Comment le refuge pour animaux SPA à Millau est-il déjà saturé en ce début de vacances estivales ? Découvrez l'incroyable histoire des animaux qui ont envahi le refuge !
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En juillet 2024, le refuge SPA de Millau comptait 67 pensionnaires dont une quarantaine de chiens, et une liste d'attente de six mois pour les abandons volontaires. Derrière ces chiffres, une arithmétique locale peu connue : ce qui remplit le refuge en Aveyron n'est plus l'abandon de vacances.
Un refuge plein avant même le 14 juillet
La saturation d'un refuge à l'entrée de l'été est un marronnier de presse. À Millau, la réalité décrite par Pauline Dreno, responsable du site, est plus contrariante que l'image d'Épinal du chien largué sur une aire d'autoroute avant de partir en congés. La moitié des animaux présents venait de retraits pour maltraitance, pas d'abandons estivaux.
Ce déplacement de la cause change tout au fonctionnement du refuge. Un animal retiré pour maltraitance arrive souvent dans un état qui exige des soins, parfois une procédure judiciaire en cours, et il occupe un box pendant des mois avant d'être adoptable. Les places bloquées ne se libèrent pas au rythme des adoptions de septembre.
Trois portes d'entrée, trois délais différents
Un animal arrive au refuge millavois par l'une de trois voies, et chacune obéit à son propre calendrier. La première est l'abandon volontaire : le propriétaire prend rendez-vous, s'inscrit sur la liste, et patiente. La deuxième est le retrait pour maltraitance, décidé après constat et souvent accompagné d'une suite judiciaire. La troisième passe par la fourrière, dans le cadre de la convention qui lie le refuge à la commune de Millau pour les chiens trouvés sur la voie publique.
Ce dernier circuit mérite d'être connu de quiconque perd son chien dans le secteur. La loi fixe un délai de garde de huit jours ouvrés, pendant lesquels le propriétaire peut venir réclamer son animal contre paiement des frais de fourrière. Passé ce délai, l'animal devient la propriété du gestionnaire et peut être proposé à l'adoption. Huit jours ouvrés, avec un week-end et un jour férié au milieu, cela peut représenter près de deux semaines de calendrier ; cela peut aussi filer très vite si l'on ne pense pas à téléphoner tout de suite.
Pourquoi ce sont les grands chiens qui restent
Les box de Millau abritaient surtout des chiens de grande taille. Les petits gabarits sortent plus vite, et la raison tenait en peu de mots chez Pauline Dreno : ils se transportent facilement et un comportement difficile s'y tolère mieux. Un caniche qui grogne reste un caniche qui grogne. Un malinois de 30 kilos qui grogne devient un problème de sécurité, et l'adoptant potentiel le sait.
S'y ajoute une question de moyens. Un grand chien mange davantage, coûte plus cher chez le vétérinaire, réclame un jardin ou de longues sorties quotidiennes, et il vit dix à treize ans. Les races devenues populaires par effet de mode, bergers australiens et malinois en tête, sont précisément celles qui demandent le plus de travail : ce sont des chiens de conduite de troupeau et de travail, pas des chiens d'appartement. Ils finissent au refuge quand l'adoptant découvre après six mois qu'une heure de promenade ne suffit pas à fatiguer un animal sélectionné pour courir toute la journée.
Ce qui aide vraiment un refuge en été
L'adoption reste la seule sortie qui libère une place, mais elle ne se décide pas en une visite de quinze minutes un samedi. Les refuges de la SPA font passer un entretien, vérifient le mode de vie et proposent plusieurs rencontres avant validation : ce filtre n'est pas une tracasserie, il évite le retour de l'animal trois mois plus tard.
Pour ceux qui ne peuvent pas adopter, deux gestes pèsent davantage qu'un don ponctuel. La famille d'accueil temporaire libère un box pendant des semaines, notamment pour les chiots, les chatons non sevrés et les animaux en convalescence. Le bénévolat de sortie de chiens, deux ou trois heures par semaine, maintient des animaux sociables et donc adoptables ; un chien qui perd le contact humain devient plus difficile à placer, et le cercle se referme.
Reste le geste qui compte le plus, et qui ne coûte rien : faire identifier et stériliser son animal. L'identification est obligatoire en France pour les chiens et, depuis 2012, pour les chats nés après le 1er janvier de cette année. Une chatte non stérilisée et ses descendants produisent des dizaines de chatons en quelques années, et ce sont ces portées-là qui arrivent au refuge en juin, quand tous les box sont déjà pris.
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