Découvrez les variétés étonnantes de loriquets, des perroquets aux couleurs éclatantes
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Le loriquet boit sa nourriture. Cette particularité, une langue en pinceau et un régime de nectar, explique à la fois ses couleurs et le fait qu'il soit l'un des perroquets les plus salissants à garder chez soi.
On croise ces oiseaux dans les volières et les parcs animaliers, parfois en liberté dans des tunnels où les visiteurs leur tendent une coupelle. Ils sont spectaculaires. Ils sont aussi, du point de vue de l'entretien, dans une catégorie à part : leur anatomie digestive est réglée pour du liquide, et tout le reste en découle.
Une langue en balai-brosse
Chez la plupart des perroquets, le bec est une casse-noix et le gésier un broyeur. Chez les loris et les loriquets, une soixantaine d'espèces regroupées dans la sous-famille des Loriinae, l'outil principal est la langue. Son extrémité porte des papilles filiformes érectiles qui se dressent au contact du nectar et forment une brosse. L'oiseau la passe au fond de la corolle, la charge, la rentre, recommence. Un loriquet visite ainsi des dizaines de fleurs à la suite, eucalyptus en tête dans son Australie d'origine.
Le tube digestif suit la même logique. Le gésier est peu musclé, comparé à celui d'une perruche qui doit décortiquer des graines, et le transit est très rapide, de l'ordre de quelques heures. D'où des fientes liquides, abondantes, projetées à distance. Qui dit loriquet chez soi dit volière lavable et murs protégés, ce n'est pas une option décorative.
Le vert domine, pas le rouge
On lit souvent que le loriquet est un oiseau rouge. C'est inexact pour la majorité du groupe. Le loriquet à tête bleue, Trichoglossus moluccanus, l'espèce la plus connue et la plus répandue sur la côte est australienne, porte un corps vert franc, une tête bleu violacé, une poitrine orangée à rouge et un collier jaune verdâtre. Le rouge occupe une bande, il ne fait pas le fond.
Le genre offre ensuite des cas qui sortent du moule. Le lori de Duyvenbode, Chalcopsitta duivenbodei, de Nouvelle-Guinée, est brun foncé presque bronze, éclairé de jaune sur la face, les cuisses et le dessous des ailes : un plumage sourd, rare chez les perroquets, qui prend toute sa valeur quand l'oiseau ouvre les ailes à contre-jour. Le lori sombre, Pseudeos fuscata, existe en deux teintes de bandes ventrales, jaunes ou orangées, sur des individus par ailleurs identiques.
Le lori de Stella de Nouvelle-Guinée, sous-espèce du lori papou, présente lui un polymorphisme franc : à côté de la forme classique rouge à longue queue, on rencontre une forme mélanique presque entièrement noirâtre avec des zones vert terne. Les deux formes se reproduisent ensemble, il ne s'agit pas d'espèces différentes.
Pollinisateurs à plumes
En passant d'une inflorescence à l'autre, le loriquet repart avec du pollen collé sur le front et la gorge. Chez les eucalyptus, les banksias et les melaleucas d'Australie, il figure parmi les pollinisateurs qui comptent, aux côtés des chauves-souris frugivores et des méliphages. Une bande de loriquets peut traiter un arbre entier en une matinée et transporter du pollen sur plusieurs kilomètres, bien plus loin que la plupart des insectes.
Ce service a un revers sur les terres agricoles : les bandes bruyantes s'attaquent aussi aux vergers, ce qui vaut au loriquet à tête bleue une réputation mitigée chez les arboriculteurs australiens. Introduit à Perth et en Nouvelle-Zélande, il y est d'ailleurs traité comme espèce envahissante et fait l'objet de programmes de régulation.
Des espèces insulaires qui tiennent à quelques centaines d'oiseaux
Le tableau change complètement dès qu'on quitte les grands continents. Le lori ultramarin, Vini ultramarina, endémique des îles Marquises, est classé en danger critique par l'UICN. Sa population a disparu de plusieurs îles au fil du XXe siècle, Nuku Hiva puis Ua Pou, et ne subsiste plus guère qu'à Ua Huka après une translocation menée dès 1940. Le coupable principal n'est ni la chasse ni la déforestation : c'est le rat noir, arrivé dans les cales des bateaux, qui vide les nids.
Le même scénario se répète sur d'autres archipels du Pacifique avec le lori de Kuhl ou le lori à menton rouge. Sur une île, un oiseau qui niche dans des cavités d'arbre et pond un ou deux oeufs n'a aucune marge face à un prédateur nouveau. Les programmes qui fonctionnent sont ceux qui combinent dératisation d'îlots entiers et interdiction stricte du débarquement de matériel non contrôlé.
Si vous en croisez en volière
Dans les parcs qui proposent le nourrissage, on vous tend une coupelle de nectar et les oiseaux se posent sur les bras. Deux choses à savoir : ne rien apporter de chez soi, et ne pas insister si un oiseau s'écarte. L'avocat est toxique pour les oiseaux, le chocolat et l'alcool aussi, et la liste de ce qu'un perroquet ne doit pas ingérer est assez courte pour être respectée à la lettre. Le principe reste simple : on ne donne à un oiseau que ce que le parc fournit.
Chez un particulier, tout signe qui traîne (plumes ébouriffées en permanence, fientes anormalement décolorées, oiseau qui reste au sol de la volière) appelle une consultation chez un vétérinaire compétent en nouveaux animaux de compagnie. Les oiseaux masquent leur état jusqu'au dernier moment, et le délai entre les premiers signes visibles et l'urgence réelle se compte souvent en heures.
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