Choisir le bon savon pour laver son chat : conseils et astuces
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La première réponse, celle que les conseils de toilettage escamotent souvent : un chat en bonne santé n'a pas besoin d'être lavé. Il y consacre déjà plusieurs heures par jour et sa langue râpeuse fait le travail. Le bain ne s'impose que dans une poignée de situations précises, et c'est justement dans ces situations-là que le choix du produit devient une question de sécurité, pas de confort.
Les rares cas où le bain se justifie
Un chat persan ou maine coon dont le sous-poil feutre malgré le brossage. Un chat âgé, arthrosique ou obèse, qui n'atteint plus son arrière-train et finit par sentir mauvais. Un chat souillé par une substance grasse ou collante. Un traitement dermatologique prescrit, contre une teigne ou une dermatite, qui passe par un shampooing médical. Et le chaton orphelin encrassé, qu'une chatte aurait normalement nettoyé.
En dehors de ça, le brossage règle presque tout, et il stresse beaucoup moins l'animal.
Le pH, et pourquoi nos savons ne conviennent pas
La peau du chat est fine, environ trois à cinq couches de cellules contre une quinzaine chez nous, et son film protecteur est proche de la neutralité. Un produit trop décapant emporte ce film, laisse la peau sèche, irritée, et ouvre la porte aux infections cutanées. C'est ce qui arrive avec la plupart des produits d'hygiène humaine, shampooings et gels douche compris, y compris ceux vendus comme doux.
Il faut donc un shampooing formulé pour le chat, mention explicite sur l'étiquette. La formulation est plus douce et moins dégraissante que chez le chien, dont la peau supporte davantage.
Le danger qu'il faut connaître : les antiparasitaires pour chien
C'est le point le plus grave de tout le sujet. De nombreux shampooings et produits antipuces destinés au chien contiennent de la perméthrine ou des pyréthrinoïdes apparentés. Le chat ne possède pas l'équipement enzymatique pour les éliminer : une application, même partielle, peut déclencher des tremblements, une salivation abondante, des convulsions, et tuer l'animal.
Un produit antipuces ne se choisit donc pas au rayon, il se choisit avec le vétérinaire. Cela vaut aussi quand chien et chat vivent ensemble : un chat qui dort contre un chien fraîchement traité peut s'intoxiquer par simple contact et par léchage. Séparez-les le temps que le produit sèche complètement, selon les indications de la notice.
Même vigilance sur les shampooings « naturels » parfumés aux huiles essentielles. Arbre à thé, eucalyptus, agrumes, menthe poivrée : le foie du chat les métabolise très mal. Un flacon qui affiche fièrement une liste d'huiles essentielles est un flacon à laisser sur l'étagère.
Le déroulé d'un bain qui se passe bien
Tout se joue avant d'ouvrir le robinet. Coupez les griffes deux ou trois jours avant, pour vous comme pour lui. Brossez à fond : un nœud mouillé devient un bloc impossible à défaire. Sortez tout ce dont vous aurez besoin et posez-le à portée de main, parce qu'on ne lâche pas un chat savonné pour aller chercher une serviette.
Remplissez une bassine ou l'évier de quelques centimètres d'eau à environ 38 degrés, la température du corps, testée au poignet. Posez un tapis antidérapant ou une serviette au fond : c'est le glissement qui déclenche la panique, plus que l'eau. Mouillez au gant ou au gobelet, jamais au jet, et gardez la tête au sec. On ne verse rien sur la face, on nettoie les yeux et les oreilles au coton humide, à part.
Savonnez du cou vers la queue, sans frotter à rebrousse-poil. Rincez longuement, deux fois plus longtemps que vous ne le pensez : un résidu de shampooing démange et sera avalé au premier toilettage. Séchez en tamponnant dans plusieurs serviettes, puis laissez le chat finir dans une pièce chauffée et fermée. Le sèche-cheveux, avec son bruit et sa chaleur, fait rater bien des bains qui se passaient bien jusque-là.
Comptez dix minutes montre en main. Au-delà, le stress coûte plus que la propreté ne rapporte. Et si le chat se débat vraiment, on arrête. Un chat terrorisé mord et griffe, et une morsure de chat s'infecte vite : ce n'est pas un combat à mener.
Quand le pelage sale est un symptôme
Un chat qui cesse brusquement de se toiletter dit quelque chose. Douleur articulaire, mal de dents, surpoids qui empêche d'atteindre le dos, dépression après un déménagement, insuffisance rénale : le poil terne, gras ou emmêlé est souvent le premier signal visible. À l'inverse, un chat qui se lèche jusqu'à s'arracher les poils signale des puces, une allergie ou un stress. Dans les deux cas, c'est une consultation qu'il faut, pas un bain.
Un mot sur les chatons. Avant huit semaines, ils régulent mal leur température et un bain complet est à éviter sauf indication vétérinaire. Un nettoyage local au gant tiède, puis un séchage soigneux dans une pièce chaude, couvre les besoins d'un petit qu'on vient de récupérer.
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