Améliorez la santé de votre chat avec les compléments alimentaires

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Sommaire4 sections
  1. 01La mention « complet » sur le sachet n'est pas un argument commercial
  2. 02Les situations où un complément a du sens
  3. 03Deux pièges dans les rayons « naturels »
  4. 04Faire avaler, sans transformer le repas en bagarre

Un chat nourri avec un aliment complet du commerce reçoit déjà la totalité des quarante et quelques nutriments dont il a besoin, taurine comprise. Ajouter des compléments sur un animal en bonne santé n'améliore rien et coûte entre 80 et 250 euros par an : les rares situations où la dépense se justifie méritent donc d'être identifiées précisément.

La mention « complet » sur le sachet n'est pas un argument commercial

Chat roux devant une gamelle et des gélules de complément alimentaire

En Europe, un aliment vendu comme « complet » doit couvrir les apports recommandés par la FEDIAF, la fédération des fabricants d'aliments pour animaux familiers. Un aliment « complémentaire », lui, ne le prétend pas : c'est le cas des friandises et de la plupart des pâtées en sachet vendues seules. La différence est écrite en petit sur l'emballage, et c'est la première chose à vérifier avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.

Concrètement, si votre chat mange un aliment complet en quantité correcte, il reçoit déjà sa taurine (dont la carence provoque cardiomyopathie et cécité, raison pour laquelle elle est ajoutée depuis les années 1980), ses vitamines, son calcium et son phosphore, dans des proportions calées. Un supplément de vitamines par-dessus ne comble aucun trou : il empile.

Les situations où un complément a du sens

Elles existent, mais elles sont plus étroites que ne le laissent croire les rayons. Dans tous les cas, c'est le vétérinaire qui pose l'indication, après examen, et qui fixe la durée.

L'arthrose du chat âgé

Les radiographies montrent des lésions arthrosiques chez une large majorité de chats de plus de douze ans, alors que très peu de propriétaires s'en aperçoivent : le chat ne boite pas, il saute moins haut, il dort davantage, il monte sur le canapé par étapes. Les oméga 3 marins à longue chaîne (EPA et DHA) font partie des rares compléments dont l'effet sur la mobilité repose sur des études cliniques chez cette espèce. La glucosamine et la chondroïtine sont plus souvent prescrites que démontrées.

La maladie rénale chronique

Elle touche environ un chat sur trois après dix ans. La prise en charge repose d'abord sur un aliment rénal spécifique ; des chélateurs de phosphore ou des apports en potassium peuvent s'y ajouter, mais ils relèvent d'une prescription et d'un suivi par prises de sang, jamais d'une initiative personnelle.

Les suites d'un épisode digestif ou d'un traitement antibiotique

Les probiotiques vétérinaires, sur quelques jours à quelques semaines, raccourcissent certains épisodes de diarrhée. Les souches et les formes galéniques ne se valent pas, et un produit destiné à l'humain n'a pas été éprouvé sur la flore féline.

La gestation et l'allaitement

Une chatte qui allaite quatre ou cinq chatons voit ses besoins énergétiques multipliés par deux à trois en fin de lactation. La réponse tient d'abord dans l'aliment : on passe à une formule chaton, riche et dense, à volonté. Ajouter du calcium sur une chatte gestante est même contre-productif et peut dérégler la mobilisation osseuse au moment de la mise bas.

Deux pièges dans les rayons « naturels »

Le premier concerne les antiparasitaires dits naturels à base d'ail, encore vendus sous forme de poudre ou de comprimés. L'ail et l'oignon appartiennent à la même famille et détruisent les globules rouges du chat, qui y est plus sensible que le chien : l'exposition répétée provoque une anémie. Aucun de ces produits n'a démontré le moindre effet sur les puces. À écarter sans hésiter.

Le second concerne les compléments humains recyclés dans la gamelle. Les dosages sont calculés pour un adulte de 70 kg, pas pour un animal de 4 kg, et certains excipients posent problème. Le xylitol, édulcorant courant des gommes et des sirops, est toxique ; il est surtout redoutable chez le chien, mais rien ne justifie de le faire avaler à un chat. Un complément se choisit dans une gamme vétérinaire, à la dose indiquée par le praticien.

Faire avaler, sans transformer le repas en bagarre

La forme liquide reste la plus simple : quelques gouttes d'huile mélangées à une pâtée odorante passent souvent inaperçues. Les poudres se dispersent mieux dans de l'humide que sur des croquettes sèches, où elles tombent au fond de la gamelle. Les comprimés se dissimulent dans une friandise creuse prévue pour ça, ou se donnent avec un lance-comprimé, geste que le vétérinaire montre en trente secondes lors d'une consultation.

Un principe compte plus que la technique : ne jamais transformer la gamelle en zone de méfiance. Un chat qui a trouvé une fois un goût amer dans son repas peut bouder cet aliment pendant des semaines, et l'anorexie féline n'est pas un caprice. Un chat qui ne mange plus pendant plus de deux ou trois jours risque une lipidose hépatique, une atteinte du foie qui met en jeu son pronostic vital.

Au bout du compte, le meilleur investissement pour la santé d'un chat n'est pas dans le flacon. C'est une ration pesée, de l'eau propre en plusieurs points de la maison, un bilan sanguin annuel après huit ans, et un poids stable. Les compléments viennent après, pour répondre à un problème identifié, pas pour en prévenir un hypothétique.

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