Le Pit Bull Terrier Américain : tout ce que vous devez savoir sur cette race de chien

découvrez le pit bull terrier américain, une race de chien fascinante et pleine de caractère. dans cet article, apprenez tout ce qu'il faut savoir sur ses origines, son comportement, ses besoins en éducation et en santé, ainsi que des conseils pour bien l'élever et en faire un compagnon idéal.
Sommaire6 sections
  1. 01Une race reconnue ailleurs, inexistante au registre français
  2. 02Ce que la loi impose, et ce qu'elle interdit tout court
  3. 03Deux légendes qui ne résistent pas à l'anatomie
  4. 04Le trait dont les fiches de race parlent le moins
  5. 05De la dépense, et pas seulement des kilomètres
  6. 06Santé : les points à surveiller

En France, l'American Pit Bull Terrier n'est pas une race que l'on peut adopter : c'est un type morphologique classé en première catégorie, dont l'acquisition, le don et l'importation sont interdits depuis la loi du 6 janvier 1999. Tout le reste, les qualités comme les difficultés, se lit à travers ce cadre.

Une race reconnue ailleurs, inexistante au registre français

American Pit Bull Terrier au pelage court et à la musculature marquée, de face

L'American Pit Bull Terrier est enregistré depuis 1898 par l'United Kennel Club américain, puis par l'American Dog Breeders Association. La Fédération cynologique internationale, elle, ne l'a jamais reconnu. Sans reconnaissance FCI, pas d'inscription possible au Livre des origines français. Un chien correspondant à ce standard n'a donc, sur le territoire français, aucun pedigree recevable, et c'est précisément ce détail administratif qui le fait basculer en catégorie 1 aux yeux du code rural.

La distinction n'est pas anecdotique. L'American Staffordshire Terrier, morphologiquement proche, est reconnu par la FCI : inscrit au LOF, il relève de la deuxième catégorie, avec des contraintes réelles mais bien moindres. Le même chien, sans papiers, retombe en première. Ce sont les documents qui font la catégorie, pas la fiche de comportement de l'animal.

Les origines remontent aux terriers et bouledogues britanniques du 19e siècle, croisés pour produire un chien endurant et maniable. Une partie de cette sélection s'est faite pour les combats de fosse, interdits depuis. Ce passé laisse deux héritages opposés qu'il faut tenir ensemble : une tolérance inhabituelle envers l'humain, parce que les manieurs devaient pouvoir séparer les chiens à mains nues, et une propension variable à ne pas supporter ses congénères.

Ce que la loi impose, et ce qu'elle interdit tout court

Le texte d'origine de cet article se contentait d'évoquer « une autorisation de détention ». C'est très en dessous de la réalité, et l'approximation peut coûter cher à qui s'y fie.

  • Acquisition, cession et importation interdites. Acheter, vendre ou même se voir offrir un chien de première catégorie est illégal depuis 1999. Les seuls chiens de catégorie 1 légalement détenus en France sont ceux déjà présents avant cette date, ou nés depuis d'une portée non déclarée, laquelle constitue elle-même une infraction.
  • Stérilisation obligatoire pour tous les chiens de première catégorie, attestée par un certificat vétérinaire.
  • Muselière et laisse en permanence sur la voie publique et dans les parties communes d'immeuble, le chien tenu par une personne majeure.
  • Accès interdit aux transports en commun, aux lieux publics et aux locaux ouverts au public, à l'exception de la voie publique.
  • Permis de détention délivré par la mairie, conditionné à une attestation d'aptitude du maître (formation de sept heures), une évaluation comportementale réalisée par un vétérinaire, la vaccination antirabique à jour et une assurance responsabilité civile.
  • Détention interdite aux mineurs, aux majeurs sous tutelle et aux personnes condamnées pour crime ou violences.

Reste le cas de figure le plus fréquent en pratique : un chien recueilli ou hérité, dont la morphologie fait douter. La catégorisation se joue alors sur un faisceau de critères (gabarit, format de tête, absence de pedigree) et c'est un vétérinaire qui tranche. Faites établir ce point avant d'organiser votre vie autour de l'animal, pas après une plainte de voisinage.

Deux légendes qui ne résistent pas à l'anatomie

La mâchoire qui « se verrouille » n'existe pas. Les anatomistes qui ont disséqué des crânes de pit bulls et de labradors n'ont trouvé aucune différence de structure, aucun mécanisme de blocage, rien qui ressemble à un cliquet. Ce qui est vrai, c'est la ténacité comportementale : un chien sélectionné pour ne pas lâcher lâche moins vite. C'est une question de motivation et d'entraînement, pas d'os.

Les chiffres de force de morsure qui circulent, parfois exprimés en tonnes, relèvent de la même fabrication. Les mesures sérieuses placent les chiens domestiques testés dans une fourchette de quelques centaines de livres par pouce carré, avec le berger allemand et le rottweiler aussi haut voire plus haut que le pit bull. Le problème d'une morsure de molosse tient à la masse du chien et à la durée de la prise, pas à un record imaginaire.

Le trait dont les fiches de race parlent le moins

La réactivité envers les autres chiens est le sujet honnête à poser sur la table. Elle n'est ni systématique ni une fatalité, mais elle apparaît souvent à la maturité sociale, entre un et trois ans, chez un animal jusque-là parfaitement sociable en parc à chiens. Un propriétaire prévenu gère cela sans drame. Un propriétaire surpris à deux ans se retrouve démuni.

De la dépense, et pas seulement des kilomètres

Ce chien a besoin d'une à deux heures d'activité par jour, mais la course seule l'entretient sans le fatiguer. Les exercices de flair, le mordant sportif encadré en club, le travail d'obéissance en cinq minutes répétées et les jeux de recherche d'objet épuisent bien mieux un terrier intelligent. Chez un animal de première catégorie, les activités collectives restent toutefois limitées par les interdictions d'accès.

Santé : les points à surveiller

Le pit bull compte parmi les chiens plutôt solides, avec quelques prédispositions documentées : dysplasie de la hanche, allergies cutanées et démodécie, ichtyose, sténose aortique, et une ataxie cérébelleuse héréditaire dépistable par test ADN. Un grattage qui devient obsessionnel, un essoufflement inhabituel à l'effort ou une démarche qui se dégrade chez un jeune adulte se montrent au vétérinaire. Aucune de ces situations ne se gère avec une armoire à pharmacie humaine.

Sur le fond, la question n'est pas de savoir si le pit bull est un bon chien. Beaucoup le sont, affectueux jusqu'à l'envahissement avec leur famille et d'une patience surprenante avec les enfants qu'ils connaissent. La question est de savoir si l'on peut, en France, lui offrir une vie correcte dans le cadre qui lui est imposé. Pour un chien qui a besoin de sortir, de renifler et de dépenser, une existence muselée et tenue à l'écart de presque tout est un pari lourd, et il vaut mieux le regarder en face avant d'être concerné.

Voir la vidéo sur YouTube

Résumer cet article avec :

Partager :