Le chat American Wirehair : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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Chercher un American Wirehair en France, c'est chercher un chat dont il ne naît quasiment aucune portée sur le territoire. Cette rareté conditionne tout le reste : le prix, le délai d'attente, et la façon dont il faudra s'occuper de son poil une fois le chat à la maison.
La race tient sur une seule mutation, apparue par hasard, et sur un pelage qui ne ressemble à aucun autre. Ni le Rex bouclé, ni le poil court classique : un poil crochu à l'extrémité, rêche sous la paume, un peu comme de la laine d'acier fine. Les moustaches elles-mêmes sont recourbées et cassantes. C'est ce détail qui distingue un vrai Wirehair d'un American Shorthair au poil un peu sec, et c'est aussi lui qui impose une routine d'entretien à contre-courant de ce qu'on fait chez les autres chats.
Une portée de chats de ferme, dans l'État de New York, en 1966
L'origine est datée et documentée, ce qui est rare pour une race de chat. En 1966, dans une ferme de l'État de New York, une portée de chats domestiques compte un chaton roux et blanc au poil anormal, frisottant et dur au toucher. Une éleveuse locale le repère, l'achète, et le croise avec une femelle de la même portée. Les chatons naissent avec le même poil : la mutation est dominante, donc transmissible sans consanguinité forcée. C'est ce qui sépare le Wirehair du Devon Rex et du Cornish Rex, dont les mutations sont récessives et ont demandé des générations de croisements serrés pour se fixer.
Les éleveurs américains ont ensuite adossé la race à l'American Shorthair, qui lui a donné son ossature, sa tête ronde et son tempérament. La CFA lui accorde le statut de championnat en 1978. Depuis, la population n'a jamais décollé : l'American Wirehair figure année après année en bas des statistiques d'enregistrement de la CFA, et il reste pratiquement absent des naissances européennes.
À quoi ressemble un Wirehair, en détail
Le poil dur ne couvre pas toujours l'ensemble du corps avec la même intensité. Certains sujets ont un pelage franchement crêpelé du nez au bout de la queue, d'autres n'ont que le dos et la ligne dorsale marqués, avec un ventre nettement plus souple. On dit parfois que les boucles disparaissent en grandissant. C'est à nuancer : la texture évolue effectivement au cours de la première année, elle peut s'assouplir ou au contraire se durcir, mais un chaton né avec le poil crochu reste un Wirehair toute sa vie.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Race | American Wirehair |
| Origine | États-Unis, État de New York, 1966 |
| Conformation | Médioligne semi-cobby |
| Taille | Moyenne |
| Poids | 3,5 à 6 kg selon le sexe |
| Pelage | Court, dur, crochu à l'extrémité |
| Robes | Robes traditionnelles, toutes sauf chocolat, cannelle et lilas |
| Yeux | Taille moyenne, arrondis, placés de biais |
| Oreilles | Taille moyenne, peu ouvertes, poil dur à l'intérieur |
| Queue | Épaisse à la base, longueur moyenne |
Les yeux vont du doré au vert selon la robe, ronds et bien ouverts, posés légèrement en biais. Le corps est celui d'un chat de ferme sélectionné : épaules larges, pattes droites, rien d'excessif. C'est une morphologie sans exagération, et c'est tant mieux, parce que les races construites sur un extrême finissent toujours par le payer en santé.
Le poil ne se brosse pas, il s'abîme
Un brossage énergique casse le poil crochu et laisse des zones dégarnies qui mettent des mois à repousser. C'est la première erreur des nouveaux propriétaires, qui appliquent au Wirehair la routine d'un chat à poil court ordinaire. Le bon geste tient en peu de choses : une main humide passée sur le dos une fois par semaine pour ramasser les poils morts, pas de carde, pas de peigne métallique, pas d'étrille.
Deux points demandent en revanche une attention régulière. Les oreilles, d'abord : le poil dur qui les tapisse retient le cérumen, qui s'accumule plus vite que chez d'autres races. Un contrôle visuel hebdomadaire et un nettoyage à la lotion auriculaire vétérinaire, jamais au coton-tige enfoncé dans le conduit, évitent l'otite. La peau, ensuite, peut être un peu grasse chez certains sujets, avec des squames sur le bas du dos. Si vous voyez apparaître des croûtes, des rougeurs ou un léchage insistant, c'est une consultation, pas un shampooing acheté au hasard : les dermatites félines se ressemblent toutes de loin et se traitent différemment.

Un caractère de chat de ferme, pas de chat d'exposition
Le tempérament vient en droite ligne de l'American Shorthair : stable, curieux, bavard sans excès, sociable avec les enfants et avec un chien déjà habitué aux chats. Il grimpe, beaucoup. Une étagère, un frigo, le haut d'une porte : il ira. Autant prévoir un arbre à chat qui monte réellement, plutôt qu'un modèle de 90 cm qui ne l'occupera pas trois jours.
Il chasse aussi, et il chasse bien. Un jouet à plumes au bout d'une canne, dix minutes matin et soir, absorbe le gros de son énergie. Ce chat supporte la journée seul si la maison lui offre de la hauteur et un poste d'observation en fenêtre, mais il n'est pas fait pour un foyer où personne ne joue jamais avec lui.
Santé : les mêmes surveillances que l'American Shorthair
La mutation du poil n'entraîne pas de maladie associée connue à ce jour. Les points de vigilance sont ceux de la race dont le Wirehair est issu : la cardiomyopathie hypertrophique, présente chez l'American Shorthair, l'obésité chez les sujets stérilisés vivant en intérieur, et le tartre, qui touche la majorité des chats passé 3 ans. Un éleveur sérieux fait échographier le coeur de ses reproducteurs par un vétérinaire cardiologue et vous montre le compte rendu. S'il élude la question, changez d'élevage.
Côté gamelle, rien d'exotique : un aliment complet riche en protéines animales, une ration calculée sur le poids idéal et non sur l'appétit, de l'eau disponible en plusieurs points de la maison. Les aliments à bannir sont les mêmes que pour n'importe quel chat : oignon, ail, poireau et ciboulette sous toutes leurs formes, chocolat, raisin frais ou sec, alcool, produits sucrés au xylitol. Les lys, enfin, n'ont rien à faire dans un vase si un chat vit là : l'intoxication rénale est foudroyante et le pollen suffit.
Faut-il vraiment en chercher un ?
Question honnête, réponse honnête. Si ce qui vous attire est le caractère, l'American Shorthair offre exactement le même à un prix et un délai sans commune mesure, et les refuges français débordent de chats européens au tempérament voisin. Si c'est la texture du poil qui vous intéresse, alors il faudra probablement passer par un élevage américain, avec tout ce que cela suppose de transport, de formalités sanitaires et de coût. Ce n'est pas déraisonnable, mais cela se décide en connaissance de cause, pas sur un coup de coeur devant une photo.
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