Découvrez le lapin géant : l'animal le plus imposant de son espèce !

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Sommaire4 sections
  1. 01Un lapin belge élevé pour la boucherie, devenu animal de salon
  2. 02Le foin d'abord, et surtout pas de céréales
  3. 03Les ennuis de santé propres aux gros gabarits
  4. 04Le porter, le loger, le laisser tranquille

Un géant des Flandres adulte pèse le poids d'un chat de forte taille multiplié par deux, vit cinq à huit ans là où un lapin nain en tient dix à douze, et réclame au minimum deux mètres carrés au sol. Avant de craquer sur la photo, mieux vaut regarder ces trois chiffres en face : ils décident de tout le reste.

Lapin géant des Flandres gris couché, oreilles dressées, à côté de foin

Le lapin géant n'est pas un lapin nain agrandi. C'est un animal de sept kilos qui se déplace comme un petit chien, qui saute sur un canapé, qui renverse une gamelle d'un coup de patte, et dont les articulations supportent une masse pour laquelle l'espèce n'a pas été taillée au départ. Les éleveurs sérieux le disent sans détour : c'est une race attachante et exigeante, pas un animal de première adoption.

Un lapin belge élevé pour la boucherie, devenu animal de salon

La race s'est fixée dans la région de Gand au 19e siècle, à partir de lapins de garenne locaux sélectionnés sur la masse. L'objectif était alimentaire : produire beaucoup de viande par portée. La conversion en animal de compagnie est bien plus tardive, et elle explique un décalage qu'on oublie souvent. Un animal sélectionné pendant cent cinquante ans sur le gabarit n'a pas été sélectionné sur la longévité ni sur la solidité du squelette.

Premier point de vocabulaire, parce qu'il traîne partout : le lapin n'est pas un rongeur. C'est un lagomorphe. La différence n'est pas cosmétique, elle porte sur la denture (deux paires d'incisives supérieures au lieu d'une) et sur un appareil digestif qui fonctionne autrement. Les conseils alimentaires qu'on lit pour les hamsters ne s'appliquent pas ici.

Le foin d'abord, et surtout pas de céréales

On lit encore que le géant des Flandres apprécie l'orge et l'avoine. C'est un mauvais conseil, hérité de l'élevage de rente où l'on cherchait à engraisser vite. L'amidon des céréales déséquilibre la flore du caecum et favorise la stase digestive, qui est la première cause de mortalité chez le lapin de compagnie.

La quantité de foin surprend les nouveaux propriétaires. Un lapin de sept kilos consomme en une journée ce qu'un nain consomme en trois. Le budget litière et fourrage suit la même courbe, et c'est souvent lui qui pose problème au bout de six mois, pas le prix d'achat de l'animal.

Les ennuis de santé propres aux gros gabarits

La pododermatite arrive en tête. Sous le talon du lapin, il n'y a pas de coussinet : juste de la peau protégée par des poils. Chez un animal lourd, posé toute la journée sur un sol dur ou sur un grillage, la peau s'use, rougit, puis s'ulcère. Un tapis épais, un plancher plein et une litière propre changent tout, et un talon dégarni ou rosé se montre au vétérinaire sans attendre qu'il saigne.

Viennent ensuite l'arthrose précoce, les problèmes de dos chez les animaux mal portés, et l'obésité, qui chez un géant devient vite invisible sous le volume. Les parasitoses classiques du lapin restent d'actualité : gale des oreilles, coccidiose chez les jeunes. La vaccination contre la myxomatose et la maladie hémorragique virale se discute avec le vétérinaire, y compris pour un lapin d'intérieur, parce que les moustiques entrent par les fenêtres.

Le porter, le loger, le laisser tranquille

Un géant mal saisi se débat, et un coup de rein à sept kilos peut lui fracturer une vertèbre lombaire. On le soulève toujours avec une main sous le poitrail et l'autre soutenant l'arrière-train, contre soi, jamais par les oreilles ni par la peau du dos. Beaucoup de ces lapins détestent franchement être portés et préfèrent le contact au sol : ce n'est pas de la froideur, c'est une proie qui n'aime pas perdre le contact avec le plancher.

Côté logement, les cages du commerce sont presque toutes trop petites. Un enclos de deux mètres carrés minimum, ouvert sur une pièce sécurisée plusieurs heures par jour, correspond mieux à un animal de cette taille. Câbles hors de portée, plinthes protégées, plantes vertes écartées : un géant atteint des étagères qu'un nain ne verra jamais.

Reste ce qui fait la réputation de la race, et qui n'est pas volé : ces lapins sont calmes, curieux, facilement propres, et ils reconnaissent parfaitement la personne qui s'occupe d'eux. Beaucoup viennent se coucher contre une jambe et y restent. Le plaisir est réel. Il se paie en mètres carrés, en foin et en vigilance, ce qui est un prix honnête quand on le connaît d'avance.

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