Le teckel : tout ce que vous devez savoir sur cette race de chien à la personnalité bien trempée
Sommaire6 sections
Un teckel sur quatre environ connaîtra un épisode de hernie discale au cours de sa vie. C'est le chiffre qui devrait guider l'achat du panier, du harnais et même la hauteur du canapé, bien avant les considérations de couleur de robe ou de longueur de poil.
Un chien construit pour descendre dans un terrier
Dachshund en allemand signifie « chien blaireau ». Le mot dit tout du cahier des charges : un chien assez court sur pattes pour s'engager dans une galerie, assez long pour y progresser, assez têtu pour affronter seul un blaireau de quinze kilos au fond du trou. Les éleveurs allemands ont obtenu ce format par une chondrodystrophie, une anomalie de croissance du cartilage qui raccourcit les membres. Le même mécanisme génétique fragilise les disques intervertébraux. Le teckel de salon d'aujourd'hui traîne encore cette facture.
Cette gradation n'est pas cosmétique : un kaninchen de 3,5 kg encaisse beaucoup moins bien qu'un standard de 8 kg un saut depuis un lit adulte.
Le dos, le sujet qui décide de tout
La discopathie intervertébrale reste le premier motif de consultation chez cette race. Les disques d'un teckel se calcifient tôt, parfois dès la deuxième année, et perdent leur rôle d'amortisseur. Un jour, un geste banal (un saut du fauteuil, une descente d'escalier trop rapide) fait sortir le matériel discal, qui vient comprimer la moelle épinière. Le pic de survenue se situe entre 4 et 7 ans, c'est-à-dire chez un chien en pleine forme apparente.
Ce qui distingue cette race de la plupart des autres, c'est la vitesse. Une compression médullaire évolue en heures, pas en jours, et le pronostic de récupération chute nettement quand le chien a perdu la sensibilité profonde des postérieurs. Un teckel qui ne pose plus les pattes arrière n'attend pas le rendez-vous de lundi matin.
Beaucoup de fiches de race recopient « dysplasie de la hanche » dans la liste des maladies du teckel. C'est un copier-coller de fiche générique : ce n'est pas la pathologie articulaire qui caractérise la race. Les autres points de vigilance réels sont l'atrophie rétinienne progressive, dépistable par test génétique chez les reproducteurs, le tartre précoce sur des mâchoires étroites, et la prise de poids.
Le poids, le seul levier que vous tenez entièrement
Sur un chien de 7 kg, 700 grammes représentent 10 % de sa masse, l'équivalent de huit kilos pour un humain de 80. Ces 700 grammes pèsent en permanence sur une colonne déjà en porte-à-faux. C'est le paramètre le plus rentable de toute la prévention, et le seul qui ne dépende ni de la génétique ni de la chance.
- Pesez le chien une fois par mois, sur la même balance, et notez le chiffre. L'œil s'habitue, pas la balance.
- Pesez la ration au lieu de la doser au verre : l'écart entre deux « bols » atteint facilement 20 %.
- Comptez les friandises dans la ration quotidienne, pas en plus. Prélevez-les directement sur les croquettes du jour pour les séances d'éducation.
- À la palpation, les côtes doivent se sentir sous une fine couche de gras, sans appuyer. La taille se voit vue de dessus.
Un chasseur, pas un chien de salon miniature
Le teckel a été sélectionné pour travailler seul, hors de portée de voix, face à un adversaire qui mord. Un chien qui obéit sans réfléchir ne survit pas sous terre. Ce qu'on appelle pudiquement du caractère est en réalité la trace d'une aptitude à décider tout seul, et elle ne disparaît pas parce qu'on l'a mis dans un appartement du quinzième.
- Il aboie, et fort pour sa taille : la voix servait à localiser le chien sous terre. Travaillez le calme à la sonnette dès les premières semaines.
- Il tire au nez. Une piste de hérisson dans un fossé vaut, à ses yeux, tous les rappels du monde.
- Il négocie. Une consigne donnée trois fois puis abandonnée lui apprend qu'il suffit d'attendre.
- Il s'attache à une ou deux personnes, avec une tendance à la garde de ressources (panier, canapé, gamelle) qu'il vaut mieux désamorcer tôt.
La méthode qui fonctionne tient en trois à cinq minutes, répétées plusieurs fois par jour, avec des récompenses alimentaires et des règles qui ne bougent pas d'un jour sur l'autre. Un teckel qui s'ennuie s'occupe de vos plinthes.
Trois poils, trois entretiens
- Poil ras : un gant de caoutchouc une fois par semaine. C'est aussi celui qui craint le plus le froid, un manteau se justifie en dessous de 5 degrés pour les sorties longues.
- Poil long : brossage tous les deux jours, en insistant derrière les oreilles, aux culottes et sous les aisselles, là où les nœuds se forment.
- Poil dur : deux à trois épilations manuelles par an (le trimming), qui retirent le poil mort à la main. La tondeuse, elle, ruine la texture du poil de couverture en quelques passages.
Dans les trois cas, vérifiez les oreilles tombantes chaque semaine (odeur, rougeur, cérumen brun) et brossez les dents : les petites mâchoires déchaussent tôt.
Avant de signer chez l'éleveur
Demandez l'âge et l'état de santé des grands-parents, en particulier les antécédents de hernie discale, et le résultat du test ADN pour l'atrophie rétinienne. Un éleveur qui répond « jamais eu de problème » sans détail vous dit surtout qu'il ne suit pas ses chiots. Prévoyez aussi le coût d'une chirurgie du dos, qui se compte en milliers d'euros : c'est ce poste qui rend l'assurance santé pertinente pour cette race, à condition de souscrire avant les premiers signes, puisque tout ce qui préexiste est exclu.
Le teckel est un chien à contraintes plus qu'un chien difficile. Celui qui accepte de repenser la hauteur de son canapé et de peser les croquettes obtient un compagnon drôle, bavard, capable de suivre une piste sur vingt mètres dans un jardin de banlieue puis de dormir six heures sous un plaid. Celui qui espère un petit chien décoratif se trompe de race.
Résumer cet article avec :
Partager :
