Devon Rex, : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

découvrez tout sur le devon rex : son apparence, son caractère, son histoire, sa santé et ses besoins alimentaires.
Sommaire5 sections
  1. 01Un pelage qui n'est pas un pelage ordinaire
  2. 02Les oreilles, le poste d'entretien numéro un
  3. 03Ce qu'il faut demander à l'éleveur
  4. 04Un chat qui ne supporte pas la maison vide
  5. 05Alimentation : des repas fractionnés et une eau qui bouge

Le Devon Rex est un chat qui se choisit en connaissance de cause : il pèse deux à quatre kilos, réclame de la présence toute la journée, supporte mal le froid à cause d'un pelage presque sans poils de garde, et traîne derrière lui deux maladies héréditaires dépistables chez l'éleveur. Son allure de lutin aux grandes oreilles est la partie facile.

La race est apparue en 1960 dans le Devon, en Angleterre. Beryl Cox remarque près d'une ancienne mine d'étain un matou au poil frisé, qu'elle ne parvient pas à approcher. Une chatte errante qu'elle nourrit met bas peu après une portée dont sort un chaton bouclé, Kirlee. Tous les Devon Rex vivants descendent de lui. Les premiers croisements avec le Cornish Rex, l'autre chat frisé anglais découvert dix ans plus tôt, ne donnent que des chatons au poil lisse : la preuve que deux gènes récessifs distincts sont en jeu, et non le même. La race est reconnue en Grande Bretagne à la fin des années 1960.

Un pelage qui n'est pas un pelage ordinaire

Un Devon Rex au poil bouclé, grandes oreilles et yeux ronds, assis de face

Le poil du Devon Rex est court, ondulé, souvent clairsemé, et composé en majorité de sous poil. Les poils de garde, ceux qui font la couverture imperméable d'un chat ordinaire, sont fins et peu nombreux, parfois absents sur le ventre, le cou et derrière les oreilles. Certains sujets présentent des zones franchement dégarnies, ce qui est une variation normale chez cette race, pas une maladie de peau, tant qu'il n'y a ni rougeur ni démangeaison.

Sur l'allergie, soyons clairs : un Devon Rex n'est pas hypoallergénique. L'allergène en cause est une protéine de la salive et des sécrétions cutanées, la Fel d 1, pas le poil. Ce que la race change, c'est la quantité de poils qui volent et se déposent partout, donc la dispersion de cet allergène dans le logement. Certaines personnes allergiques le tolèrent mieux, beaucoup pas du tout. La seule méthode fiable est de passer plusieurs heures chez un éleveur avant de s'engager.

Le brossage est presque contre indiqué au sens classique. Une brosse dure arrache les boucles et abîme le poil. On se contente d'un passage de main humide ou d'un gant en microfibre une fois par semaine. La peau, elle, produit du sébum qui n'est pas absorbé par une fourrure épaisse : des dépôts gras peuvent s'accumuler entre les doigts, sous le menton et dans les plis. Un nettoyage doux régulier suffit dans la plupart des cas.

Les oreilles, le poste d'entretien numéro un

Les grandes oreilles du Devon Rex sont largement dégarnies à l'intérieur et produisent beaucoup de cérumen, souvent brun et gras. Un contrôle hebdomadaire est la bonne fréquence, avec une solution auriculaire adaptée aux chats et une compresse, jamais de coton tige enfoncé dans le conduit. Si le cérumen redevient abondant en deux jours, si l'oreille sent mauvais, si le chat secoue la tête ou se gratte, il faut consulter : une otite et une gale d'oreille ne se traitent pas de la même façon et seul un vétérinaire peut faire la différence en regardant au microscope.

Ce qu'il faut demander à l'éleveur

Deux affections héréditaires concernent la race et se dépistent.

  • La cardiomyopathie hypertrophique, épaississement du muscle cardiaque qui peut rester muet longtemps puis se déclarer brutalement. Le dépistage se fait par échocardiographie réalisée par un vétérinaire cardiologue, répétée dans le temps sur les reproducteurs.
  • La myopathie congénitale du Devon Rex, aussi appelée spasticité, qui se manifeste chez le chaton par une faiblesse musculaire, une tête basse et des difficultés à déglutir. Un test génétique existe et permet d'identifier les porteurs.

La luxation de la rotule est également signalée. Un éleveur sérieux vous montre les résultats sans que vous ayez à insister, et ne cède pas un chaton avant huit à douze semaines. Si on esquive la question du dépistage cardiaque, allez voir ailleurs.

Un chat qui ne supporte pas la maison vide

On compare souvent le Devon Rex à un chien, et pour une fois la comparaison n'est pas creuse : il suit, il rapporte, il apprend des signaux, il s'installe sur une épaule pendant que vous travaillez et il proteste quand la porte de la salle de bain se ferme. Il s'entend bien avec les enfants qui savent respecter un animal, et avec les autres chats.

Le corollaire est moins vendeur. Un Devon Rex laissé seul dix heures par jour, cinq jours par semaine, s'ennuie et le fait savoir : miaulements, toilettage excessif, bêtises répétées. Si le logement est vide toute la journée, prenez en deux, ou prenez une autre race. C'est le conseil le plus utile qu'on puisse donner sur cette race, et celui qu'on lit le moins.

Alimentation : des repas fractionnés et une eau qui bouge

Petit format, métabolisme actif, ce chat mange souvent et peu à la fois. Trois à quatre portions par jour, pesées à la ration quotidienne indiquée sur le paquet et ajustées au poids réel, valent mieux qu'une gamelle remplie en libre service : la race prend de l'embonpoint plus vite qu'on ne croit sous un pelage qui masque les rondeurs. Pesez votre chat une fois par mois sur un pèse personne, vous verrez la dérive avant qu'elle ne s'installe.

L'eau se place à distance de la nourriture, dans un bol large qui ne touche pas les vibrisses. Une fontaine augmente nettement la consommation chez beaucoup de chats, ce qui aide à diluer les urines. Sur le plan dentaire, une précision s'impose : contrairement à ce qu'on lit partout, la croquette ordinaire n'a qu'un effet très limité sur le tartre et ne prévient ni la gingivite ni les résorptions dentaires. Seules certaines formules dites dentaires, à texture et taille spécifiques, ont un effet mesuré. Le reste passe par le brossage, introduit tôt et doucement, et par un contrôle de la bouche chez le vétérinaire une fois par an.

Ne donnez jamais d'aliment pour chien à un chat : il ne contient pas assez de taurine, acide aminé que le chat ne sait pas synthétiser et dont la carence abîme le coeur et la rétine. Et gardez hors de portée les toxiques classiques du foyer : chocolat, oignon et ail sous toutes leurs formes, raisin frais ou sec, et les lys, dont toutes les parties, pollen compris, provoquent une insuffisance rénale aiguë chez le chat. Un chat qui a mordillé un bouquet de lys est une urgence vétérinaire immédiate, avant même l'apparition du moindre symptôme.

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