Le processus de pollinisation réalisé par les abeilles : comprendre comment les plantes sont fécondées
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Une abeille reste rarement plus de quelques secondes sur une fleur, et ces quelques secondes suffisent à fabriquer une graine. Voici ce qui se passe pendant ce court arrêt, étape par étape.
La pollinisation passe pour un mystère de la nature alors qu'il s'agit d'une mécanique assez sèche. L'abeille ne rend service à personne : elle vient chercher du sucre et des protéines, et repart couverte de pollen sans l'avoir voulu.
La fleur se signale dans les couleurs que l'abeille voit
L'oeil de l'abeille domestique ne capte pas le rouge. Sa vision se décale vers le vert, le bleu et l'ultraviolet. Beaucoup de pétales portent ainsi des stries ou un centre sombre invisibles à nos yeux, qui ne se révèlent que sous lampe UV. Ces guides à nectar ramènent l'insecte au centre de la fleur, donc au contact des étamines. Une abeille qui atterrit de travers ne charge presque rien.
Le pollen s'accroche avant même le contact
En vol, le frottement de l'air charge le corps de l'abeille en électricité statique positive. La fleur, reliée au sol par sa tige, reste légèrement négative. Les grains de pollen sautent donc vers l'insecte à courte distance, avant même qu'il ne touche les étamines.
Ses poils, ramifiés et presque plumeux, forment un feutrage où les grains se coincent. Une partie est peignée, humectée de nectar et tassée dans les corbeilles des pattes arrière ; compacté et mouillé, ce pollen-là ne féconde plus grand-chose et part nourrir les larves. Celui qui compte pour la plante est resté libre sur le thorax et la tête, hors de portée des pattes.

La fécondation se joue sur le stigmate, puis dans le style
Sur la fleur suivante, l'abeille frôle le stigmate, l'extrémité collante du pistil. Quelques grains s'y déposent. S'ils viennent de la bonne espèce, l'un d'eux germe et émet un tube pollinique qui descend le long du style jusqu'à l'ovule, parfois sur plusieurs centimètres. La fécondation proprement dite peut donc avoir lieu plusieurs heures après le passage de l'insecte.
L'ovule devient ensuite graine : la cellule fécondée se divise, ébauche une radicule et une tigelle, s'entoure de réserves puis d'une enveloppe dure, se déshydrate et se met en dormance. Le fruit n'est que l'emballage, formé par les tissus de la fleur qui entouraient les ovules.
Ce que la pollinisation pèse dans notre assiette
Le chiffre qui circule est celui d'un tiers de notre alimentation. Il mérite d'être précisé : environ 75 % des espèces cultivées pour l'alimentation humaine bénéficient de la pollinisation animale, mais en volume produit la part concernée tourne plutôt autour de 5 à 8 %. Blé, riz et maïs, qui font le gros des calories mondiales, se passent des insectes.
La dépendance est ailleurs, et elle est réelle : pommes, cerises, amandes, courges, melons, colza, café, cacao. Sans pollinisateurs, on ne mourrait pas de faim, on mangerait beaucoup plus mal. L'abeille domestique n'est d'ailleurs pas seule en cause : bourdons, osmies et syrphes font une grande part du travail, mieux qu'elle sur la tomate que seuls les bourdons savent faire vibrer.
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