Hippocampe, orque, petit requin... Quels animaux incroyables ont-ils été retrouvés dans la Seine ?

découvrez les incroyables rencontres de l'hippocampe, l'orque, et le petit requin dans la seine. une exploration fascinante des merveilles de la vie aquatique en plein cœur de la ville.
Sommaire6 sections
  1. 01Le fleuve s'arrête à Paris, l'estuaire commence au Havre
  2. 02Le petit requin dont tout le monde parle
  3. 03L'orque de mai 2022 et le béluga d'août
  4. 04Une baleine entre deux ponts
  5. 05Les installés : crabe chinois, crevette et tortue de Floride
  6. 06Les habitants permanents, moins spectaculaires et plus intéressants

L'orque et le béluga de 2022, les hippocampes, le petit requin : presque aucun de ces animaux n'a été vu à Paris. Ils appartiennent à l'estuaire de la Seine, entre Tancarville et Le Havre, là où le fleuve devient salé. La nuance change tout le sens de ces découvertes.

Le fleuve s'arrête à Paris, l'estuaire commence au Havre

Vue de la Seine sous un ciel gris, avec un bateau au loin

La Seine parcourt environ 775 kilomètres et sa partie basse, en aval de Rouen, subit deux marées par jour. L'eau y est saumâtre, puis franchement salée à l'approche du pont de Normandie. Des espèces marines y entrent donc naturellement, sans aucune anomalie. Quand un titre annonce un requin « dans la Seine », il parle neuf fois sur dix de cette zone, à 200 kilomètres de la tour Eiffel.

Le petit requin dont tout le monde parle

Il s'agit de la roussette, un squale d'environ 70 centimètres à la peau tachetée, parfaitement inoffensif pour l'homme et commun sur toute la façade Manche-Atlantique. Elle remonte dans l'estuaire au gré des marées et se retrouve parfois dans les filets près du Havre. Aucun grand requin n'a jamais été observé dans la Seine, et la mécanique du fleuve rend la chose improbable : trop peu profond, trop turbide, trop peu salé au-delà de quelques dizaines de kilomètres.

L'orque de mai 2022 et le béluga d'août

En mai 2022, une orque égarée est remontée jusqu'aux environs de Rouen. Amaigrie, désorientée, elle n'a pas retrouvé le chemin de la mer malgré les tentatives de guidage acoustique, et son cadavre a été retrouvé quelques jours plus tard. Au mois d'août suivant, un béluga, espèce arctique qui n'a rien à faire à cette latitude, a été repéré à une centaine de kilomètres de l'embouchure, coincé entre deux écluses. Il a été extrait et transporté vers la côte dans une opération très médiatisée, et il est mort pendant le transfert.

Ces deux épisodes ne racontent pas une Seine qui redevient sauvage. Ils racontent deux animaux malades ou perdus, entrés dans un piège hydraulique dont ils ne pouvaient plus sortir. Les scientifiques parlent d'échouage, pas de colonisation.

Une baleine entre deux ponts

Toujours en 2022, un petit cétacé a été aperçu entre le pont de Normandie et le pont de Tancarville, sur une portion large de plusieurs centaines de mètres. L'observation est rare mais pas inédite : marsouins et petits rorquals entrent régulièrement dans les baies de la Manche en suivant des bancs de poissons.

Les installés : crabe chinois, crevette et tortue de Floride

Manuel Muntoni, du Groupement d'intérêt public Seine-Aval, décrit une faune exotique qui, elle, est bel et bien chez elle. Le crabe chinois, reconnaissable à ses pinces couvertes de poils, a voyagé dans les eaux de ballast des cargos et occupe désormais les mares en bord de Seine. La Caridine de Desmarest, petite crevette d'eau douce bleutée originaire du bassin méditerranéen, a suivi le même chemin de remontée et s'est acclimatée.

Nathalie Pfeiffer, de l'Office français de la biodiversité en Normandie, signale une dizaine de tortues de Floride par an. Celles-là n'ont voyagé que depuis un salon : ce sont des animaux de compagnie relâchés quand ils deviennent trop grands. Le phénomène concerne toute la France et ces tortues concurrencent la cistude d'Europe, l'espèce indigène. Abandonner un animal reste un délit, et les refuges spécialisés en reptiles existent.

Les habitants permanents, moins spectaculaires et plus intéressants

Le silure glane dépasse les deux mètres dans les fosses de la Seine et s'est installé durablement depuis les années 1990. La lamproie, avec sa bouche en ventouse et son allure d'anguille préhistorique, fait le trajet inverse : elle remonte pour se reproduire. L'esturgeon européen, lui, est en réintroduction assistée, et son retour se mesure en décennies.

Ces espèces-là disent bien plus sur l'état du fleuve qu'un béluga égaré. La qualité de l'eau de la Seine s'est améliorée depuis les années 1970, le retour de poissons migrateurs le confirme, mais l'oxygène reste critique en été sur certains tronçons et les obstacles à la migration n'ont pas tous été effacés. C'est là que se joue l'avenir de cette faune, pas dans les faits divers.

Résumer cet article avec :

Partager :