Ce que votre chat cache derrière ses moments de folie

Ce que votre chat cache derrière ses moments de folie
Sommaire5 sections
  1. 01Pourquoi ça tombe toujours au moment où vous vous couchez
  2. 02Ce qu'il ne faut pas faire pendant la crise
  3. 03Chat d'appartement, chat qui sort, chaton, senior
  4. 04Quand ce n'est plus une crise d'énergie
  5. 05Le chattering, l'autre bruit bizarre

Trois heures du matin, votre chat traverse le couloir à pleine vitesse, freine sur le parquet, remonte les escaliers, redescend. Ces sprints portent un nom, les zoomies, et ils disent surtout une chose : la journée n'a pas dépensé ce qu'elle aurait dû.

Chez moi, la crise commence toujours pareil. Un bruit de gorge qui ressemble à un roucoulement de pigeon, les pupilles dilatées comme des billes, puis le départ. Deux minutes plus tard, il dort. Rien de cassé, personne de blessé, et le lendemain ça recommence à la même heure.

Pourquoi ça tombe toujours au moment où vous vous couchez

Le chat n'est pas nocturne, il est crépusculaire. Ses pics d'activité naturels se placent au lever et au coucher du soleil, quand ses proies bougent. Un chat d'appartement garde ce rythme même sans une seule souris à l'horizon. Le problème, c'est que nos horaires ne collent pas : on rentre à 19 h, on donne à manger, on s'assied devant un écran, et le chat, lui, arrive dans sa fenêtre de chasse à vide.

Ajoutez la sieste. Un chat qui a dormi de 9 h à 18 h sans autre stimulation qu'un rai de lumière sur le tapis a stocké de quoi tenir un demi-marathon. La décharge finit par sortir, et elle sort d'un coup.

Les cibles habituelles

La liste ne varie pas beaucoup d'un foyer à l'autre : les rideaux, qui offrent la seule verticale disponible ; le canapé, dont le tissu accroche les griffes ; vos mollets, qui bougent au mauvais moment ; les plantes, parce qu'une feuille qui frémit ressemble à quelque chose de vivant. Le point commun de ces quatre cibles, c'est qu'elles sont les seules choses de la maison qui réagissent quand on les attaque.

Donnez-lui autre chose qui réagisse et la moitié du problème disparaît.

Ce qu'il ne faut pas faire pendant la crise

Ne courez pas après lui. Un chat en zoomies interprète la poursuite comme une invitation, et vous ajoutez de l'excitation à un système déjà saturé. Ne le prenez pas non plus dans les bras au milieu du sprint : c'est le meilleur moyen de récolter une griffure défensive, et c'est un mauvais souvenir associé à vos mains.

Ne le grondez pas non plus. Le cri le stimule ou l'effraie, jamais il ne le calme. Si les crises tombent chaque nuit et que vous vous levez à chaque fois pour intervenir, vous êtes en train de fabriquer un rendez-vous nocturne : le chat a compris que le bruit fait apparaître un humain. Il vaut mieux, sur une semaine, ne rien faire du tout la nuit et tout miser sur le jeu du soir.

Les jouets qui servent, ceux qui prennent la poussière

Une canne à pêche à plumes bat n'importe quelle souris en peluche, parce qu'elle vous met dans le jeu et qu'elle imite un vol imprévisible. Le laser marche pour l'exercice, mais laisse le chat frustré : il chasse un point qu'il n'attrape jamais. Si vous l'utilisez, finissez toujours en posant le point sur une friandise ou un jouet réel que le chat peut saisir.

Pour les absences, une gamelle distributrice ou une balle à croquettes fait travailler le chat pour son repas. Cinq minutes de recherche valent mieux qu'une écuelle vidée en trente secondes, et ça occupe une partie du créneau où il tourne en rond.

Chat d'appartement, chat qui sort, chaton, senior

Un chat qui a accès à l'extérieur fait ses zoomies dehors, sur un arbre ou dans un fossé, et vous n'en voyez que le résultat : un chat qui rentre poussiéreux et qui dort. Les crises spectaculaires en intérieur sont donc surreprésentées chez les chats d'appartement, ce qui n'a rien d'un défaut de caractère.

Le chaton, de trois à douze mois, est en pleine construction motrice : il tombe, se rattrape, recommence, et ses crises sont fréquentes et brouillonnes. Vers deux ou trois ans, la fréquence baisse d'elle-même. Chez le chat de plus de dix ans, en revanche, une reprise soudaine de courses nocturnes n'est pas un rajeunissement, et c'est le cas qui mérite un coup de fil au vétérinaire.

Quand ce n'est plus une crise d'énergie

La différence entre un zoomie et un signal médical tient à trois choses : l'âge du chat, la nouveauté du comportement et ce qui se passe autour de la course.

Un chat âgé qui se met à courir la nuit en miaulant fort, qui mange beaucoup tout en maigrissant, qui boit plus que d'habitude : ce tableau est celui qu'un vétérinaire veut voir en consultation, avec une prise de sang à la clé. L'hyperthyroïdie touche surtout les chats de plus de huit ans et se soigne, à condition d'être identifiée. Je ne vous dis pas que c'est ça, je vous dis que ça se vérifie en une visite.

Autre profil : le chat qui s'arrête net au milieu de la course, qui a la peau du dos qui ondule, qui se retourne pour mordre sa propre queue ou son flanc, qui semble fuir quelque chose. Ce comportement ne relève plus du jeu : quelque chose de désagréable est en cause, et c'est le vétérinaire qui tranche. Ne donnez jamais de calmant humain à un chat : le paracétamol, en particulier, est mortel pour l'espèce, même en petite quantité.

Le chattering, l'autre bruit bizarre

Il y a de fortes chances que vous ayez aussi entendu ça : le chat posté à la fenêtre, mâchoires qui claquent à toute vitesse devant un moineau, avec un petit cri étranglé. C'est le chattering, et personne n'a de réponse définitive.

Les deux hypothèses les plus sérieuses sont la frustration de la proie inaccessible et une répétition motrice de la morsure fatale que le chat donne à la nuque de sa prise. Certains chercheurs ont aussi proposé une imitation du cri des proies, observée chez d'autres félins, mais la démonstration reste mince. Ce qui est sûr, c'est que le chattering suit exactement la même logique que les zoomies : une machine à chasser qui tourne à vide derrière une vitre.

Sur ce point, mon avis est simple. Un chat qui fait beaucoup de chattering est un chat qui regarde le monde sans jamais pouvoir agir dessus. Un perchoir devant la fenêtre, quelques minutes de canne à pêche par jour et un repas à gagner ne feront pas disparaître le bruit, mais ils rendront la vie de ce chat nettement moins frustrante.

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