Scottish Fold : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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Les oreilles repliées du Scottish Fold signalent une mutation qui touche le cartilage de tout le squelette, pas seulement celui des oreilles. Avant de se laisser séduire par cette tête ronde, mieux vaut savoir ce que cette mutation coûte aux articulations du chat, et pourquoi plusieurs fédérations félines refusent de reconnaître la race.
À quoi ressemble un Scottish Fold
Corps trapu, encolure courte, tête large et arrondie, grands yeux ronds très écartés : la silhouette générale rappelle celle du British Shorthair, dont la race descend directement. Le pelage se décline en poil court ou mi-long, dans presque toutes les couleurs et tous les motifs. L'adulte pèse en gros de 3 à 6 kg, les mâles dans le haut de la fourchette.
Les chatons naissent tous avec des oreilles droites. Le pli apparaît vers 3 ou 4 semaines, chez une partie de la portée seulement. Chez un chaton ordinaire, le cartilage auriculaire se rigidifie à cet âge et l'oreille se dresse ; chez le Fold, ce cartilage reste mou et l'oreille bascule vers l'avant, en simple, double ou triple pli selon les sujets. Les chatons de la même portée dont les oreilles se dressent normalement sont appelés Scottish Straight : ils ne portent pas la mutation, et l'élevage de la race repose sur eux.
Un caractère facile, et c'est bien le problème
Le Scottish Fold a une vraie réputation de chat d'intérieur commode : doux, joueur sans excès, peu bavard, tolérant avec les enfants et les autres animaux, il se laisse manipuler plus facilement que la moyenne et ronronne volontiers. Il supporte mal le vacarme et les maisons agitées, et préfère un foyer calme où il suit ses humains de pièce en pièce.
Deux réserves sur cette carte postale. Aucun chat n'est garanti sans griffes ni dents, quelle que soit la race : un Scottish Fold manipulé sans respect se défendra comme n'importe quel félin, et le présenter comme incapable de griffer dessert les enfants à qui on le fait croire. Ensuite, la tranquillité de ce chat peut masquer autre chose. Un Fold qui saute moins, qui dort davantage, qui ne monte plus sur le plan de travail n'est pas forcément placide : il a peut-être mal.
D'une ferme écossaise aux fédérations félines
Des chats aux oreilles repliées ont été décrits dès le 19e siècle en Chine, puis au début du 20e en Angleterre, sans lignée suivie. L'histoire de la race commence pour de bon au début des années 1960 en Écosse, dans une ferme du Perthshire, avec une chatte blanche aux oreilles pliées repérée par un berger. De son croisement avec des British Shorthair naît en 1963 une portée dont cinq chatons portent le même pli, et le travail de sélection démarre.
La suite est moins connue. Dès les années 1970, le Governing Council of the Cat Fancy britannique cesse de reconnaître la race, en raison des problèmes osseux et des otites observés. La Fédération internationale féline ne la reconnaît pas non plus. La race a fait carrière ailleurs, notamment aux États-Unis et sur les réseaux sociaux, où sa tête de peluche a fait des millions de vues. Le débat éthique ne porte pas sur la communication entre chats, comme on le lit souvent, mais sur le fait de sélectionner volontairement une malformation.
L'ostéochondrodysplasie, en clair
Le cartilage mal formé se calcifie de façon anarchique aux extrémités des os. Cela se traduit par des excroissances osseuses, surtout aux pattes arrière, aux chevilles et à la queue, et par de l'arthrose précoce. Les formes légères passent longtemps inaperçues, les formes sévères apparaissent chez le chaton.
Les signes qui doivent conduire chez le vétérinaire sans attendre :
- une queue qui s'épaissit, devient raide et que le chat n'aime pas qu'on manipule ;
- une démarche raide, un train arrière bas, une réticence nouvelle à sauter ou à descendre ;
- des boiteries intermittentes, une difficulté à se percher sur les postérieurs pour attraper un jouet ;
- des pattes arrière qui semblent épaissies au niveau des jarrets.
Le diagnostic se pose sur des radiographies, pas sur l'observation d'un propriétaire, et la prise en charge relève entièrement du vétérinaire. Il n'existe pas de traitement qui corrige la malformation : on gère la douleur et on aménage l'environnement. Ne donnez jamais à un chat un anti-inflammatoire ou un antidouleur humain, le paracétamol et l'ibuprofène en tête, ils sont toxiques pour l'espèce et tuent à des doses très faibles. Deux visites vétérinaires par an sont un minimum raisonnable pour cette race, avec une palpation attentive de la queue et des membres à chaque fois.
Nourrir un chat qui doit rester léger
La règle alimentaire du Scottish Fold se résume à une contrainte : chaque centaine de grammes en trop se paie sur des articulations déjà fragiles. Une ration riche en protéines animales de bonne qualité, pesée à la balance de cuisine plutôt que servie au jugé, et un mélange de croquettes et d'aliment humide pour maintenir un bon apport en eau, suffisent dans l'immense majorité des cas. L'eau fraîche doit rester disponible en permanence, de préférence loin de la gamelle.
Les régimes à base de viande crue ou faits maison sont possibles, mais ils se construisent avec un vétérinaire nutritionniste : mal équilibrés, ils créent des carences en calcium et en taurine, et la viande crue expose à des contaminations bactériennes. Quant aux compléments pour articulations, glucosamine, chondroïtine, oméga 3, ils s'ajoutent sur avis vétérinaire et non parce qu'une publicité les recommande. Le poids de forme, lui, fait plus pour le confort du chat que n'importe quel complément.
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