Semaine nationale du chien : une célébration à ne pas manquer
Sommaire3 sections
Du 1er au 8 octobre 2023, la Société centrale canine lançait la première Semaine nationale du chien, avec un objectif moins consensuel qu'il n'y paraît : faire entrer le chien dans les bureaux, les commerces et les transports, en France, où il en est largement exclu.
L'événement a été présenté comme une célébration. Le programme, lui, ressemblait surtout à une opération de lobbying bien conduite : portes ouvertes des clubs, stands sur les marchés, et un volet entreprise assumé. C'est cette partie qui mérite qu'on s'y arrête, deux ans après.
Ce qu'il y avait au programme
Les clubs canins affiliés ouvraient leurs terrains au public, souvent le week-end, avec la même mécanique d'une ville à l'autre. On y trouvait quatre types de rendez-vous.
- Journées portes ouvertes dans les clubs d'éducation, avec accès au terrain et rencontre des moniteurs bénévoles.
- Démonstrations de mordant et de chiens de défense, discipline sportive encadrée qui impressionne toujours les visiteurs mais qui reste réservée à quelques races et à des maîtres formés.
- Initiations aux sports canins : agility, obéissance, et surtout école du chiot, la séance qui change le plus de choses pour un chien de moins de quatre mois.
- Stands sur les marchés, tenus par des bénévoles, pour répondre aux questions des passants sur l'adoption et l'éducation.

Le plus utile pour un maître, dans cette liste, reste l'école du chiot. Elle correspond à la période de socialisation, entre la huitième semaine et le quatrième mois environ, pendant laquelle un chiot enregistre durablement ce qui est normal : les autres chiens, les enfants, les vélos, le sol qui glisse. Ce qui n'est pas rencontré dans cette fenêtre coûte ensuite des mois de travail. Une porte ouverte de club en octobre tombait donc à pic pour les chiots nés en été.
Le chien au bureau, le vrai sujet de la semaine
La Société centrale canine invitait les entreprises et les institutions à tester le pets at work, le fait d'amener son chien sur son lieu de travail. Elle mettait en avant un chiffre issu de ses propres relevés : près de quatre Français sur dix souhaiteraient que les chiens soient mieux acceptés au travail. Chiffre d'organisateur, donc, à prendre pour ce qu'il est.
Les arguments avancés étaient l'humeur, la baisse du stress et les échanges entre collègues. Il existe effectivement des travaux universitaires qui vont dans ce sens, mais ils portent sur de petits effectifs, dans des entreprises volontaires, et ils mesurent l'effet sur les propriétaires de chien plus que sur leurs voisins de bureau.
Sur ce point, le discours de la semaine passait un peu vite. Un open space compte des personnes allergiques, des personnes phobiques, et des chiens qui ne supportent pas huit heures d'immobilité dans un couloir passant. Un chien au travail suppose un vrai cadre : accord écrit de l'employeur, chien vacciné et propre, un coin de repos délimité, une sortie à la mi-journée, et la possibilité pour chacun de dire non sans se justifier. Sans cela, l'expérience se retourne en trois semaines.
Ce que l'initiative disait de la place du chien en France
Avec environ 7,5 millions de chiens dans les foyers français, la question de leur présence dans l'espace public n'est pas anecdotique. Les campagnes de ce type visent moins les propriétaires que ceux qui n'ont pas de chien : les bailleurs, les employeurs, les élus qui décident d'un arrêté de plage ou d'un règlement de parc.
La Société centrale canine avait annoncé vouloir reconduire l'événement si cette première édition trouvait son public. On écrira donc les choses au passé, comme il se doit : le programme portait sur huit jours, il était concentré sur Paris et l'Ile-de-France, et il s'appuyait sur le réseau des clubs affiliés. La suite appartient aux éditions suivantes.
Reste le fond, qui n'a pas de date. Un chien accepté dans plus de lieux est un chien qui sort plus, qui rencontre plus de monde et qui devient plus facile à vivre. L'inverse produit des animaux isolés, réactifs derrière une porte, et des voisins excédés. C'est aussi de cela qu'il s'agissait quand on répétait que le chien s'entend avec tout le monde, y compris avec le chat de la maison.
Résumer cet article avec :
Partager :
