Le chat American Shorthair : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
Sommaire6 sections
- 01Des ratiers de navire devenus race officielle
- 02Creme Puff n'était pas un American Shorthair
- 03Santé : deux surveillances qui valent la peine
- 04Un chat facile à vivre, à ne pas confondre avec un chat qu'on oublie
- 05Ce qui ne doit jamais atterrir dans son assiette
- 06Adopter : pedigree ou refuge, mais pas l'entre-deux
L'American Shorthair ressemble à s'y méprendre à un chat de gouttière, et c'est précisément ce qui le rend difficile à acheter sans se tromper. Un chaton tigré vendu 1 200 euros sans pedigree n'est pas de cette race : il n'en a que l'allure, que partagent des millions de chats européens.
Cette race existe pourtant bel et bien, avec un standard précis, une histoire longue et des points de santé qui lui sont propres. Elle a simplement le défaut d'être le résultat d'une sélection sur un physique ordinaire : des générations d'éleveurs américains ont travaillé à fixer un chat solide et sans excès, plutôt qu'une silhouette reconnaissable à dix mètres. Il faut donc savoir ce qu'on regarde.
Des ratiers de navire devenus race officielle
Les ancêtres de ces chats ont traversé l'Atlantique dans les cales des navires européens, embarqués pour protéger les vivres des rats. Ils se sont répandus sur le continent avec la colonisation, et la sélection naturelle a fait le reste : ceux qui survivaient aux hivers du nord-est américain étaient les plus musclés, les mieux fourrés et les meilleurs chasseurs.
L'histoire officielle commence en 1906, quand la CFA enregistre ces chats à poil court sous l'appellation Shorthair, puis Domestic Shorthair. Le nom d'American Shorthair n'arrive qu'en 1966, quand les éleveurs obtiennent de le distinguer clairement des chats domestiques tout-venant. Le premier sujet enregistré était d'ailleurs un mâle roux importé d'Angleterre, ce qui dit assez la porosité des origines.

Creme Puff n'était pas un American Shorthair
Ce point revient dans presque toutes les fiches consacrées à la race, et il est faux. Creme Puff, la chatte détentrice du record de longévité homologué avec 38 ans, vivait au Texas chez un propriétaire connu pour l'âge remarquable de plusieurs de ses animaux. C'était une chatte de type domestique commun, sans pedigree. Aucun rapport avec l'American Shorthair, et aucun record de race à revendiquer ici.
Les chiffres réalistes sont plus modestes, et déjà bons : 15 à 17 ans en moyenne pour un chat d'intérieur stérilisé, bien suivi et maintenu à son poids, avec des sujets qui dépassent 20 ans. Cette solidité est réelle, elle vient du fond génétique large de la race, mais elle ne dispense de rien : un American Shorthair mal nourri et sédentaire vieillit aussi vite qu'un autre chat.
Santé : deux surveillances qui valent la peine
La cardiomyopathie hypertrophique est décrite dans la race, avec une prédisposition documentée. Elle épaissit le muscle cardiaque, reste longtemps silencieuse, et se révèle parfois brutalement par une paralysie des pattes arrière, un chat qui crie et qui ne peut plus se lever. Un éleveur correct fait échographier le coeur de ses reproducteurs par un vétérinaire cardiologue, chaque année, et vous montre les comptes rendus. C'est le document à réclamer avant toute réservation.
La maladie rénale chronique arrive ensuite, comme chez tous les chats âgés. Les signes précoces sont discrets : le chat boit davantage, la litière est plus lourde, il maigrit lentement alors qu'il mange normalement. Un bilan sanguin et urinaire annuel à partir de 7 ans, deux fois par an à partir de 12, change réellement le pronostic parce qu'il permet d'agir sur l'alimentation avant que les reins ne soient très abîmés. Aucun complément acheté en ligne ne remplace ce suivi, et aucun médicament humain ne doit être donné à un chat sans prescription.
Un chat facile à vivre, à ne pas confondre avec un chat qu'on oublie
Le tempérament est la meilleure carte de la race : posé, peu bavard, sociable avec les enfants et avec un chien qui connaît déjà les chats, capable de passer une journée seul sans détruire l'appartement. Il ne réclame pas les genoux en permanence, il vient quand il en a envie et il repart.
Cette indépendance a un revers que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard. Un chat calme qui se met à dormir un peu plus, à jouer un peu moins et à prendre discrètement du poids ne signale rien : il s'éteint doucement. Deux séances de jeu de dix minutes par jour, une canne à plume plutôt qu'une souris en mousse abandonnée sous le canapé, et un distributeur qui l'oblige à travailler pour ses croquettes valent mieux que n'importe quel complément alimentaire.
Ce qui ne doit jamais atterrir dans son assiette
La liste est courte et elle ne s'improvise pas. Oignon, ail, poireau, échalote et ciboulette, crus, cuits, déshydratés ou cachés dans un bouillon, détruisent les globules rouges du chat. Le chocolat, le raisin frais ou sec, l'alcool et les produits sucrés au xylitol sont toxiques. Le thon en boîte destiné aux humains, distribué tous les jours, déséquilibre la ration sans être un poison pour autant. Et les lys, dans un vase, tuent : toutes les parties de la plante provoquent une insuffisance rénale aiguë, le pollen léché sur le pelage y suffit, et la prise en charge se compte en heures.
Adopter : pedigree ou refuge, mais pas l'entre-deux
Deux chemins se défendent. Le premier passe par un élevage inscrit, avec pedigree LOOF, identification par puce, certificat vétérinaire de cession, numéro de portée dans l'annonce et bilan cardiaque des parents. Comptez une visite sur place, la mère visible, et un chaton cédé au plus tôt à 8 semaines. Le second passe par un refuge, où des dizaines de chats européens au poil court, tigrés ou argentés, offriront exactement le même caractère pour des frais d'adoption dix fois inférieurs. Ce qu'il faut éviter, c'est le milieu : l'annonce en ligne, sans papiers, au tarif d'un chat de race.
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