Découvrez 10 anecdotes surprenantes sur les alligators

découvrez 10 anecdotes étonnantes sur les alligators et apprenez-en davantage sur ces fascinants prédateurs des marécages.
Sommaire6 sections
  1. 01Un animal bien plus vieux que la Floride
  2. 02Le terrier, la vraie infrastructure du marais
  3. 03Une peau blindée et des yeux à double rideau
  4. 04Le sexe se décide dans le nid, en trois semaines
  5. 05Le bourdonnement qui fait sauter l'eau
  6. 06Vite, mais très peu de temps

Un alligator court vite, mais pas longtemps : quelques secondes de sprint et il abandonne. Voici dix faits sur ce reptile de Floride et de Louisiane, avec ce qu'ils changent pour qui le croise ou le regarde de loin.

Un animal bien plus vieux que la Floride

Un alligator immobile à la surface d'un marais, seuls les yeux et les narines dépassant de l'eau

Le genre Alligator est identifiable dans les fossiles depuis une trentaine de millions d'années, et la famille des alligatoridés apparaît à la fin du Crétacé, donc bien du temps des derniers dinosaures. Le raccourci « fossile vivant » reste trompeur : l'animal a évolué, simplement son plan d'ensemble, corps bas, museau large, queue propulsive, s'est révélé si efficace en eau douce chaude qu'il n'a pas eu de raison de bouger beaucoup.

Le terrier, la vraie infrastructure du marais

Avant une tempête, un coup de froid ou une sécheresse, l'alligator creuse. Ses galeries s'enfoncent dans la berge sur plusieurs mètres, parfois une quinzaine, et se terminent par une chambre partiellement immergée où la température reste stable. Le creusement laisse derrière lui une cuvette d'eau permanente, le gator hole, qui devient en saison sèche le dernier point d'eau du secteur, dont dépendent poissons, tortues et hérons. Retirez l'alligator, et la zone humide se dessèche plus vite.

Une peau blindée et des yeux à double rideau

Le dos est couvert d'ostéodermes, des plaques d'os incluses dans la peau sous les écailles. Elles rigidifient le tronc, amortissent la morsure d'un congénère et servent de radiateur : le sang qui les traverse se réchauffe au soleil. Le ventre, souple et sans os, est la partie recherchée par la maroquinerie.

Les yeux disposent de paupières classiques et d'une troisième membrane, translucide, qui balaie l'oeil horizontalement. Elle se ferme en plongée et fait office de masque : la vision devient floue sous l'eau, mais l'oeil est protégé de la vase et des coups. La chasse immergée se joue donc rarement à vue.

Le sexe se décide dans le nid, en trois semaines

L'alligator n'a pas de chromosomes sexuels. Tout se joue pendant la deuxième à la troisième semaine d'incubation, selon la température de la butte de végétation où la femelle a pondu ses 30 à 50 oeufs. Autour de 30 °C, la ponte donne des femelles. Vers 33 °C, des mâles. Et au-delà de 34 ou 35 °C, le rapport bascule de nouveau vers les femelles. Ce n'est donc pas un simple « frais égale femelle, chaud égale mâle », comme on le lit souvent : la courbe fait deux virages, et c'est précisément ce qui rend l'espèce sensible au réchauffement des zones humides.

La femelle défend le nid pendant les 65 jours d'incubation, puis transporte les nouveau-nés dans sa gueule jusqu'à l'eau. Malgré cette garde, moins d'un jeune sur cinq atteint l'âge adulte : hérons, grands poissons, serpents, et en premier lieu les alligators adultes eux-mêmes.

Le bourdonnement qui fait sauter l'eau

Au printemps, le mâle se gonfle, arque le dos et émet un grondement dont une partie descend dans les infrasons, sous 20 Hz. Trop grave pour porter loin à l'oreille humaine, ce son fait sauter l'eau au-dessus de son dos en gouttelettes. La taille de l'animal s'entend : plus le son est grave, plus l'émetteur est long.

Vite, mais très peu de temps

À terre, un alligator peut atteindre une quinzaine de kilomètres par heure sur une distance courte. L'affirmation, souvent recopiée, selon laquelle il tiendrait ce rythme une trentaine de minutes est fausse : sa musculature fonctionne presque entièrement en anaérobie, l'acide lactique s'accumule en quelques dizaines de secondes et l'animal doit ensuite récupérer longuement, parfois des heures. Son modèle, c'est l'embuscade. Un adulte peut passer plusieurs mois sans manger, et un gros repas lui suffit pour des semaines.

L'espèce américaine a d'ailleurs une histoire de conservation peu banale. Classée en danger en 1967, elle a été retirée de la liste dès 1987 après le retour des populations, et sert depuis d'exemple aux gestionnaires de zones humides.

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