Connaissez-vous le wholpin, l'union d'un orque et d'un dauphin ?

Connaissez-vous le wholpin, l'union d'un orque et d'un dauphin ?
Sommaire3 sections
  1. 01Kekaimalu, née à Hawaï et non au Japon
  2. 02Un hybride fertile, ce qui est rare
  3. 03Et en pleine mer ?

Le wholphin n'est pas le croisement d'une orque et d'un dauphin, malgré ce que raconte son nom. Ses parents sont un grand dauphin et une fausse orque, deux membres de la même famille.

La confusion vient de l'anglais, contraction de whale et dolphin. La fausse orque, Pseudorca crassidens, porte ce nom parce que son crâne ressemble à celui de l'orque, décrit d'abord sur un fossile. Dans l'eau, c'est un delphinidé de trois à cinq mètres, entièrement noir, sans la tache blanche de l'orque. Aucun croisement entre une orque, Orcinus orca, et un grand dauphin n'a jamais été documenté.

Kekaimalu, née à Hawaï et non au Japon

Le premier wholphin connu naît en 1981 dans un parc aquatique japonais et meurt au bout de 200 jours. Cette mortalité précoce est fréquente chez les hybrides de cétacés.

Le cas sérieusement documenté est celui de Kekaimalu, et il faut corriger ici une erreur qui circule beaucoup : elle est née au Sea Life Park d'Oahu, à Hawaï, en 1985. Son père, I'anui Kekai, était un faux épaulard ; sa mère, Punahele, une femelle grand dauphin de l'Atlantique. Les deux partageaient un bassin et personne n'avait prévu l'accouplement. Les soigneurs ont été intrigués par la couleur du nouveau-né, plus sombre qu'un jeune dauphin, et par la forme intermédiaire de son rostre.

Un cétacé sombre au rostre court nageant près de la surface d'un bassin

Ses caractères mixtes se comptent littéralement : le grand dauphin a 88 dents, la fausse orque 44, elle en a 66. Sa silhouette et sa nageoire dorsale se situent également entre les deux espèces. Elle vivait encore dans les années 2020, ce qui en fait de loin le wholphin le plus âgé jamais suivi.

Un hybride fertile, ce qui est rare

On répète que les hybrides sont stériles. C'est faux dans bien des cas. Kekaimalu a mis bas trois fois après des accouplements avec des grands dauphins ; les deux premiers petits n'ont pas vécu longtemps, le troisième, Kawili Kai, né en 2004, a grandi normalement. Un animal aux trois quarts dauphin, donc.

L'explication tient à la proximité génétique des deux espèces, qui partagent le même nombre de chromosomes. Attention au raccourci, largement répandu : un caryotype identique rend la fertilité possible, il ne la garantit pas. Chez les cétacés, la plupart des naissances hybrides observées en captivité se sont soldées par un décès dans les premiers mois.

Et en pleine mer ?

Jusqu'en 2017, on ne connaissait pratiquement que des cas de captivité, dans des bassins où des espèces qui ne se rencontrent jamais se retrouvent enfermées ensemble. Puis une équipe de la Cascadia Research Collective a échantillonné, au large de Kauai, un individu à l'allure inhabituelle. L'analyse génétique, publiée en 2018, a révélé un croisement entre un dauphin d'Électre (Peponocephala electra) et un sténo, ou dauphin à bec étroit (Steno bredanensis).

Les médias ont parlé d'une nouvelle espèce, à tort : il faudrait une population qui se reproduise entre elle et se distingue durablement des lignées parentes, ce que personne n'a observé. L'enseignement est ailleurs. L'hybridation se produit aussi en mer, et on est passé à côté tant qu'on ne faisait pas d'analyse ADN sur les animaux d'aspect inhabituel.

Le wholphin reste une curiosité de bassin, et il pose une question gênante sur la captivité : ces naissances arrivent parce que des espèces qui ne se croisent pas dans la nature partagent le même bassin pendant des années. Pour les espèces qu'on n'observe presque jamais, voyez notre sélection des dix animaux les plus rares au monde.

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