Que fait cette commune du Calvados pour éliminer les animaux errants une fois pour toutes?
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Un chien ramassé un samedi soir à Condé-en-Normandie et récupéré le mardi coûte désormais à son propriétaire autour de 150 euros, et près de 230 si l'animal n'est pas pucé. C'est le vrai contenu de la délibération votée par le conseil municipal le 27 mai 2024 : pas un plan contre les animaux errants, une grille tarifaire qui met fin à la fourrière gratuite.
Ce que la commune a voté le 27 mai 2024
Condé-en-Normandie, commune nouvelle du Calvados née en 2016 du regroupement de Condé-sur-Noireau et de plusieurs villages du Bocage, facturait jusque-là la capture et la garde des animaux errants au tarif zéro. Les services municipaux avaient recensé plus de 40 abandons sur la seule année 2023, en hausse sur les années précédentes. Le conseil municipal a donc adopté un barème.
- Capture d'un animal : 60 euros, portés à 80 euros à la première récidive, avec 50 euros de majoration au-delà.
- Capture de nuit, le week-end ou un jour férié : majoration de 20 pour cent.
- Frais de séjour : 25 euros par jour entamé.
- Pose d'une puce avant sortie, chien ou chat : 80 euros.
- Propriétaire qui ne récupère pas son animal : 250 euros.
- Soins vétérinaires : la facture du praticien, majorée de 40 euros de frais de gestion.
- Euthanasie : 95 euros.
La puce électronique, seule variable que le propriétaire contrôle
L'identification est obligatoire en France pour tous les chiens et pour les chats nés après le 1er janvier 2012. Sans elle, la fourrière n'a personne à appeler : l'animal reste, les jours de garde s'empilent, et le forfait puce de 80 euros s'ajoute à la note avant la restitution.
Le point que beaucoup oublient, c'est la mise à jour du fichier. Une puce posée en 2018 avec un numéro de téléphone changé depuis ne sert à rien. Le fichier national d'identification des carnivores domestiques se modifie en ligne, gratuitement, en quelques minutes. Un déménagement, un nouveau numéro : c'est le moment de le faire, pas celui où le téléphone sonne depuis la fourrière.
Est-ce que ça règle le problème ? Non
Le titre promet une commune qui éliminerait les animaux errants une fois pour toutes. Il faut être franc : un barème ne fait pas ça. Il décourage le propriétaire négligent qui laissait divaguer son chien en sachant qu'on le lui rendrait sans frais, et il transfère aux responsables une dépense jusqu'ici payée par le budget communal. C'est déjà quelque chose.
Sur les chats libres, en revanche, la facturation ne mord pas : ces animaux n'ont pas de propriétaire à facturer. Les communes qui font baisser durablement leurs populations félines passent par des campagnes de stérilisation avec relâche sur place, conduites avec une association et étalées sur plusieurs années. Les deux outils ne s'adressent pas aux mêmes animaux, et l'un ne remplace pas l'autre.
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