Découvrez 3 terrifiants requins préhistoriques que vous ne connaissez peut-être pas !
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Le squelette d'un requin est en cartilage, et le cartilage ne fossilise presque jamais. De ces trois géants disparus, il ne reste donc que des dents, et c'est à partir d'elles que tout le reste a été reconstitué.
Ce détail explique pourquoi les reconstitutions changent tous les dix ans. Une dent livre un régime alimentaire, une place dans l'arbre du vivant, parfois un ordre de grandeur. Elle ne livre ni silhouette, ni couleur, ni comportement.
Le mégalodon, connu par ses dents et par rien d'autre
Otodus megalodon a vécu entre environ 20 et 3,6 millions d'années avant notre ère, puis a disparu au Pliocène. Ses dents triangulaires dépassent 16 cm de hauteur, les plus grandes jamais trouvées chez un requin. Au Moyen Âge, on les appelait glossopètres et on les prenait pour des langues de dragon ou de serpent pétrifiées. C'est le Danois Nicolas Sténon qui établit vers 1667, en disséquant la tête d'un requin échoué en Toscane, qu'il s'agissait de dents.
Les estimations de taille tournent autour de 15 à 20 mètres, avec de larges incertitudes puisqu'elles reposent sur la relation entre taille des dents et longueur du corps chez les requins actuels. Le régime est mieux établi : des os de baleines et de dauphins du Miocène portent des entailles correspondant à ses dents, souvent sur les nageoires et la queue, ce qui suggère des attaques visant d'abord à immobiliser la proie.
Stethacanthus et sa nageoire en enclume
Ce petit chondrichtyen du Carbonifère, il y a environ 350 millions d'années, mesurait autour de 70 cm. Les mâles portaient sur le dos une structure aplatie en forme de table, couverte de denticules, avec une brosse de denticules équivalente sur le sommet du crâne.
On lit parfois que cette structure réduisait la résistance à l'eau. L'idée ne tient pas debout : une plateforme hérissée de pointes perpendiculaire au flux fait exactement l'inverse. Deux hypothèses tiennent encore : un rôle dans l'accouplement, en aidant le mâle à se maintenir contre la femelle, ou un rôle de parade, les deux surfaces piquantes évoquant de face une gueule ouverte. Que seuls les mâles la portent penche vers la sélection sexuelle.
Helicoprion, la spirale qui n'était pas là où on croyait
Helicoprion vivait au Permien, il y a environ 290 à 270 millions d'années. Les premiers fossiles, des spirales de dents parfaitement enroulées, ont longtemps été pris pour des coquilles d'ammonites. Une fois identifiés comme dentaires, ils furent placés un peu partout : museau, nageoire dorsale, extérieur de la mâchoire supérieure.
La réponse est venue en 2013, quand une équipe menée par Leif Tapanila a passé au scanner un spécimen conservé dans l'Idaho. La spirale occupait la symphyse de la mâchoire inférieure, au centre, à la manière d'une scie logée dans la gueule. Les dents les plus anciennes s'enroulaient vers l'intérieur à mesure que l'animal grandissait, ce qui explique leur usure inégale.
Ce même travail a déplacé l'animal dans l'arbre du vivant. Helicoprion n'était pas un requin au sens strict mais un eugénéodonte, plus proche des chimères actuelles que du grand blanc. Sa taille est estimée entre 4 et 7 mètres, et sa mâchoire convenait sans doute à des proies à corps mou, calmars et autres céphalopodes.
C'est sans doute le point le plus intéressant de l'affaire : les trois figurent dans les mêmes listes de monstres marins alors qu'ils appartenaient à des mondes sans rapport, et que l'un d'eux tenait dans un aquarium.
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