L'Abyssin : tout ce que vous devez savoir sur cette race de chat fascinante

découvrez tout ce que vous devez savoir sur l'abyssin, une race de chat fascinante, connue pour son caractère joueur et affectueux, ainsi que son pelage unique et sa élégance. apprenez ses origines, ses besoins et comment en prendre soin.
Sommaire6 sections
  1. 01Un chat d'appartement seulement si l'appartement est vertical
  2. 02Une origine légendaire et une génétique qui dit autre chose
  3. 03À quoi il ressemble vraiment
  4. 04Trois maladies à faire écarter par l'éleveur
  5. 05Avec des enfants, avec un autre animal
  6. 06Faut-il en prendre un

L'Abyssin ne tient pas en place : c'est la première chose à savoir avant d'en adopter un, bien avant sa robe fauve tiquetée. Ce chat de 4 à 6 kg grimpe, ouvre les placards, suit son humain de pièce en pièce et supporte mal les journées seul. Comptez 1 200 à 1 400 euros pour un chaton de compagnie issu d'un élevage déclaré, et autant d'attention quotidienne que de budget.

Un chat d'appartement seulement si l'appartement est vertical

Chat abyssin au pelage fauve tiqueté, assis de profil, oreilles dressées

La question qui revient le plus souvent chez les éleveurs, c'est celle du logement. Un Abyssin vit très bien en 45 m2, à une condition : qu'il puisse monter. Étagères libérées, arbre à chat d'au moins 1,50 m, passage sur le haut d'une armoire, rebord de fenêtre sécurisé. Un Abyssin privé de hauteur se rabat sur les rideaux et le plan de travail, et le propriétaire en conclut que le chat est mal élevé. Il est surtout à l'étroit dans un plan horizontal.

L'autre point qui se règle avant l'arrivée du chaton, c'est le temps de présence. Cette race tolère mal les absences longues répétées. Deux journées de dix heures par semaine passent encore, cinq non : on voit apparaître des miaulements nocturnes, du léchage compulsif, parfois de la malpropreté. Beaucoup d'éleveurs refusent de placer un Abyssin seul chez quelqu'un qui travaille à plein temps hors du domicile, et ils ont raison de le faire.

Une origine légendaire et une génétique qui dit autre chose

L'histoire officielle raconte que Sir Robert Napier ramena d'Abyssinie, en 1868, une chatte nommée Zula, ancêtre de la race. La race est reconnue en Angleterre à partir de cette période, puis en France à partir de 1927. C'est joli, et c'est en grande partie une reconstruction a posteriori : les travaux de génétique des populations félines rattachent l'Abyssin aux populations des côtes de l'océan Indien et du Sud-Est asiatique, pas à la Corne de l'Afrique ni à l'Égypte ancienne. Le tiquetage de son poil, que les catalogues d'élevage appellent parfois « pelage égyptien », n'a rien d'égyptien.

Cela ne change rien au chat qu'on a chez soi, mais cela devrait faire tiquer quand un vendeur brode sur la lignée pharaonique de son chaton pour justifier un prix. Un pedigree LOOF vaut mieux qu'une histoire.

À quoi il ressemble vraiment

Le tiquetage est le seul critère qui compte à l'oeil nu : chaque poil porte deux ou trois bandes de couleur alternées, ce qui donne cet aspect chatoyant qui change selon la lumière. Quatre robes sont reconnues, du lièvre (roux orangé) au bleu-gris en passant par le sorrel et le faon.

  • Poids : 3,5 à 4,5 kg pour une femelle, 4 à 6 kg pour un mâle.
  • Corps : longiligne, musclé sec, très peu de graisse sous la main.
  • Pelage : court, couché, sans sous-poil épais, il ne feutre jamais.
  • Tête : triangle adouci, grandes oreilles largement ouvertes à la base.

Trois maladies à faire écarter par l'éleveur

L'Abyssin est une race à faible effectif, donc à consanguinité surveillée, et trois affections y reviennent plus souvent qu'ailleurs. Aucune ne se diagnostique à la maison : ce qui suit sert à poser les bonnes questions à l'éleveur et au vétérinaire, pas à conclure quoi que ce soit sur son propre chat.

  • Atrophie rétinienne progressive (mutation rdAc) : la vision nocturne se dégrade en premier, souvent vers 2 ou 3 ans. Un test ADN existe, les élevages sérieux testent leurs reproducteurs et le disent.
  • Déficit en pyruvate kinase : il provoque une anémie qui évolue par poussées. Là aussi un test ADN est disponible.
  • Amyloïdose rénale : dépôt d'une protéine dans le rein, sans test génétique de routine à ce jour. Elle se manifeste par une soif en hausse et un amaigrissement chez l'adulte jeune.

L'isoérythrolyse néonatale concerne les chatons, quand une mère de groupe sanguin B met bas des chatons de groupe A. C'est un sujet d'éleveur, pas d'adoptant : le typage sanguin des reproducteurs le prévient entièrement.

Avec des enfants, avec un autre animal

L'Abyssin se sort très bien d'un foyer bruyant, à un détail près : il n'aime pas être immobilisé. Un enfant qui le porte comme une poupée se fera griffer, non par méchanceté mais parce que ce chat déteste perdre l'usage de ses pattes. La règle qui marche à la maison tient en une phrase : on caresse le chat là où il est, on ne le soulève pas.

Avec un autre chat, la cohabitation se passe généralement bien, et un deuxième félin règle une bonne partie du problème de solitude. Deux Abyssins ensemble, en revanche, c'est deux fois plus de vaisselle par terre. Avec un chien calme habitué aux chats, l'entente s'installe en quelques semaines si la présentation se fait progressivement, chacun de son côté d'une porte pendant les premiers jours.

Faut-il en prendre un

Oui, si quelqu'un est souvent à la maison, si le logement permet de grimper et si l'idée d'un chat qui participe à tout ne dérange pas. Non, si l'on cherche un chat de canapé, ou si l'on part quatre jours par mois. Sur ce point le calcul ne tient pas : on présente souvent l'Abyssin comme une race facile, alors que sa vraie exigence porte sur le temps de présence, ce que la fiche d'élevage ne dit jamais. Un couchage chauffé et une fontaine à eau ne compenseront jamais une maison vide.

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