Connaître le poids idéal du Dogue de Bordeaux pour une gestion adéquate

découvrez comment déterminer le poids idéal du dogue de bordeaux pour assurer une gestion appropriée de sa santé et de son bien-être.
Sommaire5 sections
  1. 01Ce que dit vraiment le standard, et ce qui circule à côté
  2. 02La courbe de croissance, mois par mois
  3. 03Les articulations avant 18 mois
  4. 04Une race à surveiller de près
  5. 05Caractère : de la garde, pas de la domination

Un Dogue de Bordeaux mâle passe de 20 kg à 3 mois à plus de 50 kg en un an et demi. Cette prise de masse, la plus rapide de toutes les races françaises, décide en grande partie de ses hanches, de son cœur et de ses années à venir.

Ce que dit vraiment le standard, et ce qui circule à côté

Dogue de Bordeaux fauve assis, tête large et ridée, museau court et sombre

Le standard FCI numéro 116 fixe un poids minimum, pas une fourchette haute : au moins 50 kg pour le mâle, au moins 45 kg pour la femelle. La taille va de 60 à 68 cm au garrot chez le mâle, de 58 à 66 cm chez la femelle. Dans les faits, un mâle bien construit se stabilise entre 50 et 65 kg, une femelle entre 45 et 55 kg.

Les fiches qui annoncent 80 kg pour un mâle adulte se trompent de cible. À ce poids, on ne décrit plus un Dogue de Bordeaux dans son type : on décrit un chien obèse, ou un sujet hypertypé dont l'ossature ne suivra pas.

La courbe de croissance, mois par mois

Un chiot mâle tourne autour de 18 à 21 kg à 3 mois, de 33 à 38 kg à 6 mois, et atteint 45 à 55 kg vers son premier anniversaire. Les derniers kilos se posent lentement, surtout en largeur de poitrine, jusque vers 18 mois. La femelle suit la même pente avec environ dix kilos de moins à chaque étape.

Le piège tient en une idée simple : chez une race géante, faire grossir vite ne fait pas grandir mieux. Un apport calorique et calcique trop élevé pendant la phase de croissance accélère la prise de masse alors que le cartilage articulaire, lui, garde son rythme. C'est ainsi qu'on fabrique des dysplasies et des ostéochondroses sur un chiot qui n'avait aucune prédisposition particulière.

Concrètement : un aliment formulé pour chiot de grande race, une ration pesée, deux à trois repas par jour, aucune supplémentation en calcium sans avis vétérinaire. Le chiot doit rester mince toute sa première année, au point qu'on vous dira parfois qu'il est maigre. Il ne l'est pas.

Les articulations avant 18 mois

Tant que les cartilages de croissance ne sont pas fermés, l'exercice se dose. Les escaliers répétés, les sauts depuis le coffre, les courses derrière un vélo et les jeux de traction sollicitent des épaules et des hanches qui portent déjà un poids d'adulte sur un squelette d'adolescent. La marche en terrain souple, en revanche, ne pose aucun problème.

La règle de prudence la plus répandue chez les éleveurs de races géantes compte environ cinq minutes de promenade par mois d'âge, deux fois par jour, puis augmente progressivement. Le sol compte aussi : un carrelage glissant fait faire des écarts qui abîment les hanches.

Une race à surveiller de près

Le Dogue de Bordeaux cumule plusieurs fragilités connues, et le poids aggrave presque toutes.

  • Dysplasie de la hanche et du coude, largement documentée dans la race, dépistée par radiographie officielle après l'âge d'un an.
  • Cardiomyopathie dilatée, pour laquelle un contrôle cardiaque régulier est recommandé chez l'adulte.
  • Syndrome obstructif des voies respiratoires, lié au museau court : ronflements bruyants, essoufflement rapide, intolérance à l'effort.
  • Coup de chaleur, le risque le plus immédiat en été.
  • Affections cutanées des plis du visage et kératodermie des coussinets.
  • Tumeurs, plus fréquentes que la moyenne canine.

Caractère : de la garde, pas de la domination

Le Dogue de Bordeaux est un chien posé, lent à s'exciter, très attaché à ses proches et réservé avec les inconnus. Cette réserve demande une socialisation soignée entre 3 et 16 semaines, période pendant laquelle le chiot enregistre ce qui est normal dans son monde : enfants, visiteurs, bruits de rue, autres chiens.

On lit encore qu'il faut s'imposer comme chef de meute face à lui. L'idée est fausse et le conseil se retourne souvent contre le maître : la théorie de la dominance appliquée au chien domestique a été abandonnée par les vétérinaires comportementalistes, et les méthodes coercitives sur un chien de 60 kg produisent de la peur, parfois de la morsure défensive. L'apprentissage en renforcement positif, commencé tôt et tenu chaque jour, donne un chien bien plus fiable.

Reste une évidence à poser franchement : cette race vit peu. Les enquêtes de longévité sur les grandes races placent le Dogue de Bordeaux autour de six ans en moyenne. Un poids tenu, des articulations ménagées pendant la croissance et des étés à l'ombre ne changeront pas sa génétique, mais ce sont les seuls leviers à votre portée.

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