Chat sauvage d’Afrique ou Chat ganté, : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

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Sommaire5 sections
  1. 01Un félin qu'on confondrait avec un chat de gouttière
  2. 02Solitaire, nocturne, et très peu enclin à la compagnie
  3. 03Sept mille ans de cohabitation, pas d'apprivoisement forcé
  4. 04Une espèce solide, menacée par l'hybridation
  5. 05Un régime de petit prédateur opportuniste

Le chat qui dort sur votre canapé descend d'un petit félin des savanes africaines qui n'a presque pas changé depuis dix mille ans. Le chat ganté explique une bonne partie de ce que fait votre animal : ses horaires, son rapport au territoire, sa façon de chasser ce qui bouge et d'ignorer le reste.

Un félin qu'on confondrait avec un chat de gouttière

Chat ganté au pelage sable rayé, dans la savane sèche

Vu de loin, le chat ganté (Felis lybica) ressemble à un tabby un peu haut sur pattes. C'est justement ce qui trompe : dans plusieurs régions d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, les biologistes ont du mal à distinguer un individu sauvage d'un hybride, tant les deux formes se ressemblent.

Le corps mesure 40 à 70 cm, la queue ajoute une trentaine de centimètres, fine et terminée par deux ou trois anneaux sombres. Le poids adulte tourne autour de 3 à 6 kg. La robe va du sable au gris, parfois marron jaune, avec des rayures discrètes qui se voient surtout sur les pattes. Deux détails permettent de trancher : l'arrière des oreilles, d'un roux orangé franc, et les coussinets noirs qui ont valu au félin son nom de chat ganté. Les pattes postérieures sont longues, ce qui donne une allure haute, presque chaloupée, quand l'animal marche.

Solitaire, nocturne, et très peu enclin à la compagnie

Le chat ganté vit seul, chasse la nuit et se cache le jour dans un terrier abandonné, un creux de rocher ou un fourré dense. Son ouïe repère un humain bien avant que celui-ci ne le voie, et sa réaction est toujours la même : il s'en va. Les mâles patrouillent un territoire qui recouvre celui de plusieurs femelles, et la surface dépend directement de la densité de rongeurs, de quelques centaines d'hectares en zone riche à plusieurs milliers en semi-désert.

Un chaton capturé jeune peut s'habituer à une présence humaine, et c'est exactement ce qui s'est produit au Néolithique. Mais la tolérance n'est pas l'attachement : à la maturité sexuelle, vers six à dix mois, un chat ganté élevé à la main redevient largement ingérable. Ce n'est pas un animal de compagnie, et sa détention est encadrée par la réglementation sur la faune sauvage.

Sept mille ans de cohabitation, pas d'apprivoisement forcé

La domestication du chat ne ressemble pas à celle du chien. Personne n'a capturé de chats gantés pour les dresser : ce sont eux qui sont venus. Quand les premières communautés du Croissant fertile ont stocké des céréales, vers 8000 avant notre ère, elles ont créé un garde-manger à souris, donc une ressource pour un petit prédateur. Les individus les moins craintifs en ont profité. Les archéologues parlent d'une espèce commensale, installée dans le sillage de l'agriculture.

La sépulture de Shillourokambos, à Chypre, datée d'environ 7500 avant notre ère, contient un humain et un chat enterrés ensemble : l'île n'ayant aucun félin indigène, l'animal y a forcément été transporté par bateau. En Égypte, quelques millénaires plus tard, le chat est installé dans les maisons, les greniers et à bord des navires marchands, ce qui a servi sa diffusion mieux que n'importe quel élevage.

Ce sont les chats déjà domestiques qui ont gagné l'Europe avec les échanges romains, il y a environ deux mille ans, et qui s'y sont croisés avec le chat sauvage d'Europe (Felis silvestris silvestris), une sous-espèce distincte, plus trapue et à queue épaisse.

Une espèce solide, menacée par l'hybridation

Le chat ganté supporte des milieux que peu de félins tolèrent : savanes, steppes, zones rocheuses, marges désertiques. Il évite seulement la forêt tropicale humide et les hautes altitudes enneigées. Il tire une bonne partie de son eau de ses proies, comme beaucoup de prédateurs de zone sèche.

L'espèce est classée en préoccupation mineure par l'UICN et figure à l'annexe II de la CITES, la convention de Washington. Sa menace principale n'est ni la chasse ni la route : c'est le croisement avec les chats domestiques errants autour des villages, qui dilue progressivement le patrimoine génétique des populations sauvages. En Afrique du Sud comme en Écosse, où le problème se pose pour le cousin européen, la stérilisation des chats des fermes est la mesure la plus efficace testée jusqu'ici. L'espérance de vie dépasse quinze ans en captivité, mais elle est bien plus courte dans la nature.

Un régime de petit prédateur opportuniste

Les rongeurs représentent l'essentiel des prises, gerbilles, rats et souris en tête. Le reste dépend de ce qui passe.

  • Petits rongeurs : gerbilles, souris, rats des sables
  • Jeunes lièvres et lapereaux, qui ne sont pas des rongeurs mais des lagomorphes
  • Oiseaux au sol, tisserins et colombes notamment
  • Insectes et arachnides, y compris scorpions
  • Reptiles, dont de jeunes serpents

La technique est celle de tous les félins de cette taille : longue approche à ras du sol, immobilité, puis bond court. Un chat ganté peut passer une heure devant une galerie. En cas de disette, il se rabat sans état d'âme sur une charogne. C'est la même mécanique qui pousse votre chat à guetter un point fixe du parquet pendant dix minutes, puis à bondir sur rien du tout.

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