Découvrez les trésors méconnus de la faune himalayenne : 3 animaux emblématiques à connaître

découvrez les trésors méconnus de la faune himalayenne en apprenant à connaître 3 animaux emblématiques de cette région unique.
Sommaire3 sections
  1. 01Le léopard des neiges, un félin qui ne rugit pas
  2. 02Le yak, une machine thermique à basse consommation
  3. 03Le lophophore resplendissant, oiseau national du Népal

Au-dessus de 4 000 mètres, l'air ne contient plus que la moitié de l'oxygène disponible au niveau de la mer. Le léopard des neiges, le yak sauvage et le lophophore résolvent ce même problème de trois façons différentes, et c'est ce qui rend leur anatomie lisible.

Le léopard des neiges, un félin qui ne rugit pas

Léopard des neiges au pelage gris tacheté sur un éboulis rocheux de haute montagne

Panthera uncia vit entre 3 000 et 5 500 mètres d'altitude sur douze pays d'Asie centrale et himalayenne. L'Union internationale pour la conservation de la nature le classe vulnérable depuis 2017, avec une population sauvage estimée entre 4 000 et 6 500 adultes, un chiffre que personne ne donne sans marge d'erreur tant l'animal est difficile à recenser.

Sa poitrine large et ses poumons volumineux compensent la raréfaction de l'oxygène. Ses narines sont larges et ses cavités nasales profondes, ce qui réchauffe l'air glacé avant qu'il n'atteigne les bronches. Sa queue, presque aussi longue que son corps, fait contrepoids dans les éboulis et lui sert de couverture quand il se couche : il l'enroule autour de son museau.

Contrairement au lion ou au tigre, il ne rugit pas. Son appareil hyoïdien ne le lui permet pas. Il souffle, feule, et émet un long appel nasillard pendant la période de reproduction, qui court de janvier à mars. La femelle met bas après environ 95 à 105 jours de gestation, le plus souvent deux ou trois petits, exceptionnellement jusqu'à cinq.

Le yak, une machine thermique à basse consommation

Le yak sauvage, Bos mutus, fréquente les plateaux tibétains entre 4 000 et 6 000 mètres. Les mâles atteignent couramment 800 kg, parfois près d'une tonne, quand les femelles dépassent rarement 350 kg. Les yaks domestiques, Bos grunniens, sont nettement plus petits : 350 à 580 kg pour un mâle. Le dimorphisme est donc très marqué, et les cornes du mâle sont beaucoup plus longues et plus courbées.

Son pelage fonctionne en deux couches : un duvet dense contre la peau, surmonté de longues jarres qui descendent en jupe jusqu'aux jarrets et coupent le vent. Il possède très peu de glandes sudoripares, ce qui limite les pertes de chaleur et d'eau. Son sang contient davantage de globules rouges et une hémoglobine à forte affinité pour l'oxygène, un avantage qui se paie en hiver : un yak descendu à basse altitude supporte mal la chaleur au-delà de 15 degrés.

Le lophophore resplendissant, oiseau national du Népal

Lophophorus impejanus est un faisan de montagne que les Népalais appellent danphe. Le mâle porte une huppe en raquette et un plumage irisé qui vire du vert au cuivre et au violet selon l'angle de la lumière. La femelle, brune et mouchetée, disparaît littéralement dans les pierriers dès qu'elle se pose.

L'oiseau se déplace avec les saisons : il monte jusqu'à 4 500 mètres au printemps et en été, puis redescend vers 2 000 à 2 700 mètres quand la neige couvre les pâturages. Il passe une bonne partie de sa journée à creuser le sol avec son bec court et puissant pour en extraire tubercules, racines et larves, laissant derrière lui des trous caractéristiques dans les alpages.

La parade du mâle se donne à la fin de l'hiver : cou gonflé, huppe dressée, balancement de la tête, courts vols en piqué accompagnés de sifflements. La ponte compte généralement de trois à cinq œufs, couvés par la seule femelle pendant environ 26 à 29 jours.

Trois solutions, une seule contrainte. Le félin agrandit sa cage thoracique et allonge sa queue. Le bovin augmente sa masse et ferme ses pores. L'oiseau, lui, triche avec l'altitude en migrant verticalement de deux kilomètres chaque année. Aucune de ces adaptations ne protège contre la disparition des pâturages d'altitude ni contre le braconnage, qui restent les deux vraies menaces sur ces trois espèces.

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