LaPerm : : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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Le LaPerm se reconnaît à ses boucles, mais ce n'est pas son pelage qui décide si vous devez en adopter un : c'est sa façon de vous suivre de pièce en pièce. Ce chat né d'une mutation spontanée dans une ferme de l'Oregon supporte mal la solitude, et c'est la première question à se poser avant de craquer sur une photo.
Apparence : des boucles, trois façons de naître
La fourrure du LaPerm est souple, aérée, et elle rebondit sous la main au lieu de s'écraser. Les boucles vont de l'ondulation discrète à la frisure serrée, sur poil court comme sur poil mi-long. Les moustaches elles-mêmes sont ondulées. Toutes les couleurs sont admises par les standards, les robes rouges et les variantes colourpoint étant les plus recherchées.
Les chatons se répartissent en trois cas de figure, et les éleveurs utilisent les abréviations anglaises :
- BC (born curled) : le chaton naît déjà bouclé.
- BS (born straight) : il naît à poil lisse et gardera ce poil.
- BB (born bald) : il naît nu, ou perd son duvet, et le pelage définitif arrive ensuite.
Un chaton BB qui reste chauve plusieurs semaines inquiète souvent les nouveaux propriétaires. C'est le fonctionnement normal de la race : la fourrure s'installe entre deux et quatre mois, parfois plus tard, et la texture finale peut encore évoluer jusqu'à l'âge adulte. Certains sujets muent complètement une fois dans leur jeunesse avant de refaire un pelage. Le gabarit reste moyen : silhouette musclée sans lourdeur, queue en panache, grandes oreilles souvent garnies de touffes. Les femelles tournent autour de 2,5 à 3,5 kg, les mâles vers 4 à 5 kg.
Une mutation repérée dans une ferme de l'Oregon
L'histoire commence en 1982 chez Linda Koehl, qui élève des chats de ferme destinés à tenir les rongeurs à distance dans ses vergers de cerisiers, dans la vallée de The Dalles, en Oregon. Une portée arrive, avec une chatte née complètement nue, très différente de ses frères et sœurs. Vers huit semaines, le duvet pousse, bouclé. Elle s'appellera Curly.
Curly transmet le caractère à sa descendance, et Koehl comprend qu'elle tient une mutation dominante : un seul parent bouclé suffit à donner des chatons bouclés. Le cheptel s'agrandit pendant une dizaine d'années avant que des juges d'exposition encouragent l'éleveuse à structurer la chose. Le nom choisi, LaPerm, renvoie sans détour à la permanente du coiffeur. La TICA reconnaît la race en 2004, la FIFe en 2015, ce qui ouvre les expositions européennes.
Caractère : un chat qui vous colle, au sens propre
Le LaPerm est bavard sans être criard, très porté sur le contact, et il s'installe volontiers sur l'épaule ou contre le cou plutôt que sur les genoux. Les Britanniques les surnomment les Lappies. Il ouvre les portes, inspecte les placards, monte sur les étagères hautes et considère le clavier de l'ordinateur comme un lieu de repos légitime.
Le revers de cette sociabilité mérite d'être dit franchement : ce chat supporte mal les journées vides. Laissé seul dix heures par jour cinq jours par semaine, sans congénère ni stimulation, il développe volontiers de l'ennui, des vocalises, du grattage ou du léchage excessif. Si votre foyer est vide en semaine, prenez-en deux, ou choisissez une autre race. Avec des enfants qui savent respecter un animal, ou avec un autre chat actif, il s'intègre en revanche très bien.
Entretien : moins de brossage qu'on ne croit
Le pelage bouclé ne se travaille pas comme celui d'un persan. Le brosser trop, ou avec une brosse agressive, casse la boucle et donne un poil électrique et terne. Un passage doux par semaine, peigne à dents larges ou brosse souple, suffit largement, avec une fréquence un peu plus soutenue pendant les mues de printemps et d'automne. Les nœuds se forment surtout derrière les oreilles et aux aisselles chez les sujets mi-longs.
Le reste relève de la routine : contrôle des oreilles et des yeux à chaque brossage, coupe des griffes toutes les trois à quatre semaines, brossage des dents commencé tôt, vaccinations et vermifugation selon le protocole que votre vétérinaire adapte à son mode de vie. La race ne traîne pas de maladie héréditaire spécifique documentée, ce qui ne dispense pas de la visite annuelle, ni de la visite semestrielle passé dix ans.
Alimentation : carnivore strict, rien de plus compliqué
Le LaPerm ne demande aucun régime particulier lié à sa race. Il a besoin de ce dont a besoin n'importe quel chat : une part élevée de protéines animales, de la taurine, des acides gras, et de l'eau. Une nourriture de qualité se juge à la première ligne de sa composition, où la viande ou le poisson doivent figurer nommément, pas en pourcentage flou de sous-produits.
La mode du sans céréales mérite d'être relativisée : une céréale n'est pas toxique pour un chat, et un aliment sans céréales bourré d'amidon de pois ne vaut pas mieux. Ce qui compte, c'est la teneur en protéines animales et la part d'humide dans la ration, car beaucoup de chats boivent peu. Le mélange croquettes plus pâtée, avec des quantités ajustées au poids réel, marche bien.
Quant au cru, la méthode BARF, elle demande une ration calculée par un professionnel de la nutrition animale et une hygiène irréprochable. Mal équilibrée, elle expose à des carences sérieuses, notamment en calcium et en taurine, et à des contaminations bactériennes. Discutez-en avec votre vétérinaire avant de vous lancer plutôt qu'avec un groupe de discussion.
Le mot de la fin tient en une phrase : le LaPerm est un chat facile à entretenir et exigeant en présence. Ses boucles ne demanderont pas grand-chose de votre temps, sa compagnie, oui.
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