Guide complet pour prendre soin de votre poisson d'eau douce

les meilleures pratiques pour maintenir votre aquarium et créer un environnement propice à la prospérité de vos poissons d'eau douce.
Sommaire7 sections
  1. 01Le cycle de l'azote, expliqué une bonne fois
  2. 02Le volume se choisit avant l'espèce, jamais l'inverse
  3. 03Quatre paramètres à suivre, pas quinze
  4. 04Nourrir moins que ce qu'on croit
  5. 05Ce qui doit vous alerter
  6. 06Quarantaine et cohabitation
  7. 07La routine, une fois le bac lancé

Un aquarium d'eau douce se joue dans son premier mois, avant l'arrivée du moindre poisson. Le bac tourne à vide, les bactéries s'installent, et c'est ce délai que la plupart des débutants sautent.

La scène est connue de tous les vendeurs en animalerie. On achète un bac de 30 litres le samedi et on repart le lendemain avec six poissons. Dix jours plus tard l'eau est trouble et un poisson reste collé en surface. Le problème n'était pas la maladie : le bac n'avait pas fini de se mettre en route.

Le cycle de l'azote, expliqué une bonne fois

Les poissons excrètent de l'ammoniaque en permanence, et les restes de nourriture qui pourrissent au fond en produisent aussi. Dans un bac installé, deux familles de bactéries logées dans la mousse du filtre prennent le relais : les premières convertissent l'ammoniaque en nitrites, presque aussi toxiques, les secondes transforment ces nitrites en nitrates, bien moins dangereux et évacués par les changements d'eau.

Ces bactéries se cultivent. On lance le bac avec une source d'azote, quelques granulés qui se décomposent, puis on teste tous les deux jours. Le pic de nitrites arrive vers la deuxième ou troisième semaine, puis retombe. Quand ammoniaque et nitrites lisent zéro en 24 heures alors que les nitrates montent, le filtre travaille. Là seulement on introduit deux ou trois poissons.

Le volume se choisit avant l'espèce, jamais l'inverse

La règle du « 40 litres pour le premier poisson, 20 de plus par poisson suivant » circule beaucoup et ne veut pas dire grand-chose : un guppy de 4 cm et un poisson rouge de 25 cm n'ont pas la même demande. Raisonnez par espèce.

  • Poisson rouge : il atteint 20 à 30 cm et vit souvent plus de quinze ans. Comptez 100 litres pour un sujet ; le boule sans filtration est une maltraitance lente.
  • Guppys, platys, néons : des poissons de banc, à maintenir par groupes de 8 à 10. Un bac de 60 à 80 litres est un plancher réaliste.
  • Betta mâle : 15 à 20 litres chauffés et filtrés au minimum, seul, jamais avec un autre mâle.
  • Corydoras : à six au moins, sur un sable fin. Le gravier coupant leur abîme les barbillons.

Un grand volume pardonne plus qu'un petit : la même erreur de nourrissage se dilue dans 120 litres et empoisonne dans 20.

Quatre paramètres à suivre, pas quinze

Poisson rouge nageant dans un aquarium planté et éclairé

L'eau du robinet contient du chlore ou des chloramines, qui détruisent les bactéries du filtre autant que les branchies. Un conditionneur neutralise les deux au remplissage. Ensuite, quatre mesures suffisent : ammoniaque, nitrites, nitrates, pH. Les tests en gouttes sont plus fiables que les bandelettes et reviennent moins cher à l'usage.

Un point sur lequel beaucoup se trompent : on ne rince jamais la mousse du filtre sous le robinet. Le chlore tue la colonie en quelques secondes. On la presse dans un seau d'eau retirée lors du changement, puis on la remet en place, et on ne remplace jamais toutes les masses filtrantes le même jour.

Nourrir moins que ce qu'on croit

La suralimentation reste la cause la plus fréquente de pollution en aquarium domestique. Un poisson adulte se contente de ce qu'il avale en une à deux minutes, une fois par jour, et un jour de jeûne hebdomadaire ne lui fait aucun mal. Alternez granulés de qualité, paillettes et aliments congelés type artémias. Une boîte ouverte perd ses vitamines en quelques mois : achetez petit.

Ce qui doit vous alerter

Observez le bac cinq minutes par jour, au nourrissage. Un poisson qui se frotte contre le décor, qui happe l'air en surface, qui garde les nageoires serrées, des points blancs façon grains de sel, des écailles hérissées en pomme de pin : ce sont des signaux, pas des diagnostics. Le premier réflexe est de tester l'eau, pas d'acheter un traitement au hasard. Une bonne part des « maladies » en aquarium sont des empoisonnements aux nitrites ou un choc de température.

Quarantaine et cohabitation

Tout nouveau poisson passe deux à trois semaines dans un bac séparé. C'est contraignant, et c'est ce qui évite d'introduire la maladie des points blancs dans une population installée depuis deux ans. Sur la cohabitation, renseignez-vous espèce par espèce avant l'achat : un scalaire adulte finit par manger un néon, et deux mâles territoriaux dans 60 litres ne se partagent pas le territoire.

La routine, une fois le bac lancé

Chaque semaine : changement d'eau partiel, siphonnage du sol, test des nitrates. Chaque mois : rinçage d'une partie des masses filtrantes dans l'eau du bac, vérification du chauffage, taille des plantes. L'éclairage tourne 8 à 10 heures par jour, avec une minuterie ; au-delà on nourrit surtout les algues. Notre article sur les cinq étapes d'un aquarium réussi reprend la séquence de démarrage, et la fiche consacrée au poisson rouge détaille le cas de l'espèce la plus maltraitée du rayon.

Un aquarium bien lancé demande vingt minutes par semaine. Un aquarium lancé dans la précipitation en demande vingt par jour, et coûte des poissons.

Résumer cet article avec :

Partager :

poisson