Découvrez les quatre animaux insolites particulièrement dangereux présents en France

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Sommaire6 sections
  1. 01Classer le risque avant de classer les bêtes
  2. 02La tique, le vrai risque statistique
  3. 03Les vipères : quatre espèces, une seule vraiment répandue
  4. 04Le fer de lance commun, en Guyane
  5. 05Le poisson-pierre, l'accident du pied nu
  6. 06Ce qu'il faut retenir avant de partir marcher

En France, l'animal qui envoie le plus de monde chez le médecin ne mesure pas deux mètres et ne siffle pas : il fait quatre millimètres et s'accroche à un mollet au bord d'un chemin. Les quatre espèces réunies ici sont réellement dangereuses, mais pas du tout à la même fréquence, et c'est ce décalage qui mérite d'être expliqué.

Classer le risque avant de classer les bêtes

Sentier forestier en France, milieu où l'on croise vipères et tiques

Un animal dangereux, c'est deux choses : la gravité de ce qu'il peut provoquer, et la probabilité que vous le croisiez. Le poisson-pierre gagne haut la main sur le premier critère et perd sur le second, sauf si vous vivez à La Réunion ou en Nouvelle-Calédonie. La tique fait l'inverse. Un promeneur de Sologne ou des Vosges a mille fois plus de chances de rentrer avec une tique plantée derrière le genou qu'avec une morsure de serpent.

La tique, le vrai risque statistique

On compte une quarantaine d'espèces de tiques en France, mais une seule fait l'essentiel du travail en métropole : Ixodes ricinus, la tique du mouton. Trois à six millimètres à jeun, corps ovale, un rostre denté qu'elle plante dans la peau et qu'elle cimente avec sa salive. Elle ne saute pas et ne tombe pas des arbres. Elle attend en haut d'un brin d'herbe, pattes avant tendues, et s'accroche au passage.

Le danger n'est pas la piqûre, c'est ce qu'elle transporte : la bactérie Borrelia responsable de la maladie de Lyme, et dans l'est de la France le virus de l'encéphalite à tiques, contre lequel un vaccin existe. Le délai compte énormément. Plus la tique reste accrochée longtemps, plus le risque de transmission monte, ce qui fait de l'inspection du soir le geste le plus rentable de toute cette liste.

Les vipères : quatre espèces, une seule vraiment répandue

La métropole abrite quatre vipères : l'aspic, la péliade, la vipère de Séoane dans l'extrême sud-ouest et la vipère d'Orsini, cantonnée à quelques massifs du sud-est et strictement protégée. La vipère aspic est celle qu'on croise le plus au sud de la Loire et celle qui mord le plus souvent.

Elle se reconnaît de loin : corps épais et court, tête triangulaire nettement détachée du cou, museau retroussé, pupille verticale en fente. La couleuvre, elle, a une pupille ronde et une silhouette élancée. L'aspic mesure en général 50 à 70 cm, exceptionnellement 90. Elle aime les pierriers exposés au sud, les lisières sèches, les vieux murs.

Une vipère ne charge pas. Elle mord quand on lui marche dessus ou quand on met la main dans son abri. Jusqu'à la moitié des morsures sont d'ailleurs des morsures blanches, sans injection de venin.

Le fer de lance commun, en Guyane

Le Bothrops atrox, appelé grage en Guyane, appartient à la famille des vipéridés et dépasse parfois deux mètres. Sa tête en pointe de lance lui a donné son nom. Il chasse au sol, grimpe à l'occasion, nage sans difficulté, et fréquente volontiers les abattis, les bananeraies et les abords des habitations, là où les rongeurs abondent.

Son venin attaque les tissus et la coagulation : gonflement massif, nécrose possible, saignements. L'antivenin est disponible au centre hospitalier de Cayenne. Les décès restent très rares, de l'ordre de quelques cas en vingt ans, et ils concernent presque toujours des prises en charge tardives depuis des communes isolées du fleuve.

Le poisson-pierre, l'accident du pied nu

Le poisson-pierre compte parmi les poissons les plus venimeux connus. Il vit dans les lagons de La Réunion, de Mayotte, de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie, mesure 30 à 40 cm et se confond avec un caillou couvert d'algues. Il ne fuit pas à l'approche : il reste immobile, à demi enfoui.

Ses treize épines dorsales sont reliées à des glandes à venin. Le poids d'un pied suffit à les enfoncer. La douleur est décrite comme l'une des pires en médecine, avec malaise, vomissements et parfois détresse respiratoire. Le venin est thermolabile : plonger la zone touchée dans l'eau chaude supportable, autour de 45 degrés, casse une partie des toxines en attendant les secours, qu'il faut appeler dans tous les cas.

Ce qu'il faut retenir avant de partir marcher

Des quatre, trois se règlent par l'équipement et l'attention : chaussures montantes et pantalon en garrigue, inspection de la peau au retour d'une sortie en forêt, chaussons dans le lagon. Aucune de ces espèces ne vous cherche, toutes se défendent. Regarder où l'on pose la main et le pied, puis vérifier ses jambes le soir, couvre l'essentiel du risque.

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