Tout ce que vous devez savoir sur le poids idéal pour un Labrador
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Le Labrador est la race qui finit le plus souvent en surpoids dans les cabinets vétérinaires, et ce n'est pas seulement la faute des maîtres. Une mutation génétique fréquente dans la race dérègle chez lui la sensation de satiété. Savoir cela change la façon de gérer son poids : on ne compte pas sur son appétit pour s'autoréguler, on tient les comptes à sa place.
Un appétit qui ne s'arrête pas tout seul
Des travaux menés par l'université de Cambridge et publiés en 2016 dans Cell Metabolism ont identifié chez le Labrador une délétion du gène POMC, impliqué dans les signaux de faim et de rassasiement. Les chiens porteurs réclament davantage, cherchent la nourriture avec plus d'insistance et pèsent en moyenne plus lourd que les autres. La mutation est fréquente dans la race, et elle l'est encore plus chez les Labradors sélectionnés comme chiens d'assistance, ce qui n'a rien d'un hasard : un chien qui travaille pour de la nourriture apprend vite.
La conséquence pratique tient en une phrase : chez cette race, un chien qui a l'air affamé ne l'est pas forcément. Le regard appuyé devant la gamelle, la tournée systématique sous la table des enfants, le nez dans la poubelle, tout cela relève du câblage, pas d'un manque.
Les repères de poids, de la naissance à l'âge adulte
Ces valeurs encadrent une croissance normale. Elles ne sont pas des objectifs à atteindre : un chiot un peu en dessous de la fourchette, mais régulier sur sa courbe, se porte mieux qu'un chiot qui la dépasse.
| Âge | Mâle (en kg) | Femelle (en kg) |
| À la naissance | 0,4 à 0,6 | 0,4 à 0,6 |
| À 2 mois | 6 à 8 | 5 à 7 |
| À 3 mois | 10 à 12 | 8 à 10 |
| À 6 mois | 20 à 25 | 18 à 22 |
| À 1 an | 29 à 36 | 25 à 32 |
| À l'âge adulte | 29 à 36 | 25 à 32 |
Ce que le surpoids déclenche vraiment
Les kilos en trop ne se contentent pas d'alourdir la démarche. Le tissu adipeux est actif sur le plan hormonal et entretient une inflammation de fond. Chez le Labrador, trois conséquences reviennent en consultation.
Les articulations d'abord. La race est prédisposée à la dysplasie coxo-fémorale et à l'arthrose du coude, et la surcharge accélère la dégradation du cartilage. Un chien rond qui met du temps à se lever, qui boite après une longue sortie ou qui renonce à sauter dans le coffre présente des signes qui justifient un examen, pas une attente.
Le métabolisme ensuite, avec un risque accru de diabète sucré et de pancréatite, cette dernière souvent déclenchée par un repas très gras, un morceau de viande festive ou un fond de sauce. Le coeur et la respiration enfin : un chien obèse récupère mal à l'effort et supporte mal la chaleur, ce qui devient dangereux en été.
Faire maigrir un Labrador sans l'affamer
La perte de poids raisonnable tourne autour de 1 à 2 % du poids corporel par semaine. Plus vite, on perd du muscle. C'est votre vétérinaire qui fixe l'objectif et la ration, après avoir pesé le chien et noté son état corporel, et souvent après un bilan sanguin : une prise de poids sans excès alimentaire peut cacher une hypothyroïdie, fréquente chez le Labrador d'âge moyen.
Quelques leviers changent les choses au quotidien. Pesez les croquettes au lieu de les doser au verre. Sortez les friandises de la ration du jour au lieu de les ajouter. Remplacez une part du volume par des légumes adaptés, courgette ou haricot vert cuits sans sel, si votre vétérinaire valide. Servez dans une gamelle anti-glouton ou dans un distributeur à faire rouler, le repas dure alors dix minutes au lieu de quarante secondes et le chien réclame moins ensuite.
L'activité, adaptée au chien qu'on a
Un Labrador adulte en forme supporte une à deux heures d'activité quotidienne, rapport d'objet et nage compris. Un chien déjà lourd, arthrosique ou âgé, non. Pour lui, on fractionne en sorties courtes, on privilégie les sols souples et la natation, qui fait travailler la masse musculaire sans percuter les articulations. La nage reste l'exercice le plus rentable pour la race, ce qui tombe bien pour un retriever conçu pour rapporter à l'eau.
Repesez tous les mois, toujours dans les mêmes conditions, et gardez la trace. Une variation lente se corrige avec deux cuillères en moins. Une perte de poids rapide non voulue, une soif inhabituelle, un ventre qui gonfle pendant que le reste s'amincit relèvent en revanche d'une consultation sans délai.
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