Les animaux de We Love Green maltraités ? Découvrez le scandale caché en coulisses !
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Il n'y a pas de scandale caché derrière We Love Green : il y a un conflit d'usage public, documenté et ancien, entre un festival de 2024 installé dans le bois de Vincennes et des associations naturalistes qui demandent son déménagement depuis plusieurs éditions.
Ce qui se joue exactement dans le bois de Vincennes
Le bois de Vincennes couvre près de 1 000 hectares à l'est de Paris, en bordure du 12e arrondissement. C'est le plus grand espace vert de la capitale, propriété de la Ville de Paris, et il accueille chaque année plusieurs grands rassemblements. We Love Green s'y tient début juin, au moment où les oiseaux forestiers nourrissent leurs nichées.
C'est ce calendrier qui cristallise le désaccord. La période de nidification de la plupart des passereaux urbains court d'avril à juillet. Monter des scènes, des villages et des voies de circulation sur plusieurs hectares pendant ces semaines-là, puis les démonter, suppose des semaines de camions, de groupes électrogènes et d'éclairage nocturne au milieu d'un habitat occupé.
Ce que disent les associations
Le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) est en première ligne. Sa représentante Marie-Noëlle Bernard résumait la position en 2024 par une formule très citée : « À 120 décibels, vous faites exploser les tympans des écureuils ! ». Elle mentionnait aussi un jeune rapace trouvé déshydraté lors de l'édition 2023 et que l'association n'a pas réussi à sauver.
Sur ce point, autant être exact : la phrase est une image, pas un résultat d'étude. Personne n'a mesuré de rupture tympanique chez les écureuils du bois de Vincennes. Ce qui est documenté chez les mammifères et les oiseaux, c'est l'effet du bruit sur les comportements : abandon temporaire de territoire, alarme prolongée, nourrissage des jeunes interrompu, chants décalés vers la nuit. L'argument tient, mais pas sous cette forme.
Les hérissons reviennent souvent dans les alertes. Leur stratégie de défense consiste à se mettre en boule et à ne pas bouger, ce qui est la pire réponse possible face à un véhicule de chantier ou à une foule. Les orchidées sauvages de la plaine, protégées pour certaines espèces, souffrent du piétinement au même moment de l'année, en pleine floraison.
L'étude d'impact commandée par le festival
De son côté, l'organisation met en avant une étude d'impact sur l'avifaune nicheuse confiée à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Les premiers éléments rendus publics allaient dans un sens nuancé : les espèces à petit territoire se maintiennent sur place, celles qui ont besoin de grands espaces s'écartent temporairement de la zone du festival.
Le reproche des associations porte moins sur le résultat que sur son périmètre. Une étude menée sur une seule édition ne dit rien des effets cumulés d'une occupation répétée année après année. Sans protocole pluriannuel ni zone témoin, le débat reste ouvert, et il l'était toujours en juin 2024.
La demande de relocalisation
Plusieurs associations, avec le soutien de la LPO, réclamaient alors le déplacement du festival vers un site déjà artificialisé. Le Stade de France, à Saint-Denis, revenait comme hypothèse principale : une enceinte bétonnée, desservie par deux gares, où aucun habitat forestier n'est en jeu.
La directrice du festival, Marie Sabot, y était opposée. Selon Marie-Noëlle Bernard, sa réponse tenait à une question de surface : pas assez de place au Stade de France pour installer le village du festival. L'argument se tient sur le plan logistique, mais il laisse entière la question posée par les naturalistes.
Reste la question que pose le titre. Parler de maltraitance animale au sens juridique ne colle pas ici : la notion vise des animaux détenus par quelqu'un, pas une faune sauvage dérangée sur son territoire. Le sujet réel est plus terne et plus sérieux : savoir si un bois urbain de 1 000 hectares, qui sert d'habitat à des espèces protégées, peut aussi servir de salle de concert au mois de juin. Cette question-là se tranche à l'hôtel de ville, pas dans les coulisses.
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