Comment attirer la faune sauvage dans votre jardin en quatre étapes simples

découvrez comment attirer la faune sauvage dans votre jardin en quatre étapes simples pour vivre en harmonie avec la nature
Sommaire4 sections
  1. 011. Poser de l'eau avant de poser de la nourriture
  2. 022. Percer la clôture, ouvrir un passage au ras du sol
  3. 033. Empiler les étages de végétation
  4. 044. Arrêter les produits, y compris ceux qu'on croit inoffensifs

Un jardin accueillant pour la faune se joue sur des détails de quelques centimètres : un trou de 13 cm au bas de la clôture, 3 cm d'eau dans une soucoupe, une haie qu'on ne taille pas entre mars et juillet. Quatre gestes, aucun budget.

1. Poser de l'eau avant de poser de la nourriture

Mésange posée au bord d'une coupelle d'eau dans un jardin fleuri

L'eau attire plus d'espèces qu'une mangeoire et ne présente aucun des risques sanitaires de cette dernière. Une soucoupe de pot de fleurs fait l'affaire, avec 2 à 4 cm de profondeur et un caillou plat au centre pour que les insectes ressortent. Placez-la à découvert, à deux ou trois mètres d'un buisson : l'oiseau veut voir venir le chat et pouvoir s'y réfugier en deux battements d'ailes. Rincez et remplissez tous les jours en été, tous les deux jours le reste de l'année. Une eau stagnante et chaude devient un foyer de trichomonose, maladie qui décime les verdiers depuis le milieu des années 2000.

La Ligue pour la protection des oiseaux recommande de nourrir uniquement à la mauvaise saison, de novembre à fin mars, puis d'arrêter : au printemps, les adultes rapportent au nid des graines que les oisillons ne peuvent pas avaler. Tournesol noir, cacahuètes non salées et boules de graisse sans filet plastique couvrent les besoins de l'hiver.

2. Percer la clôture, ouvrir un passage au ras du sol

C'est le geste le plus efficace, et le plus oublié. Un hérisson parcourt 1 à 3 km par nuit, et les clôtures mitoyennes découpent son territoire en enclos où il tourne en rond. Une ouverture de 13 cm sur 13 cm à la base d'une palissade le laisse passer tout en restant trop étroite pour un chien de taille moyenne. Prévenez le voisin et faites le trou des deux côtés : un passage isolé ne sert à rien.

Laissez aussi un tas de bois mort ou un amas de feuilles dans un coin peu fréquenté : c'est un abri d'hivernage pour les hérissons, les crapauds et les carabes, ces coléoptères noirs qui mangent les limaces à votre place.

3. Empiler les étages de végétation

Une pelouse rase, même vaste, n'héberge presque rien. Ce qui change tout, c'est la superposition : couvre-sol, herbes hautes, arbustes, arbre. Chaque strate abrite des espèces différentes, et les lisières entre deux strates concentrent l'activité. Plantez des espèces locales, qui nourrissent les chenilles indigènes alors que la plupart des plantes horticoles ne servent qu'aux butineurs adultes. Aubépine, sureau noir, prunellier et cornouiller donnent des baies étalées de septembre à février. Le lierre grimpant mérite une mention à part : il fleurit en octobre, quand presque plus rien ne fleurit, et offre aux abeilles leur dernière récolte de l'année.

Pour le pré fleuri, une bande de 2 ou 3 mètres non tondue le long d'une clôture pendant tout le printemps suffit : reviennent graminées, trèfle et marguerites, et avec eux les papillons qui pondent dessus. Les mélanges de graines vendus en jardinerie contiennent souvent des espèces exotiques qui font joli sans rien nourrir.

4. Arrêter les produits, y compris ceux qu'on croit inoffensifs

Les pesticides de synthèse sont interdits à la vente aux particuliers en France depuis le 1er janvier 2019. Il reste des bidons dans les garages, et il reste surtout des produits autorisés qui font des dégâts. Les granulés anti-limaces au métaldéhyde empoisonnent hérissons et oiseaux qui avalent les limaces contaminées ; le phosphate de fer pose moins de problèmes, mais une barrière de coquilles broyées coûte encore moins cher.

Le paillage et le compost travaillent dans l'autre sens : ils retiennent l'humidité et nourrissent les vers de terre. Un compost en tas, posé à même le sol, devient en quelques mois un garde-manger pour merles et orvets.

Dernier point, rarement dit : si vous avez un chat, une clochette et une rentrée au coucher du soleil changent davantage le bilan de votre jardin que tous les aménagements ci-dessus réunis.

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