Les incroyables capacités acrobatiques des chats : une adaptation exceptionnelle à leur environnement
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Un chat qui tombe se retourne en l'air en moins de trois dixièmes de seconde, sans point d'appui et sans se servir de sa queue. Ce réflexe explique une bonne part de ses acrobaties, et il explique aussi pourquoi tant de chats se blessent en chutant d'un balcon.
Comment un chat se retourne en chute libre
Le mécanisme porte un nom, le réflexe de redressement, et il se décompose en trois temps. L'oreille interne repère d'abord le haut et le bas. Le chat plie ensuite son corps en deux au niveau de la taille : l'avant-train tourne dans un sens pendant que l'arrière-train tourne dans l'autre, puis il inverse le mouvement en changeant l'écartement de ses pattes. Avant et arrière finissent alignés, pattes vers le sol.
Sa colonne vertébrale rend la manœuvre possible. Le chat possède une trentaine de vertèbres, avec des disques épais et des articulations très mobiles, et ses clavicules flottantes ne sont rattachées au squelette que par des muscles. D'où cette impression de liquide quand il se glisse sous un meuble.
Le réflexe s'apprend, et il a ses limites
Un chaton ne naît pas avec. Le retournement apparaît vers trois semaines et devient fiable autour de six à sept semaines, une fois l'appareil vestibulaire mature et la musculature suffisante. Chez un chat âgé, arthrosique ou en surpoids, le mouvement se fait plus lentement et moins complètement.
Surtout, se retourner ne veut pas dire atterrir indemne. Il faut de la hauteur pour que la rotation s'achève, en gros deux à trois mètres, mais au-delà l'énergie de l'impact grimpe vite. Les cliniques vétérinaires ont un nom pour les blessures qui suivent : le syndrome du chat parachutiste. Fractures de mâchoire, palais fendu, hémorragies pulmonaires, fractures du bassin et des membres. Un chat qui a l'air de bien marcher après une chute peut saigner dans le thorax.
Monter est facile, descendre ne l'est pas
Les griffes du chat sont recourbées vers l'arrière. En montée, elles s'ancrent dans l'écorce ou le tissu et fonctionnent comme des crampons. En descente tête la première, elles ne retiennent plus rien. Le chat doit donc redescendre à reculons, ce qui le prive de la vue sur son point d'arrivée, ou sauter. Un jeune chat coincé dans un arbre ne fait pas un caprice : il est dans une configuration que son anatomie gère mal.
Ce goût de la hauteur n'est pas un hasard non plus. Le chat sauvage grimpait pour échapper à plus gros que lui et pour surveiller son territoire. Le chat d'appartement reproduit le même schéma sur le haut d'une armoire, et les vétérinaires comportementalistes conseillent des perchoirs pour cette raison précise : un chat qui peut prendre de la hauteur gère mieux l'arrivée d'un visiteur ou d'un deuxième animal.
La chasse, moteur de tout le reste
Les bonds, les affûts au ras du sol, les frémissements de l'arrière-train avant l'attaque : tout cela appartient à la séquence de chasse, qui reste entière chez un chat nourri à volonté. Un chat domestique tente en moyenne plusieurs dizaines de séquences par jour quand il en a l'occasion, la plupart sans succès. Le jeu remplace la proie, pas l'inverse.
D'où l'intérêt de jouets qui bougent de façon imprévisible, plutôt que de balles posées au sol. Deux séances de cinq à dix minutes par jour, avec une canne à pêche, fatiguent davantage un chat qu'une heure de jouet en libre-service. Et terminer la séance par une capture réelle, un jouet attrapé puis une petite ration, boucle la séquence au lieu de la laisser en suspens.
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