Le chat abyssin : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

L’Abyssin est un infatigable joueur. Il se trouve constamment en mouvement, sans pour autant faire beaucoup de bruit ni de grabuge. L’Abyssin est élégant. Il possède un corps sculpté quasiment à la perfection. Sa fourrure est très appréciée. Elle est courte, chaude et particulièrement élastique au touché. Elle réfléchit aussi la lumière du soleil. Cette race de chat possède un caractère très facile. L’Abyssin n’aime pas la solitude, apprécie passer du temps avec son propriétaire à qui il est totalement dévoué. Il demande de la tendresse, mais aussi de l’attention. Ses nombreux miaulements en se frottant contre les jambes en attestent.
Sommaire6 sections
  1. 01Un chat bâti pour grimper, pas pour dormir sur le canapé
  2. 02Ce que vit vraiment une famille avec un Abyssin
  3. 03Origine : la piste égyptienne ne tient pas
  4. 04Santé : trois dépistages à réclamer à l'éleveur
  5. 05Nourrir un chat qui brûle tout
  6. 06Choisir son chaton

Un Abyssin ne se pose pas. Il vous suit du plan de travail à la salle de bains, ouvre les placards, tape sur les poignées, et l'appartement sans hauteurs le rend franchement pénible. C'est le point à trancher avant l'adoption, bien avant la couleur de la robe.

Le reste, on le raconte partout : pelage chaud, silhouette de statuette, yeux en amande. Tout cela est vrai et ne vous dit rien de vos dix prochaines années. Ce qui compte davantage, c'est la quantité d'activité que la race réclame tous les jours, et les deux ou trois maladies héréditaires sur lesquelles un éleveur sérieux teste ses reproducteurs.

Un chat bâti pour grimper, pas pour dormir sur le canapé

L'Abyssin est un chat de format moyen, sec, musclé, entre 3 et 5 kg pour une femelle et jusqu'à 6 kg pour un mâle bien charpenté. Il paraît plus grand qu'il ne l'est parce qu'il est long de pattes. Sa mécanique est celle d'un sauteur : il monte au sommet d'une bibliothèque de deux mètres sans élan, se retourne, redescend par une étagère intermédiaire.

Le pelage est court, couché, très fin. Sa particularité tient au ticking agouti : chaque poil porte deux ou trois bandes de couleur alternées, claires et foncées, sans rayures ni taches sur le corps. C'est ce qui donne cet effet de sable chauffé qui change avec la lumière. Quatre couleurs sont reconnues en France : lièvre (le roux chaud classique), sorrel (plus cuivré, avec la truffe rosée), bleu et faon. Les yeux vont du vert à l'ambre doré, cerclés d'un liseré foncé.

Ce que vit vraiment une famille avec un Abyssin

Il aime le contact mais déteste la contrainte. Beaucoup d'Abyssins passent leur vie collés à leur humain sans jamais s'installer sur ses genoux : ils préfèrent le dossier du fauteuil, le rebord de l'évier, l'épaule. Les prendre dans les bras pour les immobiliser, ils l'acceptent quelques secondes, puis ils filent.

Il parle peu, d'une petite voix rauque assez discrète, mais il touche à tout. Un Abyssin qui s'ennuie ouvre les tiroirs, pousse les objets dans le vide, boit dans le verre posé sur la table et tire les rideaux. Ce n'est pas de la bêtise, c'est un chat très rapide à comprendre les causes et les effets, laissé sans rien à faire pendant huit heures.

La cohabitation avec un autre chat marche souvent bien, à condition qu'il ait le même niveau d'énergie. Un Abyssin de deux ans et un Persan âgé de douze ans, c'est une source de conflit, pas une compagnie. Avec un chien calme, en revanche, l'entente se fait régulièrement sans histoire.

Origine : la piste égyptienne ne tient pas

On lit partout que l'Abyssin descendrait des chats des fresques de l'Égypte antique, et que Ramsès II en aurait possédé un. C'est une histoire de catalogue d'élevage du 19e siècle, pas un fait établi. Les analyses génétiques de populations félines menées dans les années 2000, notamment celles de l'équipe de Leslie Lyons, rattachent l'Abyssin aux populations des côtes de l'océan Indien et du sud-est asiatique, pas à l'Afrique du Nord-Est.

Ce qui est documenté, c'est le point de départ britannique : une chatte nommée Zula, présentée comme ramenée d'Abyssinie (l'actuelle Éthiopie) à la fin des années 1860, puis un travail de sélection en Angleterre à partir des années 1870. La race a été fixée là, dans des chatteries anglaises, et le nom de pays est resté collé dessus. Tout le reste relève du roman.

Abyssin roux au pelage ticking, assis, oreilles larges et yeux en amande

Santé : trois dépistages à réclamer à l'éleveur

L'Abyssin est un chat solide, mais la race porte des maladies héréditaires identifiées, et c'est précisément là que se joue la différence entre un élevage sérieux et une annonce en ligne. Trois sujets reviennent.

L'atrophie progressive de la rétine de forme rdAc provoque une perte de vision lente qui s'installe vers 2 à 4 ans. Un test ADN existe, il coûte quelques dizaines d'euros, et un éleveur doit pouvoir vous montrer le résultat des parents. Le déficit en pyruvate kinase, responsable d'une anémie intermittente, se dépiste de la même façon. L'amylose rénale, elle, touche surtout certaines lignées et n'a pas de test génétique fiable à ce jour : on la surveille par des bilans sanguins et urinaires réguliers chez l'adulte.

Le reste relève de la routine : vaccination selon le protocole discuté avec votre vétérinaire, vermifugation et antiparasitaires adaptés au mode de vie, et surveillance des dents. La gingivite chronique n'épargne pas la race, et un brossage même hebdomadaire vaut mieux que rien.

Nourrir un chat qui brûle tout

Un Abyssin adulte stérilisé consomme grosso modo 200 à 250 kcal par jour, plus s'il est très actif, et l'ordre de grandeur se recale avec le vétérinaire au moment de la stérilisation, car les besoins chutent d'environ 20 à 30 % à ce moment-là. Le point de repère reste le corps : côtes palpables sous une fine couche de gras, taille visible vue du dessus.

Privilégiez un aliment dont les premières lignes de composition annoncent des protéines animales nommées, et donnez au moins une partie de la ration en humide. Un chat qui mange sec exclusivement boit rarement assez, et les voies urinaires paient l'addition à moyen terme. Répartissez en trois ou quatre petits repas plutôt que deux gros : ce chat mange comme il chasse, souvent et peu.

Choisir son chaton

Un éleveur qui vous laisse venir chez lui, qui vous montre la mère avec la portée, qui vous parle des maladies de la race avant que vous posiez la question et qui ne cède pas un chaton avant ses 12 semaines, c'est le minimum. Demandez le certificat vétérinaire, le pedigree LOOF, l'identification, et les tests ADN des parents. Un prix très bas sur cette race est un signal, rarement une bonne affaire.

Questionnez aussi le caractère : dans une même portée, il y a le chaton qui vient tout de suite et celui qui observe. Un éleveur qui a vécu huit semaines avec eux sait vous dire lequel supportera votre emploi du temps.

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