Peut-on vraiment ignorer la souffrance des animaux selon Peter Singer ? Découvrez la réponse choquante !

découvrez la réponse choquante à la question de savoir s'il est vraiment possible d'ignorer la souffrance des animaux selon peter singer.
Sommaire4 sections
  1. 01D'où vient vraiment le raisonnement
  2. 02Une correction sur l'altruisme efficace
  3. 03Ce que Singer demande concrètement
  4. 04Pourquoi il reste contesté, et pas seulement par les éleveurs

La réponse de Peter Singer n'a rien de choquant : elle tient en trois phrases et elle date de 1975. Ce qui surprend, c'est qu'un demi-siècle plus tard on continue de la présenter comme une provocation plutôt que comme un argument à discuter.

Singer est né à Melbourne en 1946, dans une famille juive viennoise qui a fui l'Autriche en 1938. Il enseigne la bioéthique à Princeton depuis 1999 et garde une charge à l'université de Melbourne. Son livre, publié en anglais en 1975 sous le titre Animal Liberation, traduit en français sous le titre La Libération animale, est le texte fondateur du mouvement contemporain pour les droits des animaux. Il a été réédité en 2023 dans une version remaniée, Animal Liberation Now, avec une préface de Yuval Noah Harari.

Exemplaire de La Libération animale posé sur une table en bois près d'une paire de lunettes

D'où vient vraiment le raisonnement

Singer ne l'a pas inventé. Il reprend une note de bas de page de Jeremy Bentham, écrite en 1789 : la question n'est pas de savoir si les animaux peuvent raisonner ou parler, mais s'ils peuvent souffrir. Le mot spécisme, lui, vient du psychologue britannique Richard Ryder, qui l'a forgé en 1970 dans un tract distribué à Oxford. Singer l'a popularisé, il ne l'a pas créé.

Le principe qu'il défend porte un nom précis : l'égale considération des intérêts. Il ne dit pas qu'un chien vaut un enfant. Il dit qu'un intérêt comparable, par exemple ne pas être brûlé vif, pèse le même poids quel que soit le porteur de cet intérêt. La différence de traitement doit alors se justifier par une différence pertinente, et l'appartenance à l'espèce humaine n'en est pas une à ses yeux, pas plus que la couleur de peau ou le sexe.

Une correction sur l'altruisme efficace

On lit partout que Singer aurait créé l'altruisme efficace et que Bill Gates s'en réclamerait. Les deux affirmations sont bancales. Le mouvement est né à Oxford autour de 2009 et 2011, avec Giving What We Can puis le Centre for Effective Altruism, fondés par Toby Ord et William MacAskill. Singer en est un précurseur intellectuel, via son article Famine, Affluence, and Morality de 1972 et son livre The Life You Can Save de 2009, et il lui a donné une visibilité mondiale avec une conférence TED en 2013. Ce n'est pas la même chose que d'en être l'origine.

Quant à la maxime « gagner plus pour donner plus », elle vient du réseau 80,000 Hours, pas de Singer. Elle a pris un coup sévère en novembre 2022 avec l'effondrement de la plateforme FTX et la condamnation de Sam Bankman-Fried, qui en était la vitrine. Depuis, une partie du mouvement a pris ses distances avec cette formule.

Ce que Singer demande concrètement

Son livre vise deux pratiques, et deux seulement. L'élevage intensif, parce qu'il produit des souffrances massives pour un bénéfice gustatif, donc mineur au regard de l'enjeu. L'expérimentation animale, quand une alternative existe ou quand le protocole sert un but marginal, cosmétique par exemple. Il n'appelle pas à libérer les animaux de compagnie ni à supprimer les élevages en plein air, contrairement à ce qu'on lui fait dire.

Sa conclusion pratique est le végétarisme, qu'il présente comme le boycott de consommateur le plus direct dont dispose un individu. Il l'a formulé sans emphase : arrêter d'acheter les produits d'un système qu'on juge injustifiable.

Pourquoi il reste contesté, et pas seulement par les éleveurs

Le même utilitarisme qui le conduit à défendre les animaux l'amène aussi à discuter de l'euthanasie de nouveau-nés lourdement handicapés. Ces positions lui ont valu des conférences annulées en Allemagne dans les années 1990 et des manifestations d'associations de personnes handicapées lors de sa nomination à Princeton en 1999. On peut trouver son raisonnement sur les animaux solide et le juger glaçant sur ce terrain-là. Son système est cohérent de bout en bout, et cette cohérence même est ce qui dérange le plus ses lecteurs.

Harari, dans sa préface de 2023, écrit que l'histoire du progrès humain est jonchée de cadavres d'animaux. La phrase frappe, mais elle ne démontre rien. L'argument de Singer, lui, se laisse attaquer point par point, et c'est ce qui le rend utile : on peut contester la prémisse utilitariste, refuser l'égale considération, défendre une position contractualiste. Ce qu'on ne peut pas faire, c'est ignorer la question en haussant les épaules.

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