Incroyable ! Où se cachaient ces 24 animaux secourus dans l'incendie de la tour Kennedy ?

découvrez l'incroyable sauvetage de 24 animaux lors de l'incendie de la tour kennedy. où se cachaient-ils ? une histoire émouvante de sauvetage et de courage.
Sommaire6 sections
  1. 01Une nuit entière dans un immeuble de vingt-cinq niveaux
  2. 02Les aboiements du 24e étage
  3. 03Pourquoi la liste des propriétaires a tout changé
  4. 04Les cachettes, et ce qu'elles disent du comportement animal
  5. 05Un poste vétérinaire monté au pied de l'immeuble
  6. 06Pourquoi une unité dédiée aux animaux n'est pas un luxe

Derrière un radiateur, dans un tiroir, sous un téléviseur : voilà où les pompiers de l'Animal Rescue Team ont retrouvé la plupart des 24 animaux évacués de la tour Kennedy, à Liège, après l'incendie du 26 juin 2024. Un chat terrorisé ne fuit pas vers la porte, il se comprime dans le plus petit volume disponible.

Une nuit entière dans un immeuble de vingt-cinq niveaux

Pompier tenant un chat dans les bras devant un immeuble évacué

Le feu se déclare vers 20 heures. Les habitants sortent, souvent en quelques minutes, et beaucoup laissent derrière eux un animal qu'ils n'ont pas pu attraper. C'est la situation la plus banale des évacuations d'immeubles, et la plus difficile à rattraper ensuite : une fois le bâtiment enfumé et l'électricité coupée, personne ne remonte chercher un chat.

L'Animal Rescue Team de la zone de secours Hesbaye est engagée dans la foulée. Cette unité, composée de pompiers formés au sauvetage animalier et dirigée par Michael Robert, travaille toute la nuit, étage par étage. Vingt-quatre animaux en sortiront vivants.

Les aboiements du 24e étage

Le moment le plus marquant de la nuit intervient très tard. Des pompiers déjà épuisés entendent des aboiements derrière une porte blindée, au 24e étage. « Très tard dans la nuit, nous avons entendu deux labradors aboyer après de nombreuses heures d'incendie », raconte Michael Robert. La porte est ouverte, les deux chiens sortent vivants. Un cocker est récupéré dans le même secteur ; sa propriétaire était restée sur place, à attendre, jusqu'au bout de l'opération.

Une porte blindée, dans ce contexte, joue double jeu. Elle retarde l'entrée des secours de longues minutes, mais elle retient aussi les fumées, qui tuent bien avant les flammes. Les deux labradors doivent probablement leur survie à cette étanchéité.

Pourquoi la liste des propriétaires a tout changé

Les habitants évacués ont signalé leurs animaux aux secours, avec leur description et leur caractère. L'équipe a constitué un inventaire avant de monter. « Nous avons rapidement établi un listing des animaux à sauver, incluant leurs descriptions et leurs comportements, ce qui nous a permis de les retrouver plus facilement », explique Michael Robert.

La différence entre fouiller un appartement au hasard et y entrer en sachant qu'on cherche un chat roux craintif qui dort derrière la machine à laver se compte en dizaines de minutes par logement. Sur une tour entière, elle décide de qui sort vivant.

Les cachettes, et ce qu'elles disent du comportement animal

« Nous avons retrouvé des chats cachés derrière des radiateurs, des téléviseurs, et même dans des tiroirs. Il fallait fouiller chaque appartement avec minutie », poursuit Michael Robert. Le réflexe du chat face à un danger sonore et olfactif intense n'est pas la fuite vers l'extérieur, qu'il ne connaît pas, mais l'enfouissement dans un espace clos et étroit, de préférence en hauteur ou en contrebas d'un meuble.

Les endroits qui reviennent le plus souvent dans ce type d'intervention : sous le lit contre le mur, derrière le lave-linge, dans le sommier éventré, au fond d'un placard suspendu, derrière ou sous le canapé. Les chiens, eux, restent plus souvent près de la porte d'entrée ou dans la pièce où ils dorment. Les oiseaux se plaquent au fond de leur cage.

Les équipes travaillent avec des cages de transport, des pinces de contention et des gants renforcés. Un animal en état de panique mord et griffe sans reconnaître qui le touche, y compris son propre maître. C'est aussi pour cette raison que ces interventions reviennent à des pompiers formés et non à des voisins bien intentionnés.

Un poste vétérinaire monté au pied de l'immeuble

Vers 5h30 du matin, les derniers animaux rejoignent un poste médical tenu par des vétérinaires urgentistes formés aux situations de crise. Michael Robert présente le dispositif comme une première. Chaque animal y reçoit un bilan et, quand il le faut, des soins immédiats, avant d'être orienté vers un hôpital vétérinaire ou vers un refuge. Certains propriétaires repartent avec le leur dans les bras dans la matinée.

Ce point mérite d'être souligné, parce qu'il est souvent le maillon manquant. Un animal sorti vivant d'un incendie a inhalé des fumées : l'atteinte respiratoire peut se déclarer plusieurs heures après, alors que l'animal paraît aller bien. Disposer d'une structure vétérinaire sur place, et non à vingt minutes de route saturée, change le pronostic.

Pourquoi une unité dédiée aux animaux n'est pas un luxe

Michael Robert pose le principe en une phrase : une fois les vies humaines mises à l'abri, les vies animales comptent aussi. Il ajoute un argument que les services de secours connaissent bien : « Dans les situations de crise comme celle-ci, beaucoup de gens refusent de se laisser évacuer sans leurs animaux. »

C'est le coeur du sujet. Un habitant qui retourne dans un immeuble en feu pour son chien devient une victime à secourir, et mobilise une équipe entière. Savoir qu'une unité spécialisée s'en chargera fait sortir les gens plus vite. La sécurité animale, ici, sert directement la sécurité humaine.

À la fin de la nuit, Michael Robert retient les retrouvailles : « Voir leurs sourires, leurs larmes de gratitude, c'était notre récompense. » Reste un enseignement pratique pour tous ceux qui vivent en appartement avec un animal : le jour où il faudra partir en trois minutes, ce sera la caisse de transport posée près de la porte, et non la bonne volonté, qui fera la différence.

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