Incroyable découverte : Que cache la maison insalubre d'Eghezée avec 80 animaux saisis ?
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Il n'y a pas de secret derrière la maison d'Éghezée : il y a un cas d'accumulation d'animaux, comme les services wallons en découvrent plusieurs fois par an. En juin 2024, 80 animaux ont été retirés d'une habitation mise en vente de cette commune rurale de la province de Namur, et la suite a surtout été une affaire de procédure, de deux mois d'attente et de places de refuge à trouver.
Ce que les équipes ont trouvé en entrant
Une maison ordinaire, vue de la rue, avec un panneau d'agence sur la façade. À l'intérieur, des sols couverts de déchets et d'excréments au point que les chiens y marchaient en permanence. Des lapins dans des cages empilées les unes sur les autres, sans possibilité de se tenir debout. Des chats qui se cachaient dans les détritus et qu'il a fallu attraper un par un.
Les cochons vietnamiens occupaient un poulailler fermé, sans lumière du jour, sur une épaisse couche de matières fécales. Ces animaux sont curieux et fouineurs de nature ; enfermés dans le noir sur un sol qu'ils ne peuvent pas creuser, ils développent en quelques semaines des troubles du comportement qui mettent des mois à s'atténuer.
L'état sanitaire relevé sur place suit un schéma connu des associations : déshydratation, maigreur, parasitisme massif, plaies non soignées, écoulements oculaires chez les volailles et les lapins. Plusieurs animaux étaient trop atteints pour être simplement transportés et ont dû être pris en charge en urgence.
Deux mois avant la moindre adoption, et c'est normal
C'est le point que le public comprend le plus mal. Les animaux saisis n'appartiennent pas au refuge le jour où ils y entrent. Une saisie administrative ouvre une procédure pendant laquelle le détenteur conserve des droits et peut contester la mesure. Tant qu'elle n'est pas close, aucun animal ne peut être cédé, même en pleine forme, même avec dix familles sur liste d'attente.
Pendant ces deux mois annoncés, les associations financent tout : nourriture, déparasitage interne et externe, traitement des plaies, bilans vétérinaires, isolement sanitaire des nouveaux arrivants, remise en état comportementale. Pour 80 animaux, la facture se compte en dizaines de milliers d'euros, sans recette en face puisque aucune adoption n'est possible.
Ce que risquent les détenteurs
Un procès-verbal a été dressé pour infraction au Code wallon du Bien-être animal, entré en vigueur au 1er janvier 2019. Ce texte prévoit, pour les infractions les plus graves, des peines d'emprisonnement de 8 jours à 3 ans et des amendes pénales dont le montant de base va de 50 à 100 000 euros, montant ensuite multiplié par les décimes additionnels applicables en Belgique. Si le parquet classe sans suite, un fonctionnaire sanctionnateur régional peut infliger une amende administrative et prononcer un retrait du permis de détention d'animaux, qui interdit d'en posséder à nouveau.
Ce qu'un particulier peut faire concrètement
En Wallonie, un soupçon de maltraitance se signale à l'Unité Bien-être animal du Service public de Wallonie, qui dispose d'un pouvoir de contrôle et de saisie, ou à la police locale. Un refuge, lui, ne peut pas entrer chez quelqu'un : il intervient sur réquisition. Un signalement utile décrit ce qui se voit et s'entend, avec une date et une adresse, plutôt qu'une impression générale.
Le reste de l'aide est terre à terre. Les refuges qui absorbent une saisie de cette taille cherchent au même moment des familles d'accueil temporaires, des dons de croquettes et de litière, et des bénévoles pour socialiser des chats qui n'ont jamais vu une main s'ouvrir sans peur. Pour suivre l'avancée du dossier ou proposer un coup de main, l'association qui a mené l'intervention publie ses appels sur son site, Animaux en Péril.
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