Comment choisir le savon idéal pour laver son chaton ?
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Un chaton en bonne santé n'a presque jamais besoin de savon. Avant huit semaines, le bain est même déconseillé : on nettoie au gant humide, point. Le vrai sujet n'est donc pas quel savon acheter, mais quand un lavage se justifie et ce qu'on pose sur une peau qui n'a pas encore de barrière protectrice solide.
Pourquoi la question du savon se pose si rarement
Un chat consacre entre deux et cinq heures par jour à sa toilette. Le chaton apprend ce geste vers trois semaines, et avant cela sa mère s'en charge : elle le lèche après chaque tétée, y compris pour déclencher l'élimination. Tant que la mère est là, il n'y a rien à faire. C'est l'orphelin, le chaton sorti d'un carton au bord d'une route, ou celui qui s'est assis dans sa gamelle de pâtée, qui pose problème.
Encore faut-il distinguer deux situations. Une patte sale, un arrière-train souillé, une tache de nourriture sur le poitrail : un gant de toilette tiède et bien essoré suffit, on frotte, on sèche, l'affaire est réglée en deux minutes. Un chaton couvert de mazout, de peinture, de goudron ou de produit ménager, là oui, il faut laver, et souvent il faut appeler le vétérinaire avant de mouiller quoi que ce soit, parce que certains produits deviennent plus dangereux au contact de l'eau et que le chaton se léchera dès qu'on le reposera.
Ce qu'on ne met jamais sur un chaton
Le chat se lèche entièrement dans l'heure qui suit. Tout ce que vous déposez sur son pelage finit dans son estomac. C'est ce qui rend la liste des interdits plus importante que celle des produits recommandés.
Les savons humains sont hors jeu, savon de Marseille compris. Notre peau tourne autour d'un pH de 5,5, celle du chat autour de 6,5, et un savon trop décapant enlève le film lipidique qui la protège. Les shampooings pour chien sont à éviter aussi : beaucoup contiennent de la perméthrine, un insecticide auquel le chat est très sensible et qui provoque chez lui des tremblements et des convulsions. Pas non plus de produits à base d'huiles d'arbre à thé, de lavande, de menthe poivrée ou d'agrumes : le foie du chat métabolise mal les phénols et les terpènes de ces huiles.
Le talc, souvent recommandé dans les vieilles fiches de toilettage, n'a rien à faire près d'un chaton. C'est une poudre très fine, inhalée dès qu'on l'agite, et les voies respiratoires d'un animal de 400 grammes ne pardonnent pas grand-chose. Même réserve pour le savon noir, l'argile verte et le bicarbonate présentés comme des shampooings secs maison : ça enlève du gras, ça laisse surtout un résidu que l'animal ingère en se toilettant. Le bicarbonate en quantité irrite le tube digestif.
Les produits qui conviennent, et à quel âge
À partir de huit semaines, un shampooing formulé pour chaton fait le travail. On cherche une étiquette courte, sans parfum ajouté, sans huile essentielle, avec une mention de pH adapté au chat. Les gammes vendues en animalerie et en clinique tiennent la route : les lingettes hypoallergéniques de type Biogance pour les nettoyages locaux, les shampooings doux de type Beaphar au thé blanc pour le lavage complet, ou les formules bio pour chaton d'un fabricant comme LT-Naturprodukte. Comptez 6 à 12 euros le flacon, et il durera des années, ce qui en dit long sur la fréquence réelle des bains.
Avant huit semaines, rien d'autre que de l'eau tiède et un gant. Entre deux et quatre mois, les lingettes pour chaton rendent service pour les zones souillées. Le shampooing complet n'a d'intérêt qu'à partir de là, et encore, seulement en cas de besoin.
Fréquence : moins souvent qu'on ne le croit
Laver un chaton tous les trois jours, comme le conseillent certaines fiches, est une mauvaise idée : la peau s'assèche, les pellicules arrivent, et l'animal se gratte. Un chat d'intérieur à poil court peut passer sa vie entière sans un seul bain. Un chat à poil long type persan ou un Sphynx, qui n'a pas de poil pour absorber son sébum, se lave plutôt une fois par mois. Pour le reste, le brossage remplace avantageusement l'eau : deux à trois minutes par jour, dans le sens du poil, ça retire les poils morts, ça limite les boules de poils et ça permet de repérer une puce ou une croûte avant qu'elle ne s'installe.
Si le bain est inévitable, la marche à suivre
Préparez tout avant d'aller chercher le chaton : bassine remplie de 5 centimètres d'eau à 37 degrés environ, soit la température du corps, testée au poignet comme un biberon ; shampooing ouvert et dilué ; deux serviettes sèches à portée de main ; un tapis antidérapant au fond de la bassine, parce qu'un chaton qui glisse panique. Mouillez à la main, pas au jet. Évitez complètement la tête : les oreilles et les yeux se nettoient séparément, avec une compresse.
Rincez longuement, deux fois plus longtemps que vous ne le pensez nécessaire. Le résidu de shampooing est la première cause de démangeaison après un bain. Séchez à la serviette en tamponnant, pas en frottant, puis laissez le chaton dans une pièce chaude et sans courant d'air jusqu'à ce qu'il soit sec au toucher, ce qui prend une bonne demi-heure pour un poil court. Le sèche-cheveux, même en position tiède, effraie la plupart des chats et brûle vite une peau de cette finesse.
Un dernier point qui vaut d'être dit franchement : si le chaton a besoin d'un bain parce qu'il est sale en permanence, qu'il sent mauvais, qu'il a des croûtes ou qu'il perd ses poils par plaques, le problème n'est pas le savon. Une diarrhée chronique, une teigne, une infestation de puces ou un chaton trop faible pour se toiletter relèvent d'une consultation, pas d'un flacon. Le vétérinaire dira s'il faut traiter avant de laver, et c'est souvent dans cet ordre que ça se passe.
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