Hiver glacial : ces 3 astuces qui sauvent les hérissons du froid
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L'hiver d'un hérisson se joue en octobre, sur la balance. En dessous de 500 à 600 grammes au moment d'entrer en hibernation, un jeune n'a pas assez de graisse pour tenir jusqu'au printemps, et aucun abri, si bien garni soit-il, ne rattrapera ce déficit. C'est ce chiffre, plus que le thermomètre, qui décide de qui passera février.
Ce que fait réellement un hérisson qui hiberne
L'hibernation n'est pas un long sommeil. C'est un arrêt contrôlé du moteur. La température corporelle descend de 34 °C à des valeurs proches de celle de l'air, souvent entre 5 et 10 °C. Le cœur passe d'environ 190 battements par minute à une dizaine. La respiration devient si lente qu'un animal manipulé semble mort.
Ce réglage fonctionne tant que l'abri reste au-dessus de zéro et au sec. Le déclenchement se fait en général quand les températures nocturnes s'installent sous 8 à 10 °C, entre fin octobre et décembre selon les régions. Le réveil suit la même logique au printemps, vers mars ou avril.
Tous les animaux ne passent pas la saison froide de cette façon. Les chimpanzés, acrobates des arbres, ne connaissent ni hibernation ni réserve de graisse, parce que leur climat ne l'exige pas. Le hérisson, lui, vit sous une latitude où quatre mois par an la nourriture disparaît du sol.
Les réveils, ce qui coûte le plus cher
Un hérisson en hibernation se réveille spontanément plusieurs fois au cours de l'hiver, pour changer de nid ou parce que la température a bougé. Chaque réveil consomme une part importante de ses réserves, l'équivalent de plusieurs jours de torpeur. Multipliez les dérangements, et la réserve calculée pour quatre mois s'épuise en février.
C'est pourquoi un nid trouvé sous un tas de bois ne se déplace pas, ne s'ouvre pas, ne se nettoie pas. On contourne, on attend mars. Un hérisson découvert dans un compost qu'on doit retourner se laisse en place avec son nid si c'est possible, et l'opération se reporte.
Le nid qui tient, et celui qui trahit
Le hérisson construit son hibernaculum avec des feuilles mortes tassées, sur 15 à 20 cm d'épaisseur, sous une haie, un tas de branches ou un abri de jardin. L'ennemi n'est pas tellement le gel : c'est l'humidité. Des feuilles détrempées perdent leur pouvoir isolant et transforment le nid en éponge froide.
Un abri fabriqué se pose donc sur une petite surélévation, entrée dos aux vents dominants, couvercle débordant, et surtout pas de fond en plastique fermé qui piège la condensation. On garnit de feuilles sèches et de paille, jamais de tissu ni de coton qui retiennent l'eau. La logique est la même que pour l'isolation d'un clapier contre le froid : bloquer le vent, garder l'air sec, laisser respirer.
Nourrir, mais au bon moment et avec quoi
Complémenter l'alimentation a du sens en septembre et octobre, pour les jeunes de l'année qui doivent encore prendre 200 ou 300 grammes. Une pâtée pour chat à la volaille, des croquettes pour chaton ramollies, ou des aliments spécifiques pour hérissons font l'affaire. Rien à voir avec les croquettes pressées à froid formulées pour le chien, trop grosses et trop riches en céréales pour un insectivore de 700 grammes.
Le lait tue, et il faut le redire chaque année : le hérisson ne digère pas le lactose, une soucoupe de lait déclenche une diarrhée qui vide un animal déjà juste en réserves. Le pain ne vaut pas mieux. On évite aussi les recettes au poisson, mal supportées, et les vers de farine en quantité, qui déséquilibrent le rapport calcium-phosphore et fragilisent le squelette.
Un point pratique : la gamelle attire les chats du quartier. Une caisse retournée percée d'une ouverture de 13 cm laisse passer le hérisson et bloque le chat, qui de toute façon déteste ce genre de passage étroit. On rentre la gamelle au matin pour ne pas nourrir les rats.
Le froid n'est pas la seule saison à risque pour lui. Les canicules d'été tuent aussi, et pour des raisons exactement inverses : nos gestes à retenir pour aider les hérissons pendant une canicule complètent ce qui précède. Un jardin qui sauve un hérisson en février est presque toujours celui qui l'a nourri en septembre.
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