Canicule : Comment protéger vos animaux de compagnie de la chaleur étouffante ?
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La voiture surchauffée est l'image qui revient à chaque alerte canicule, mais ce n'est pas là que la plupart des chiens font un coup de chaleur : c'est en promenade, en jouant, en courant derrière un vélo à 16 heures. L'étude britannique VetCompass publiée en 2020 attribue à l'effort physique près des trois quarts des cas vus en clinique, très loin devant le véhicule fermé.
Pourquoi un chien encaisse si mal la chaleur
Un chien ne transpire pratiquement pas. Les glandes sudoripares de ses coussinets existent, mais leur contribution au refroidissement est négligeable : presque tout passe par le halètement, qui évapore l'eau des voies respiratoires. Ce système a deux limites. Il consomme lui-même de l'énergie, donc il produit de la chaleur, et il s'effondre quand l'air est déjà saturé d'humidité. Une journée à 28 °C avec 80 % d'humidité est plus dangereuse qu'une journée à 33 °C dans un air sec.
Certains chiens partent avec un handicap structurel. Les races brachycéphales, bouledogue français, carlin, boxer, cavalier king charles, ont des voies aériennes rétrécies : leur halètement est moins efficace et il leur coûte plus cher. Ajoutez les chiens âgés, les chiots, les animaux en surpoids, ceux qui souffrent d'un problème cardiaque ou d'une paralysie laryngée, et les chiens à poil noir. Côté chats, les persans et exotic shorthair partagent la même contrainte respiratoire.
Refroidir un chien en hyperthermie : l'eau froide, pas l'eau tiède
Le conseil de « mouiller à l'eau tiède pour éviter un choc thermique » a longtemps été répété, y compris par des sources sérieuses. Les travaux des dix dernières années sur le coup de chaleur canin l'ont invalidé. Le principe retenu tient en une formule des urgentistes vétérinaires britanniques, « cool first, transport second » : on refroidit d'abord, on transporte ensuite.
Concrètement : sortir l'animal du soleil, l'arroser abondamment à l'eau froide du robinet sur tout le corps, cou et thorax compris, ou l'immerger jusqu'au poitrail s'il y a un point d'eau, et souffler de l'air dessus avec un ventilateur ou en voiture fenêtres ouvertes. On propose à boire sans forcer. Ce qu'on évite : les glaçons posés à même la peau et les bains de glace, qui contractent les vaisseaux superficiels et ralentissent l'évacuation de la chaleur en profondeur. Et on ne donne aucun médicament humain, ni antipyrétique, ni anti-inflammatoire : le paracétamol et l'ibuprofène sont toxiques pour le chien comme pour le chat.
Le refroidissement ne remplace pas la consultation. Un coup de chaleur peut sembler résolu et produire douze à quarante-huit heures plus tard des troubles de la coagulation ou une atteinte rénale. Même un chien qui a l'air d'aller mieux doit être vu.
Ce qui marche vraiment à la maison
Multipliez les points d'eau plutôt que de refroidir un seul bol. Plusieurs gamelles, dans des pièces différentes, à l'eau fraîche changée deux fois par jour, augmentent nettement la consommation. Les chats en particulier boivent davantage quand la gamelle est loin de la nourriture, et une fontaine à eau convainc les plus difficiles.
Une serviette humide posée au sol, à côté de l'animal et non sur lui, fonctionne bien : un chien ou un chat s'y couche seul s'il en a besoin. Une serviette mouillée posée sur le dos, à l'inverse, forme un couvercle qui piège la chaleur. Même logique pour les tapis rafraîchissants à gel, utiles à condition que l'animal puisse en descendre.
Les carrelages de l'entrée et de la salle de bains sont les endroits les plus frais du logement ; laissez-y l'accès. Fermez volets et rideaux côté sud dès le matin, aérez à la fraîche, et si vous utilisez un ventilateur, placez-le au niveau du sol sans le diriger en plein sur l'animal.
Le reste de la maisonnée
Les lapins, cochons d'Inde et chinchillas sont les plus vulnérables de tous, et ce sont ceux dont on parle le moins. Un lapin commence à souffrir dès 26 à 28 °C et ne halète pas : il régule par ses oreilles. Signal d'alerte, il s'allonge sur le flanc, respire vite, les oreilles brûlantes. Une bouteille d'eau congelée enveloppée dans un torchon, posée dans l'enclos, lui donne un point froid contre lequel se coller. Les clapiers extérieurs se déplacent à l'ombre et pas au fond d'un abri de jardin, qui monte à 45 °C.
Pour les oiseaux de cage, une coupelle d'eau assez large pour se baigner et une brumisation légère à l'eau à température ambiante, jamais la cage en plein soleil derrière une vitre. Pour les rongeurs, on retire les maisonnettes en plastique qui font four.
Sur la tonte, une précision qui circule mal : on ne rase pas un chien à double pelage comme un husky, un berger australien ou un golden. Le sous-poil isole aussi du chaud et protège des coups de soleil. On brosse pour retirer le sous-poil mort, ce qui change beaucoup, et on laisse le poil de couverture en place. Un chien à peau claire ou à poil très court peut en revanche brûler : il existe des écrans solaires formulés pour les animaux, à appliquer sur la truffe et le bout des oreilles.
La promenade d'été, à réorganiser
Le point de bascule se situe rarement dans la durée totale de la sortie, mais dans l'intensité. Un chien qui trotte à l'ombre pendant quarante minutes produit moins de chaleur qu'un chien qui sprinte derrière une balle pendant cinq minutes en plein soleil. Rangez le lanceur de balles et la trottinette jusqu'en septembre : ce sont les deux accessoires qui reviennent le plus souvent dans les récits d'accident.
Emportez de l'eau, toujours, y compris pour vingt minutes. Une gourde souple avec bol intégré tient dans une poche. Proposez à boire tous les quarts d'heure plutôt qu'une grande quantité au retour, et laissez le chien décider.
Les baignades en rivière ou en mer rafraîchissent, avec deux réserves. L'eau de mer avalée en quantité provoque des vomissements et une hypernatrémie, donc rincez et surveillez ce qu'il boit. Et entre juillet et octobre, les cyanobactéries des eaux stagnantes et des rivières basses sont mortelles pour un chien qui boit ou se lèche le pelage après un bain : les arrêtés préfectoraux d'interdiction de baignade valent aussi pour lui.
Après l'alerte
Une fois l'épisode passé, deux choses valent la peine d'être notées quelque part. La première, le comportement de votre animal par forte chaleur : celui qui s'est déjà mis en difficulté une fois recommencera, parce que beaucoup de chiens ne s'arrêtent pas d'eux-mêmes quand on leur lance une balle. La seconde, les coordonnées de la clinique de garde de votre secteur, qui n'est pas forcément la vôtre au mois d'août.
Un chien qui a fait un coup de chaleur reste plus fragile face à l'épisode suivant. Ce n'est pas une raison pour l'enfermer tout l'été, c'est une raison pour déplacer l'activité au lever du jour et remplacer la course par de la recherche d'odeurs à l'ombre, qui le fatigue tout autant en produisant dix fois moins de chaleur.
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