Vous ne devinerez jamais quels 7 animaux incroyables ont exploré la Seine !
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Sept animaux hors norme ont été sortis de la Seine ou de ses égouts depuis 1984 : un grand python, un phoque barbu, un béluga, un pacu, une tortue alligator, un crocodile du Nil et une orque. Le point commun de la liste n'a rien de féerique. Sur les sept, au moins quatre sont des animaux exotiques relâchés par leurs propriétaires, et trois des sept sont morts.
On raconte souvent ces épisodes comme une série de curiosités parisiennes. Ils se lisent mieux dans l'autre sens : la Seine ne fabrique pas ces animaux, elle reçoit ce qu'on y jette et ce qui s'y égare. Deux causes couvrent presque toute la liste, l'abandon de nouveaux animaux de compagnie devenus trop grands, et la désorientation d'animaux marins remontés par l'estuaire.
Le crocodile du Nil des égouts, 1984
C'est la plus ancienne des sept et la plus célèbre. En mars 1984, des égoutiers travaillant près du Pont-Neuf tombent sur un jeune crocodile du Nil d'environ 80 centimètres. Les pompiers l'attrapent, l'animal survit, et il part à l'aquarium de Vannes, dans le Morbihan, sous le nom d'Eleonore.
Un détail est régulièrement déformé dans les reprises de l'histoire : l'animal n'a pas rejoint le Jardin des Plantes, il est parti en Bretagne, et il y vit toujours. Un crocodile du Nil adulte dépasse les trois mètres : celui-là était un juvénile, ce qui pointe vers un achat suivi d'un abandon, pas vers une colonie d'égouts.
Le python de 2012
En 2012, la brigade fluviale repêche un grand python repéré par des passants. Les comptes rendus qui circulent parlent d'un python royal de trois mètres et quarante kilos, et cette description ne tient pas debout : un python royal adulte dépasse rarement un mètre quatre-vingts et trois kilos. Un serpent de ce gabarit est un python molure ou un python réticulé. La confusion d'espèce est courante dans les dépêches, elle mérite d'être signalée plutôt que recopiée.
Le pacu de 2012, ce faux piranha
La même année, un pêcheur à la ligne remonte un poisson à la dentition troublante, avec des incisives plates qui évoquent des dents humaines. C'est un pacu, cousin sud-américain du piranha, largement herbivore, vendu jeune en aquariophilie et qui atteint plusieurs dizaines de centimètres. Là encore, un poisson devenu trop grand pour son bac finit à l'eau.
La tortue alligator de Bir-Hakeim, 2009
En 2009, une tortue alligator est repérée près du pont de Bir-Hakeim et récupérée par la brigade fluviale. Originaire du sud-est des États-Unis, c'est l'une des plus grosses tortues d'eau douce au monde, capable de dépasser les cinquante kilos, avec une mâchoire qui inflige de vraies blessures. Elle a été placée sans incident, et sa détention est strictement encadrée en France.
Les phoques barbus, 2006 et 2022
Le phoque barbu est un animal des mers arctiques. En 2006 puis en 2022, des individus ont été observés entre Rouen et l'amont de la vallée, parfois posés sur une berge ou une vasière. Ces apparitions restent rares et signalent des animaux très loin de leur aire habituelle.
La consigne des équipes de sauvetage ne varie pas : garder ses distances, tenir les chiens en laisse, ne pas pousser l'animal à l'eau, prévenir les secours spécialisés. Un phoque à terre se repose, il n'est pas forcément échoué.
Le béluga de l'été 2022
Le béluga repéré dans la Seine en août 2022 a tenu le pays en haleine pendant plusieurs jours. L'animal, très amaigri, s'est immobilisé dans une écluse en aval de Paris. Une opération de sauvetage a mobilisé une centaine de personnes pour l'extraire et le transporter vers la côte. Il n'a pas supporté le transfert et a été euthanasié en route. L'issue a été mal comprise sur le moment : un cétacé amaigri en eau douce est déjà un animal en fin de parcours, et les sauvetages de ce type réussissent rarement.
Ce que la liste raconte vraiment
Aucun de ces sept animaux n'a exploré la Seine : ils y ont été apportés ou s'y sont perdus. La bonne nouvelle du fleuve est ailleurs, plus discrète. La qualité de l'eau parisienne s'est nettement améliorée depuis les années 1970 et le nombre d'espèces de poissons recensées y a fortement remonté. Moins spectaculaire qu'un crocodile dans les égouts, mais c'est l'histoire qui compte.
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