Les animaux de la savane : découverte des grands prédateurs
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Voir un léopard dans la savane relève de la chance ; voir un lion, presque de la routine. Les cinq grands prédateurs d'Afrique de l'Est ne s'observent ni aux mêmes heures, ni aux mêmes saisons, et connaître leurs habitudes vaut mieux qu'un bon appareil photo.
Un safari au Masai Mara ou dans le Serengeti se joue sur des créneaux courts : les carnivores chassent surtout entre le crépuscule et le petit matin, et passent le milieu de la journée à l'ombre, immobiles. Un véhicule qui sort à 6 heures et un autre à 11 heures ne voient pas le même parc. Ce qui suit, c'est ce que chaque espèce fait de sa journée, et ce que ça implique pour qui veut la croiser.
Le léopard, celui qu'on rate
C'est le plus discret des cinq et le seul qui monte régulièrement dans les arbres, où il hisse ses proies pour les mettre hors de portée des lions et des hyènes. Une queue qui pend d'une branche d'acacia, à trois mètres du sol, est souvent le seul indice. Il mesure autour de 1,60 mètre corps compris, avec une queue proche de 90 centimètres qui lui sert de balancier.
Son pelage varie du jaune paille au brun roux selon les populations, marqué de rosettes et non de taches pleines : la nuance permet de le distinguer d'un guépard à distance. Il est solitaire, largement nocturne, et il chasse une gamme de proies bien plus large que les autres félins, du daman au jeune gnou.

Le lion, le seul félin social
Une troupe compte couramment une dizaine d'individus, des femelles apparentées, leurs petits et un ou deux mâles de coalition. Les femelles font l'essentiel des chasses, les mâles défendent le territoire et ne tiennent souvent leur position que deux à trois ans avant d'être chassés par des rivaux.
La fourrure du lion est unie, fauve, sans rayures : ce sont les lionceaux qui portent des taches, effacées vers un an. Le mâle adulte pèse 150 à 190 kilos et arbore une crinière dont la couleur, plus sombre chez les individus en bonne santé, sert de signal aux femelles et aux concurrents. La femelle, plus légère, tourne autour de 110 à 140 kilos. Un lion dort quinze à vingt heures par jour, ce qui explique la plupart des photos de safari.
Le guépard, un sprinteur qui perd ses repas
Silhouette fine, petite tête, longues pattes, griffes non rétractiles qui accrochent le sol comme des crampons : tout est bâti pour l'explosion. Le revers est une fragilité constante. Après une course, un guépard doit reprendre son souffle pendant de longues minutes, période durant laquelle lions et hyènes lui prennent régulièrement sa proie.
C'est aussi le seul des cinq qui chasse en plein jour, souvent en milieu de matinée, précisément pour éviter les concurrents nocturnes. Pour l'observateur, c'est une bonne nouvelle : cherchez les termitières et les petits monticules, il s'y perche pour repérer les gazelles.
La hyène tachetée, mal jugée depuis des décennies
Deux corrections s'imposent. La hyène n'est pas un canidé : les Hyaenidae forment une famille à part, plus proche des mangoustes et des civettes que des chiens. Et elle n'est pas plus petite qu'un loup : une hyène tachetée adulte pèse 45 à 80 kilos, contre 30 à 50 pour un loup gris, les femelles étant plus lourdes que les mâles.
Surtout, ce n'est pas d'abord une charognarde. Les suivis de terrain montrent qu'elle tue elle-même la majorité de ce qu'elle mange, en clan organisé, et qu'elle vole des proies aux lions au moins autant que l'inverse. Ses mâchoires broient l'os et son système digestif en tire la moelle, ce qui lui permet d'exploiter des carcasses dont plus rien n'intéresse les félins.
Le crocodile du Nil, l'embuscade des gués
Ectotherme, il alterne bains de soleil sur les berges et longues immersions, et peut rester plusieurs mois sans se nourrir après un gros repas. Les grands mâles atteignent cinq mètres et dépassent parfois 700 kilos. Sa mâchoire referme une force de morsure parmi les plus élevées du règne animal, mais ses muscles d'ouverture sont faibles.
Le moment à ne pas manquer se joue chaque année aux gués de la Mara et du Grumeti, quand les gnous traversent en masse entre juillet et octobre. Les crocodiles y attendent postés, immobiles depuis des jours. C'est aussi l'un des rares endroits où l'on observe les cinq prédateurs de cette liste sur quelques kilomètres carrés, chacun exploitant la même migration à sa manière.
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