Partons à la découverte du monde magique des poissons rouges
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Un poisson rouge adulte mesure 20 à 30 cm, vit quinze ans ou plus et salit beaucoup d'eau. Avant la nourriture et le décor, c'est le volume du bac qui décide de tout le reste.
Le carassin doré (Carassius auratus) est le poisson d'ornement le plus répandu sur la planète. Il descend d'un carassin sauvage gris domestiqué en Chine il y a environ mille ans, sélectionné pour sa couleur, puis pour des formes de plus en plus éloignées de l'original. Reste que c'est un poisson de rivière qu'on a installé dans un salon, avec la taille adulte qui va avec, et la plupart des problèmes rencontrés par les propriétaires viennent de là.
Le bocal, c'est fini
Le bocal rond cumule tout ce qu'il ne faut pas : surface d'échange avec l'air minuscule, donc peu d'oxygène, volume trop faible pour diluer l'ammoniaque, aucune place pour un filtre, et des parois courbes qui déforment l'environnement visuel du poisson. Rome a interdit la vente de poissons en bocal dès 2005, et plusieurs pays ont suivi. Le poisson qui y meurt au bout de trois mois succombe à une intoxication lente, pas à la malchance.
Ce qui remplace le bocal n'est pas forcément cher. Un bac rectangulaire de 100 litres d'occasion, un filtre correctement dimensionné, un thermomètre et un test de nitrites suffisent. Le poste sur lequel il ne faut pas économiser, c'est le filtre.
Le cycle de l'azote, la partie que tout le monde saute
Un aquarium neuf n'est pas prêt à recevoir un poisson. Les déjections libèrent de l'ammoniaque, toxique dès les premières traces. Des bactéries la transforment en nitrites, toxiques aussi, puis en nitrates, nettement moins dangereux. Ces colonies bactériennes mettent trois à six semaines à s'installer dans les masses filtrantes. Mettre un poisson avant, c'est le faire vivre dans une eau qui le brûle, et c'est la cause numéro un des morts de la première semaine.
La méthode qui marche : monter le bac, planter, faire tourner le filtre, apporter une source d'ammoniaque (quelques flocons de nourriture, ou une eau de rinçage de masse filtrante prise dans un aquarium déjà en route), et tester jusqu'à lire zéro ammoniaque et zéro nitrite. Les bandelettes de test coûtent une quinzaine d'euros et vous épargnent des semaines de tâtonnement.
Un poisson d'eau froide, et il faut le prendre au mot
Le poisson rouge n'a pas besoin de chauffage. Il est à son aise entre 18 et 22 °C et supporte sans difficulté des eaux plus fraîches. Chauffé à 26 °C comme un aquarium tropical, son métabolisme s'emballe, il mange plus, il pollue plus et il vieillit plus vite. C'est aussi pour cette raison qu'on ne le mélange pas avec des guppys ou des poissons-combattants : les besoins en température ne se rejoignent pas.
Le revers : l'eau froide contient plus d'oxygène dissous, mais un bac surpeuplé en manque quand même. Si vos poissons stationnent en surface et happent l'air le matin, ce n'est pas un caprice, c'est un signal. Augmentez le brassage de surface et allégez la population.
Nourrir moins, changer l'eau plus souvent
Le poisson rouge n'a pas d'estomac au sens strict : la nourriture traverse un intestin long, en continu. Il mange donc tant qu'on lui donne, sans signal de satiété fiable. Une portion avalée en une à deux minutes, une à deux fois par jour, suffit largement. Un jour de jeûne hebdomadaire ne fait de mal à personne et laisse le transit se vider.
Des granulés de qualité pour poissons de bassin constituent la base. On complète deux ou trois fois par semaine avec du vivant ou du congelé : daphnies, vers de vase, artémias. Un morceau de courgette ébouillantée ou un petit pois écossé, sans la peau, passe très bien aussi et aide le transit des variétés à corps rond, sujettes aux flottaisons de travers.
Côté entretien, oubliez le grand nettoyage complet : vider le bac et rincer le filtre à l'eau du robinet détruit les bactéries et relance un cycle depuis zéro. Le bon geste est un changement partiel, 20 à 30 % du volume chaque semaine, avec siphonnage du fond. Les masses filtrantes se rincent dans l'eau retirée du bac, jamais sous le robinet.
Lumière, décor et voisins
Une rampe LED allumée huit à dix heures par jour, en évitant le soleil direct qui fait verdir l'eau en trois jours d'été. Un cycle jour/nuit régulier, sur minuterie, vaut mieux qu'un éclairage allumé au gré des présences.
Le poisson rouge fouille le sol. Prévoyez un gravier à grains arrondis, assez gros pour ne pas se coincer dans la bouche, et des plantes solides : anubias, cryptocorynes, élodées. Les plantes tendres finiront mangées, ce qui n'est pas grave et fait même partie de son alimentation.
Un mot sur les chats, puisque la question revient toujours. Un chat qui plonge la patte dans un aquarium ouvert attrape rarement un poisson, mais il stresse le bac et risque de renverser le matériel. Un couvercle règle le problème, et il limite aussi les sauts, plus fréquents qu'on ne croit. Le sujet de la cohabitation chat-aquarium croise celui de la santé féline, que nous abordons dans notre article sur l'épidémie mortelle qui a frappé les chats à Rennes.
Longévité, taille, reproduction : les chiffres réels
- Espérance de vie : 10 à 20 ans en aquarium bien mené, souvent davantage en bassin. Le record homologué, un poisson britannique nommé Tish, dépasse 40 ans. Comme chez d'autres espèces à la longévité surprenante, dont certains papillons dont la durée de vie étonne, l'écart entre le potentiel et la réalité tient presque entièrement aux conditions de vie.
- Taille adulte : 15 à 20 cm pour les variétés fantaisie, 25 à 30 cm pour un commun ou une comète en bassin. Un poisson qui reste petit n'est pas une variété naine, c'est en général un poisson dont la croissance a été bloquée par un volume insuffisant.
- Poids : quelques dizaines de grammes pour un jeune sujet, mais un adulte bien nourri en bassin dépasse facilement les 150 à 200 g.
- Reproduction : au printemps, quand la température remonte. Les mâles développent de petits boutons blancs sur les opercules et poursuivent les femelles, qui dispersent leurs œufs sur les plantes. Éclosion en quatre à sept jours selon la température. Les adultes mangent les œufs et les alevins : il faut retirer le support de ponte dans un bac séparé si l'on veut en garder.
- Sexage : impossible avant un an, et difficile hors période de reproduction.
Un dernier point, rarement dit en animalerie. Le poisson rouge se soigne. Points blancs, nageoires effilochées, flottaison anormale : ces symptômes correspondent à des affections précises, et des vétérinaires prennent en charge les poissons d'ornement. N'ajoutez pas un traitement au hasard dans le bac, et surtout aucun médicament humain. Neuf fois sur dix, le premier test à faire est celui de l'eau, parce que c'est elle qui a changé avant le poisson.
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