Découvrez 5 anecdotes surprenantes sur les hérissons
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Un hérisson qui traverse votre jardin ne demande presque rien : de l'eau, un coin de haie qu'on ne taille pas, et surtout qu'on ne lui serve pas de lait. Cinq choses à savoir sur cet animal, dont trois changent concrètement ce que vous ferez la prochaine fois que vous en croiserez un.
Les piquants sont des poils, et ils ne s'arrachent pas
Un hérisson adulte porte entre 5 000 et 7 000 piquants. Ce sont des poils modifiés, faits de la même kératine que nos cheveux, creux à l'intérieur et remplis de petites cloisons qui leur donnent leur rigidité sans le poids. Chacun est planté dans un bulbe souple qui amortit les chocs : un hérisson qui tombe d'un muret d'un mètre atterrit sur un matelas.
Ils tombent et repoussent en permanence, à raison de quelques-uns par jour. Un hérisson qui en perd par plaques, lui, a un problème : gale, teigne ou parasites.
Le lait, la pire idée du répertoire
Le hérisson adulte ne digère pas le lactose. La soucoupe de lait, geste transmis de génération en génération, déclenche une diarrhée qui le déshydrate en un ou deux jours, et cette déshydratation tue des jeunes chaque automne. Le pain trempé, qu'on associe souvent au lait dans la même soucoupe, ne vaut pas mieux : aucun apport, et un encombrement digestif inutile.
Ce qu'on peut poser sans risque, c'est de l'eau, dans un récipient large et peu profond. Si vous voulez nourrir, une pâtée pour chat sans sauce ou quelques croquettes pour chat de bonne qualité conviennent. Évitez les vers de farine en quantité : trop riches en phosphore, ils déminéralisent l'os quand ils deviennent la base du repas.
Un odorat qui fait tout le travail
La vue du hérisson est médiocre et ne distingue pas grand-chose au-delà de quelques dizaines de centimètres, ce qui est sans importance pour un animal qui sort à la nuit tombée. C'est le nez qui mène : il détecte un ver ou une larve sous deux à trois centimètres de terre, et l'ouïe complète le dispositif, sensible à des fréquences que nous n'entendons plus.
De là vient le bruit. Un hérisson qui fouille une haie souffle et grogne au point qu'on croit à un animal bien plus gros : ce vacarme dans les feuilles mortes, à minuit, est le meilleur indice de sa présence.
Un mot sur l'affirmation qui accompagne souvent ces articles : le hérisson tolère effectivement mieux que nous certaines toxines, dont du venin de vipère, grâce à une protéine présente dans ses muscles. De là à en faire un mangeur de serpents, il y a un pas à ne pas franchir. Son menu réel, ce sont les coléoptères, les vers, les chenilles, les perce-oreilles et parfois un œuf tombé du nid.
Les petits sortent du nid vers trois semaines
Les hérissonneaux naissent aveugles, avec une centaine de piquants blancs et mous encore sous la peau, qui percent dans les heures qui suivent. Les yeux s'ouvrent vers quinze jours. Les premières sorties derrière la mère ont lieu autour de trois à quatre semaines, et l'émancipation se fait entre six et huit semaines, souvent brutalement : la femelle quitte le nid et les jeunes se débrouillent.
Pendant l'hibernation, sa température corporelle chute autour de 5 à 10 degrés et son cœur passe de près de 200 battements par minute à une vingtaine. Chaque réveil coûte cher en réserves : un tas de feuilles déplacé en janvier peut condamner l'animal qui dormait dessous.
Les puces du hérisson ne s'installent pas chez vous
Un hérisson porte sa propre espèce de puce, Archaeopsylla erinacei, et il n'est pas rare d'en compter plusieurs centaines sur un individu. Elle est spécifique à son hôte : elle peut piquer un chien ou un humain au passage, mais elle ne se reproduit pas sur eux et ne colonise pas une maison. Inutile donc d'asperger un hérisson d'antiparasitaire pour chat, ce qui est par ailleurs dangereux pour lui.
La tolérance a toutefois ses limites : sur un animal amaigri, une charge lourde de puces, de tiques et surtout de vers pulmonaires achève souvent le travail. Un hérisson visible en plein jour, immobile, titubant ou couvert de mouches est un animal en détresse, jamais un promeneur.
Le reste tient en trois gestes de jardin : une ouverture de treize centimètres de côté au bas de la clôture pour qu'il circule d'un terrain à l'autre, un coin de ronces et de feuilles qu'on laisse tranquille, zéro granulé bleu. Sur un territoire nocturne qui couvre facilement un ou deux kilomètres, un seul jardin fermé suffit à couper la route.
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