'atmosphères, le poisson-goutte a une silhouette de poisson tout à fait ordinaire. Sa chair est peu dense et gélatineuse, avec très peu de muscle et un squelette réduit, ce qui lui évite d'avoir à dépenser de l'énergie pour se maintenir entre deux eaux. Remonté d'un coup dans un chalut, ce corps sans structure s'affaisse sous son propre poids. La tête célèbre est le résultat d'une décompression brutale, pas une caractéristique de l'espèce.

Pourquoi ces formes existent

Quatre animaux, quatre bizarreries, et aucune n'est gratuite. La couronne du moucherolle est un signal social. Les ailes de l'écaille martre sont un avertissement chimique. Le casque de la membracide reste une énigme, ce qui est déjà une réponse honnête. Et le poisson-goutte n'est bizarre que parce qu'on l'a sorti de chez lui.

Et vous, quel est l'animal dont l'allure vous a le plus surpris ?

Voir la video sur YouTube

Résumer cet article avec :

Partager :

insectes