Démystifier les idées reçues sur les chats : découvrez la vérité sur ces adorables compagnons !
Sommaire6 sections
- 01« Les chats ne s'attachent pas » : faux, et c'est documenté
- 02« On ne dresse pas un chat » : à moitié faux
- 03« Tous les chats détestent l'eau » : faux, mais la plupart ont une bonne raison
- 04« Il retombe toujours sur ses pattes » : le réflexe existe, la protection non
- 05« Il vous apporte une souris par amour » : personne n'en sait rien
- 06« Le ronronnement veut dire qu'il est heureux » : pas seulement
Le chat indifférent à son humain est une idée fausse, et une étude publiée en 2019 l'a mesurée : près de deux tiers des chatons testés montrent un attachement du même type que celui observé chez les bébés. Les autres croyances ne résistent pas toutes aussi bien.
« Les chats ne s'attachent pas » : faux, et c'est documenté
L'équipe de Kristyn Vitale, à l'université d'État de l'Oregon, a repris le protocole de la situation étrange utilisé depuis les années 1970 pour évaluer l'attachement chez le nourrisson. Le chaton est laissé avec son humain dans une pièce inconnue, celui-ci sort, puis revient. Ce que fait l'animal au retour est ce qui compte. Résultat publié dans Current Biology : environ 64 % des chatons présentent un attachement sécure, une proportion très proche de celle relevée chez les enfants et chez les chiens.
Le malentendu vient du répertoire de signaux. Le chien saute, aboie, remue la queue, tout se lit en une seconde. Le chat se frotte la tête contre un mollet, cligne lentement des yeux, dort à portée de main sans se coller. Le clignement lent a d'ailleurs été testé à l'université de Sussex en 2020 : les chats répondent davantage aux humains qui le leur adressent.
« On ne dresse pas un chat » : à moitié faux
Un chat apprend, et vite, par renforcement positif. Le clicker fonctionne sur lui comme sur un chien : un son bref associé à une friandise, puis une association entre ce son et le comportement attendu. Monter sur un tapis, entrer seul dans la caisse de transport, tolérer un brossage s'obtiennent en quelques jours.
La demi-vérité tient à la motivation. Le chien travaille aussi pour l'interaction sociale, le chat travaille surtout pour la récompense alimentaire, et il décroche dès qu'il est rassasié. D'où la règle des séances courtes, deux à cinq minutes, plusieurs fois par jour, avant le repas. La punition ne produit rien d'utile : elle associe votre présence au désagrément et abîme la relation sans corriger le comportement.
« Tous les chats détestent l'eau » : faux, mais la plupart ont une bonne raison
Le pelage d'un chat commun s'imbibe et met longtemps à sécher, ce qui le refroidit et l'alourdit, donc le ralentit. Sa méfiance relève du calcul plutôt que de la phobie.
Deux races font exception, et l'occasion est bonne de corriger une erreur qui circule beaucoup. Le Bengal descend de croisements entre chats domestiques et chat-léopard du Bengale, un petit félin sauvage asiatique appelé Prionailurus bengalensis, et non du léopard. Le Turc de Van, originaire de la région du lac de Van, doit son surnom de chat nageur à un goût réel pour l'eau et à un pelage semi-long sans sous-poil épais, qui sèche vite. Maine Coon et Turc angora comptent aussi parmi les races qui jouent volontiers avec un robinet.
« Il retombe toujours sur ses pattes » : le réflexe existe, la protection non
Le réflexe de redressement est bien réel. Un chat qui tombe se retourne en vol en un tiers de seconde environ, grâce à un appareil vestibulaire précis et à une colonne très souple. Au-delà d'un peu plus d'un mètre de chute, il atterrit presque toujours sur ses quatre pattes.
Cela ne le protège pas. Les urgentistes vétérinaires parlent de syndrome du chat parachutiste pour désigner les fractures et les traumatismes thoraciques observés après une chute de fenêtre ou de balcon, et une série new-yorkaise publiée en 1987 sur 132 chats tombés en ville avait relevé des lésions particulièrement sévères aux deuxième et troisième étages. Les filets de balcon et les moustiquaires renforcées règlent la question.
« Il vous apporte une souris par amour » : personne n'en sait rien
C'est l'interprétation la plus répandue, et elle est invérifiable. Ce que l'on observe, c'est qu'un chat rapporte sa proie dans un endroit qu'il juge sûr avant de la manger, de la jouer ou de l'abandonner. Votre maison est cet endroit. Y voir une intention pédagogique ou un geste affectueux relève de la projection.
Le sujet dépasse l'anecdote, puisque la prédation des chats domestiques sur les oiseaux et les petits mammifères est documentée par les ornithologues. Deux mesures réduisent les prises : garder le chat à l'intérieur au lever du jour et à la tombée de la nuit, et lui offrir des séances quotidiennes de canne à plumes suivies d'une distribution de croquettes, pour boucler la séquence chasse et repas.
« Le ronronnement veut dire qu'il est heureux » : pas seulement
Un chat ronronne aussi sur la table d'examen, chez le vétérinaire, en fin de vie. Le ronronnement accompagne le contentement, mais il apparaît également dans les situations de stress ou de douleur, où il semble jouer un rôle d'apaisement. Ne concluez donc jamais que tout va bien sur ce seul indice.
Lisez plutôt la posture d'ensemble. Oreilles pivotées vers l'arrière, pupilles dilatées en pleine lumière, corps ramassé, queue plaquée, respiration rapide : ce faisceau indique un chat mal à l'aise, qu'il ronronne ou non. Un chat qui se cache deux jours sous un lit, cesse de manger ou change de lieu de miction mérite un appel à la clinique plutôt qu'une interprétation maison.
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