Identifier les excréments de fouine : guide pratique
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Des crottes noires, torsadées, déposées bien en vue sur une poutre ou au milieu de l'isolant du grenier : c'est la signature de la fouine, et elle se distingue de celles du rat, du chat ou du loir en trois critères observables sans matériel.
La question se pose presque toujours dans le même contexte. Quelqu'un entend courir au-dessus du plafond vers 23 heures, monte voir, et trouve des déjections. Savoir à qui elles appartiennent décide de la suite : une fouine se traite par la fermeture des accès, un rat par une autre approche, un loir par une troisième. Se tromper d'occupant fait perdre une saison entière.
Les trois critères qui suffisent
Le premier critère est la forme. Une crotte de fouine est allongée, tordue sur elle-même comme une cordelette, et se termine en pointe effilée à une extrémité au moins. Cette pointe vient des poils de proie qui s'agglomèrent. Aucun rongeur ne produit cela.
Le deuxième est la taille. Comptez 8 à 10 centimètres de long pour 1 à 1,5 centimètre de diamètre. C'est long et fin. Un crayon, pas un bouchon.
Le troisième est le contenu, visible à l'oeil nu quand la crotte est sèche. On y trouve des poils, des fragments de plume, des débris d'élytres de coléoptères l'été, et surtout des noyaux ou des pépins entiers en fin d'été : la fouine mange des cerises, des prunes, du raisin. Une crotte pleine de pépins non digérés en août est un indice difficile à confondre.
Cette dernière habitude mérite d'être connue. La fouine marque son territoire et revient déposer ses crottes au même poste, ce qui crée des tas, les latrines. Trouver une latrine au même endroit après plusieurs semaines signifie que l'animal fréquente toujours les lieux.
Ne pas confondre avec les autres locataires du grenier
| Animal | Ce qu'on trouve |
| Fouine | 8 à 10 cm, torsadée et pointue, poils et noyaux visibles, odeur forte, regroupée en latrines |
| Rat surmulot | 1,5 à 2 cm, en forme de grain de riz épais, bouts arrondis, dispersée le long des murs |
| Souris | 0,3 à 0,6 cm, fine, noire, semée partout par dizaines |
| Loir et lérot | 1 à 1,5 cm, lisse, souvent pleine de débris végétaux, sans odeur de carnivore |
| Chat | Enterrée quand c'est possible, plus épaisse, ni poils de proie ni noyaux |
| Pigeon | Pâteuse, blanche et grise, collée sur les surfaces, jamais en bâtonnet |
Deux autres indices accompagnent souvent la fouine : des traces de pas à cinq doigts avec griffes dans la poussière, et des dégâts précis sur l'isolant, creusé en couloir plutôt que grignoté en miettes. Le bruit aussi diffère. Une fouine fait un vacarme de galopade et de roulement, un rat un grattage sec et continu.
Ce que la présence de crottes vous dit de la suite
La fouine est une espèce protégée dans plusieurs pays européens et son statut varie en France selon les départements et les arrêtés en vigueur. On ne la piège pas sur un coup de tête. La méthode qui fonctionne durablement consiste à repérer le point d'entrée, souvent une tuile soulevée, un about de chevron, une gouttière qui mène au toit, puis à obturer une fois l'animal sorti, à la nuit tombée. Un trou de 5 centimètres lui suffit.
Retirer les latrines fait partie du travail, pas seulement pour l'odeur. Tant que les marques olfactives restent en place, le site reste attractif pour elle et pour ses congénères. Un nettoyage complet suivi d'une désinfection réduit franchement les chances de retour, et c'est souvent ce que les gens oublient de faire après avoir bouché l'accès.
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