Comment donner un cachet à un chat récalcitrant : astuces et conseils
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Le geste qui rate le plus souvent n'est pas l'ouverture de la gueule, c'est ce qui vient après. Un comprimé avalé à sec par un chat reste coincé dans l'oesophage plusieurs minutes, parfois beaucoup plus, et certaines molécules brûlent la muqueuse à cet endroit. Une petite quantité d'eau ou de nourriture derrière le cachet règle le problème, et presque personne ne le fait.
Le reste est affaire de technique et de rapidité. Un chat supporte bien mieux une contention de vingt secondes qu'une tentative molle répétée cinq fois. Voici comment s'organiser pour que la prise dure moins longtemps que la poursuite qui la précède.
Préparer avant d'attraper
Tout se joue dans les trente secondes qui précèdent. Sortez le comprimé de sa plaquette, posez la seringue d'eau remplie à côté, préparez la friandise de fin, fermez la porte de la pièce. Si le chat vous voit ouvrir une boîte et chercher vos affaires, il aura disparu sous le lit avant que vous soyez prêt.
Choisissez une pièce calme, sans autre animal, avec une surface qui ne glisse pas. Un plan de travail à bonne hauteur vaut mieux que le sol: vous travaillez dos droit, le chat a moins de prise pour reculer. Une serviette posée à plat sous lui donne de l'adhérence et sert au besoin pour la suite.
Essayer d'abord la version sans contrainte
Beaucoup de chats avalent leur traitement caché dans quelque chose de très odorant, à condition que la quantité soit petite. Une noisette de pâté, un morceau de beurre, une friandise fourrée du commerce prévue pour ça. Servez cette bouchée seule, avant le repas, quand le chat a faim. Une gamelle entière médicamentée finit souvent à moitié mangée, et vous ne savez plus quelle dose est passée.
Une question se pose avant d'écraser quoi que ce soit: certains comprimés à libération prolongée ou protégés pour passer l'estomac perdent leur fonction, voire deviennent irritants, une fois broyés. Les gélules ne s'ouvrent pas non plus au hasard. Demandez à votre vétérinaire ou au pharmacien si la forme que vous avez supporte d'être coupée, écrasée ou mélangée: la réponse tient en une phrase et évite un traitement inefficace.
La technique directe, en vingt secondes
Quand la dissimulation échoue, on passe à l'administration manuelle. Installez le chat face à vous, sur le plan de travail, son arrière-train contre votre ventre ou contre un mur pour qu'il ne recule pas. Posez la main non dominante sur le dessus de sa tête, les doigts de part et d'autre des pommettes, et basculez doucement le museau vers le plafond. Dans cette position, la mâchoire inférieure s'ouvre presque seule.
De l'autre main, écartez la mâchoire du bout d'un doigt et déposez le comprimé le plus loin possible sur la base de la langue, au centre. Refermez, remettez la tête à l'horizontale, soufflez brièvement sur le nez ou caressez la gorge de haut en bas: le réflexe de déglutition part presque toujours. Enchaînez immédiatement avec l'eau à la seringue, placée derrière la canine et poussée lentement, ou avec une bouchée de pâtée.
Si le chat se débat, enroulez-le dans une serviette épaisse, pattes rentrées, seule la tête dépassant. La contention doit être ferme et courte. Un chat maintenu longtemps s'affole, et la séance suivante commencera avec ce souvenir.
Ce qui se passe après compte autant
Récompensez tout de suite, même si la séance s'est mal passée: caresse, jeu, friandise. Le chat associe la fin de l'épisode à quelque chose de bon plutôt qu'à la fuite. Sur un traitement de dix jours, cette habitude fait la différence entre un chat qui vient et un chat introuvable dès le cinquième jour.
Surveillez ensuite les signes d'une déglutition qui s'est mal faite: le chat déglutit dans le vide, bave, refuse de manger, tousse, ou avale en tendant le cou de façon inhabituelle. Ces signes, surtout s'ils apparaissent pendant un traitement antibiotique, se signalent au vétérinaire sans attendre la fin de la boîte.
Les erreurs qui reviennent
Renverser le chat sur le dos: il se sent piégé et se défend plus fort. Pincer le museau fort: on déclenche la panique et parfois une morsure. Souffler dans le nez longuement: une pichenette suffit. Doubler une dose parce qu'on pense que la précédente a été recrachée: on n'en sait rien, et un surdosage se rattrape moins bien qu'une prise sautée, donc on appelle plutôt la clinique pour savoir quoi faire.
Reste le cas du chat qui a toujours été manipulé à la va-vite. Prenez cinq jours pour lui toucher la tête et le museau sans rien donner, en finissant chaque fois par une friandise. Ce travail préalable ne sert à rien dans l'urgence, mais il rend les traitements chroniques, thyroïde ou reins chez un chat âgé, beaucoup plus tenables sur des années.
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